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17/01/2013 à 18:22
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Francois Rucogoza, chef de la délégation du M23 à Kampala, le 8 janvier 2013 Francois Rucogoza, chef de la délégation du M23 à Kampala, le 8 janvier 2013 © AFP

Censées avoir commencé depuis le début du mois de décembre, les négociations directes entre le Mouvement du 23-Mars (M23) et le gouvernement congolais n’ont pas toujours véritablement commencé. Les parties se sont néanmoins mis d’accord sur un ordre du jour, le 16 janvier.

Les pourparlers entre les rebelles du Mouvement du 23-mars (M23) et la délégation du gouvernement congolais peinent à avancer. Après plusieurs semaines d’atermoiements, les deux parties viennent seulement de se mettre d’accord, mercredi 16 janvier, sur les points à inscrire à l’ordre du jour. Et notamment sur la nécessité de réviser l’accord de paix de 2009 (dont l'application, tronquée selon le M23, est à l'origine de la mutinerie de ses hommes) et de redéfinir ses conditions d’application.

Pour autant, la suite des négociations n’est pas garantie. De part et d’autre, on se rejette la responsabilité du blocage.

La délégation du M23, elle, accuse Kinshasa de chercher à « gagner du temps ». Le mouvement rebelle soupçonne le gouvernement congolais de miser sur le déploiement de la Force internationale neutre au Kivu. « Des manœuvres regrettables au moment où nous avons démontré à plusieurs reprises notre volonté de trouver une issue pacifique à la crise », regrette Stanislas Baleke, un des représentants du M23 à Kampala. Allusion faite au retrait des rebelles de Goma, capitale du Nord-Kivu, qu’ils avaient conquise le 20 novembre dernier, mais aussi au cessez-le-feu unilatéral qu’ils ont décrété le 4 janvier avant de reprendre les négociations.
 
Le mouvement rebelle craint que son interlocuteur joue un « double jeu » en acceptant de négocier dans la capitale ougandaise au même moment qu’il continue à plaider pour le déploiement rapide de 4 000 hommes de la Force internationale neutre, lesquels auront éventuellement le mandat de surveiller la frontière rwando-congolaise et de traquer les forces rebelles à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères et les chefs états-majors de la région des Grands se sont d’ailleurs retrouvés récemment à Addis-Abeba (Éthiopie) pour discuter de la mise en place de cette force. De quoi inquiéter davantage le M23 qui espère néanmoins que « la force neutre restera neutre et qu’elle n’attaquera pas [ses] positions ».
 
Du côté des émissaires du gouvernement congolais, la lecture de la situation est tout autre. « Il ne s’agit pas d’un double langage, tente de rassurer un conseiller du chef de leur délégation. Nous discutons avec le M23 à Kampala dans le cadre d’un mécanisme régional de résolution des conflits, celui de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). Mais, ce n’est pas la seule dimension de la crise. Le dossier se trouve également sur la table de l’Union africaine (UA) et du Conseil de sécurité des Nations unies qui examinent les modalités techniques du déploiement de la Force internationale neutre. » Pour lui, le M23 a tout intérêt à « saisir cette chance » que lui offre la CIRGL, avant qu’il ne soit trop tard. « Un accord avec le mouvement rebelle n’est donc pas exclu », affirme-t-il.
 
Une session plénière est convoquée pour jeudi 17 janvier à Kampala. La médiation ougandaise qui a ramené à neuf les 21 revendications du M23, espère que les deux parties  pourront enfin aller à l’essentiel et trouver une issue au conflit armé qui sévit au Nord-Kivu depuis le mois d’avril dernier.
 
Par Trésor Kibangula (@Tresor_k)
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