Extension Factory Builder
15/01/2013 à 19:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des islamistes du Mujao, le 16 juillet 2012 à Gao. Des islamistes du Mujao, le 16 juillet 2012 à Gao. © AFP

Les groupes islamistes armés, ciblés depuis cinq jours par les raids aériens français, ont quitté les grandes villes du Nord-Mali. Pour certains experts, ce qui ressemble à une retraite précipitée serait en réalité un replis stratégique bien calculé.

Au cinquième jour de l'opération Serval, les différents groupes islamistes armés ont évacué les grandes villes du nord du Mali qu'ils contrôlaient depuis neuf mois. Selon plusieurs experts, ce départ s'apparente plus à un « repli stratégique » qu'à une débandade sous les tirs des avions français.

Depuis le 11 janvier, date de la contre-offensive des forces françaises et maliennes à Konna, les islamistes radicaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d'Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) ont quitté plusieurs grandes villes du Nord, notamment Gao et Tombouctou. La situation est plus incertaine à Kidal. Une partie des jihadistes seraient notamment repliés dans les régions montagneuses entourant la ville.

Lundi 14 janvier, au moment où leurs frères d'armes abandonnaient une partie de leurs bastions, une katiba d'Aqmi, dirigée par l'émir algérien Abou Zeid, prenait la localité de Diabali, dans l'ouest du pays, après de violents combats avec l'armée malienne. Dans la nuit de lundi à mardi, l'armée française a mené des bombardements pour tenter de les déloger. Au moins cinq islamistes auraient été tués mais la ville serait toujours tenue par les jihadistes. Idem pour Konna. D'abord annoncée reprise par l'armée malienne, la petite ville proche de Mopti serait finalement restée aux mains de ceux qui l'avaient prise.

Guérilla

Jean-Charles Brisard, expert en affaires de terrorisme, estime, dans une interview accordée à l'AFP, que le retrait de ces différents groupes armés n'est en réalité qu'un « repli stratégique » de leur part. Selon lui, ils profitent de « l'immensité du désert » du Nord-Mali qu'ils connaissent parfaitement.

Les islamistes radicaux anticiperaient déjà le déploiement d'une force ouest-africaine au Mali. « Ils se dispersent pour rendre l'offensive africaine beaucoup plus difficile sur le terrain. Ils se disséminent pour nous entraîner dans une logique de guérilla. Ils peuvent prolonger le conflit indéfiniment », affirme-t-il.

Pour empêcher un repli des islamistes armés sur leur territoire, l'Algérie a fermé ses frontières avec le Mali et la Mauritanie a renforcé ses patrouilles dans les zones frontalières. Il reste cependant difficile de contrôler les milliers de kilomètres de frontières du Mali, d'autant plus que les islamistes se contentent pour l'instant d'évoluer par petits groupes très mobiles.

« Les jihadistes comptent sur une guerre de longue haleine. Ils sont à l'aise dans cette situation : le grand désert, les reliefs difficiles, une situation sécuritaire précaire », analyse Alaya Allani, universitaire tunisien, spécialiste des mouvements islamistes. D'après lui, « ils feront un repli tactique pour reprendre leur souffle, mais ni l'armée malienne ni les Français ne peuvent les anéantir. » Outre la crainte d'attentats au Mali, dans la sous-région et en France, l'inquiétude est également à son paroxysme concernant le sort des sept otages français détenus par les groupes islamistes radicaux au Sahel.

Renforcement du contingent français

En visite à Dubaï, le président français François Hollande a affirmé que « la France n'avait pas vocation à rester au Mali ». Devant la presse, il a rappelé les trois objectifs de l'intervention française : « arrêter l'agression terroriste », « sécuriser Bamako » et permettre au Mali de préserver son « intégrité territoriale ».

Outre les 800 militaires français déjà présents sur place, la France a annoncé mardi le déploiement à terme de 2 500 soldats au Mali. De leur côté, les chefs d'état-major ouest-africains se sont retrouvés à Bamako pour préparer la « libération » du Nord en formant une force internationale africaine. À Paris, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a assuré devant l'Assemblée nationale que la France était « en première ligne » face aux groupes jihadistes et que les « forces africaines » se déploiraient « d'ici une semaine ».

La Cedeao doit former une force d'intervention de 3 300 soldats conformément à une résolution de l'ONU. Baptisée Misma (Force internationale de soutien au Mali), cette unité sera dirigée par un général nigérian, Shehu Abdulkadir. Le Nigeria doit fournir 900 hommes. Les premiers arriveront « dans les prochaines 24 heures », selon Abuja. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal ont également annoncé l'envoi d'environ 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana une centaine chacun.

Par ailleurs, lors d'une rencontre avec François Hollande à Abou Dhabi, le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz a affirmé que son pays était prêt venir en aide à l'armée malienne. Un peu plus tôt, l'Algérie avait déclaré qu'elle fermait sa frontière avec le Mali et qu'elle autorisait les avions français à survoler son espace aérien.
___

Benjamin Roger (@benja_roger), avec agences

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : un soldat tchadien de la Minusma tué près d'Aguelhoc

Mali : un soldat tchadien de la Minusma tué près d'Aguelhoc

Un Casque bleu tchadien de la Minusma a été tué et quatre autres blessés dimanche par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule près d’Aguelhoc, dans l’extrême[...]

Mali : IBK rafle la mise en Chine

En voyage en Chine du 8 au 13 septembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait le plein de contrats. Et repart avec des promesses à hauteur de 10 milliards de dollars.[...]

CAN 2015 : le Cameroun écrase la Côte d'Ivoire, l'Algérie s'impose sur le fil

Large victoire pour le Cameroun mercredi, à Yaoundé, contre la Côte d’Ivoire (4-1) lors des éliminatoires de la CAN 2015. De son côté, l'Algérie s'est imposé 1 à[...]

Crise malienne : incontournable Alghabass Ag Intalla

Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), ne participe pas aux pourparlers d'Alger, alors même qu'il est à l'origine de l'idée[...]

Exclusif. Dioncounda Traoré retire sa candidature au poste de secrétaire général de l'OIF

D'un commun accord avec IBK, l'ancien président malien par intérim a décidé de se retirer de la course au secrétariat général de l'OIF, afin de ne pas compromettre les autres[...]

Mali : Bert Koenders devrait bientôt quitter la Minusma

Selon plusieurs sources diplomatiques, Bert Koenders devrait quitter son poste de représentant spécial du secrétaire général de l'ONU au Mali dans les jours à venir. Il succéderait[...]

Mali - Oumar Mariko : la forte tête, les putschistes et les rebelles

Réputé pour son franc-parler, Oumar Mariko est à la fois médecin, militant révolutionnaire et proputschiste. Portrait de l'enfant terrible de la classe politique locale.[...]

Nord-Mali : au moins 4 soldats de la Minusma tués dans l'explosion d'une mine

Le bilan provisoire de l'explosion d'une mine au passage d'un convoi de la Minusma mardi au nord de Kidal est d'au moins 4 morts et 15 blessés.[...]

Mali : réouverture des négociations d'Alger, à la recherche d'une "solution définitive" à la crise

Le gouvernement et des groupes armés maliens ont repris lundi les pourparlers d'Alger en vue de ramener la paix dans le nord du pays. Un deuxième round de discussions après la signature fin juillet d'une[...]

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Deux diplomates algériens enlevés en avril 2012 par un groupe islamiste armé au Mali ont été libérés samedi, ont annoncé les autorités algériennes en confirmant[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex