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16/01/2013 à 09:23
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Des soldats français quittent Bamako le 15 janvier 2013 en direction du nord. Des soldats français quittent Bamako le 15 janvier 2013 en direction du nord. © AFP

Après cinq jours de raids aériens contre les positions des islamistes radicaux, la France a pour la première fois engagé, mardi 15 janvier, des troupes au sol au Mali. Cette intervention sur le terrain vise notamment à reprendre la petite ville de Diabali (ouest) tombée la veille aux mains des jihadistes.

Pour la première fois depuis le début de l'opération Serval, la France a engagé, mardi 15 janvier,  des troupes au sol sur le territoire malien. Objectif : reprendre Diabali, petite localité de l'Ouest du pays tombée la veille aux mains des islamistes radicaux.

Des forces terrestres françaises engagées au Mali « sont en train de remonter vers le nord » du pays, a annoncé mercredi matin le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. « Jusqu'à présent, nous avions fait en sorte qu'il y ait quelques forces terrestres à Bamako, pour sécuriser d'abord nos populations, nos ressortissants, les ressortissants européens et la ville de Bamako. Maintenant les forces terrestres françaises sont en train de remonter vers le Nord », a-t-il déclaré sur la radio française RTL.

Dans l'attente de l'arrivée de la force ouest-africaine, la France a également poursuivi mardi ses frappes aériennes contre les combattants islamistes et annoncé le déploiement à terme de 2 500 soldats au Mali. « Plusieurs centaines de militaires maliens et français ont quitté Niono (environ 50 km au sud de Diabali) pour prendre Diabali », a déclaré un élu de Niono, ce qu'ont confirmé un habitant de cette ville et une source de sécurité malienne, qui a précisé : « d'ici à demain, nous allons reprendre Diabali avec les Français ». À Bamako, un vidéaste de l'AFP a vu en fin d'après-midi une trentaine de véhicules blindés français quitter la capitale en direction du Nord.

Konna toujours aux mains des jihadistes

Diabali, à environ 400 km au nord de Bamako, est tombée mardi aux mains de jihadistes commandés par Abou Zeid, un émir algérien d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Autre résistance inattendue, celle des islamistes radicaux dans la ville de Konna (centre, 700 km de Bamako) dont ils ont pris le contrôle le 10 janvier. Jean-Yves Le Drian a reconnu mardi que Konna n'avait pas encore été reprise, contrairement aux affirmations maliennes. La zone n'est pas accessible à des observateurs indépendants. La chute de Konna avait déclenché l'intervention militaire de la France, qui redoutait une percée des jihadistes vers Bamako.

Un porte-parole d'Ansar Eddine (défenseurs de l'islam), Aboul Habib Sidi Mohamed, a confirmé que ses compagnons d'armes contrôlaient toujours Konna, dans une vidéo datée de lundi et mise en ligne mardi sur le site mauritanien Sahara Media. Il a apporté une justification à l'offensive surprise des combattants islamistes sur Konna, alors que le front entre armée malienne et groupes jihadistes était gelé depuis des mois. « C'est après avoir échoué à convaincre le gouvernement malien à négocier et dialoguer pour une solution pacifique négociée que nous avons pris notre initiative, qui n'a de but que le devoir de protéger les populations », assure en arabe Aboul Habib Sidi Mohamed, barbu et portant un chèche. Un habitant de Konna, qui a fui la ville lundi , a précisé que l'armée malienne se trouvait « à une vingtaine de kilomètres de Konna » et que les islamistes, cachés dans les environs, « viennent souvent se ravitailler en nourriture à Konna ».

Des bébés "Hollande"

Plus de 800 soldats français sont déjà déployés au Mali. En déplacement dans les Émirats arabes unis, le président français François Hollande a rappelé que l'intervention militaire française avait trois objectifs : « Arrêter l'agression terroriste », « sécuriser Bamako » et permettre au Mali de préserver son « intégrité territoriale ». « La France n'a pas vocation à rester au Mali, mais nous avons un objectif, c'est de faire en sorte que lorsque nous partirons il y ait une sécurité au Mali, des autorités légitimes, un processus électoral et plus de terroristes », a-t-il souligné.

L'intervention française a suscité l'enthousiasme à Bamako, où les commerçants ont même signalé mardi une « pénurie » de drapeaux français. Plusieurs médias maliens ont même rapporté que des enfants nés ces derniers jours ont été prénommés « Hollande ».

Inquiétude des ONG

De leur côté, les chefs d'état-major ouest-africains se sont réunis mardi à Bamako pour préparer la « libération » du nord du Mali en formant une force internationale africaine. Ils poursuivront leur réunion mercredi matin, afin de procéder aux « réglages de dernière minute », selon un participant. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) doit préparer une force d'intervention de 3 300 soldats, conformément à une résolution de l'ONU. Baptisée Misma (Mission internationale de soutien au Mali), cette unité sera dirigée par le général nigérian Shehu Abdulkadir. Le Nigeria doit fournir 900 hommes, le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana une centaine chacun.

Le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, a appelé mardi à un « cessez-le-feu immédiat » au Mali, membre de l'organisation, et à un retour aux négociations avec les islamistes. Selon l'ONU, près de 150 000 personnes fuyant le conflit se sont réfugiées dans les pays voisins et le nombre de personnes déplacées dans le pays est proche de 230 000. Une réunion sur la situation humanitaire et des droits de l'homme au Mali est prévue jeudi au centre de crise du Quai d'Orsay à Paris en présence d'ONG, au moment où plusieurs d'entre elles exprimaient des inquiétudes en matière de défense des droits de l'homme et de risques d'exactions accrus.

(Avec AFP)

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