Deux jours après l'échec du raid pour libérer l'otage Denis Allex, les islamistes shebab somaliens ont publié, sur Twitter, des photos du soldat français abattu au cours de l'opération.
Les islamistes somaliens ont publié sur leur compte Twitter, lundi 14 janvier, les photos d'un militaire français tué dans l'opération ratée de libération de l'otage, français lui aussi, Denis Allex, à Bulomarer, au sud de Mogadiscio.
Ils avaient annoncé sa mort plus tôt dans la journée, promettant de diffuser les photos du cadavre.
La dépouille de l'homme blanc, portant une chemise claire, un pantalon noir et chaussé de bottes militaires, serait, selon les Shebab, celle du chef du commando français derrière l'opération de vendredi dernier. L'une des photos affiche un commentaire à l'intention des autorités françaises: « François Hollande, cela en valait-il le coup ? ».
Un second cliché montre son visage et laisse entrevoir une chaînette avec une croix, suivi de la légende: « De retour des croisades, la croix n'a pu le sauver de l'épée », tandis que la troisième photo montre le matériel militaire saisi pendant les affrontements.
Opération commando ratée
Dans la nuit du 11 au 12 janvier, un commando spécial des forces françaises a tenté, en vain, de libérer l'agent de la Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE), Denis Allex, capturé par les Shebab à Mogadiscio le 14 juillet 2009.
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait reconnu que la résistance rencontrée dans cette opération avait été plus grande que prévue. Il a déclaré, le 12 janvier, que tout laissait croire « que Denis Axell a été abattu par ses geôliers pendant le raid », ajoutant craindre une mise en scène macabre des dépouilles du soldat tué et de l'otage.
Les insurgés somaliens avaient toutefois soutenu que si
le militaire avait succombé à ses blessures, l'otage Denis Allex était toujours vivant et serait jugé. En fin d'après-midi, lundi 14 janvier, ils ont ajouté s'être entendus « à l'unanimité » sur le sort à réserver à l'agent du renseignement extérieur, précisant qu'ils feraient connaître leur décision dans les heures suivantes.
Les Shebab investissent Twitter
Les islamistes somaliens ont commencé à diffuser leurs informations sur Twitter il y a plus d'un an, au moment de l'intervention armée du Kenya sur le territoire somalien, et sont suivis par plus de 18 000 abonnés. Sous l'acronyme HSM, pour Harakat al-Shabab al-mujahideen, ils n'hésitent pas à exhiber leurs trophées de guerre et apostropher leurs ennemis.

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