Les miliciens islamistes somaliens ont annoncé, lundi 14 janvier au matin, la mort du deuxième membre du commando français blessé pendant la tentative de libération de l’otage détenu depuis trois ans. Le sort de Denis Allex, par ailleurs, est toujours incertain.
Un soldat avait déjà été tué pendant l'opération menée par la Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE) dans la nuit du 11 au 12 janvier. Et le second, blessé, était porté disparu. « Le deuxième commando a succombé à ses blessures par balles. Nous allons montrer les corps des deux Français », a déclaré au téléphone à Reuters le porte-parole des opérations militaires des Shebab, Cheikh Abdiasis Abou Mousab.
Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a reconnu, le 12 janvier, que la résistance des miliciens à l’opération commando diligentée pour libérer Denis Allex, détenu depuis trois ans en Somalie, avait été « plus forte que prévu ». Il a ajouté que « tout donnait à penser que Denis Allex avait été abattu par ses geôliers » lors du raid.
L’incertitude demeure sur le sort de l’otage, car les Shebab affirment de leur côté qu’il est toujours vivant et détenu loin du lieu de l'attaque française. Ils veulent le juger d'ici ce lundi 14 janvier au soir. Le gouvernement français a fait état de la mort de 17 « terroristes ».
Le film des événements
Le film des événements du raid infructueux commençait dimanche à se préciser, à partir d'informations et de témoignages recueillis par l'AFP. Au moins cinq hélicoptères ont débarqué au milieu de la nuit du 11 au 12 janvier à proximité de Bulomarer, localité sous contrôle islamiste au sud de Mogadiscio. Les Français ont atterri à trois kilomètres de la localité où était censé être détenu l'otage, mais leur présence a été rapidement éventée.
« Des gens ont vu (les commandos français) débarquer dans des champs, les shebab ont été informés que des hélicoptères avaient atterri et qu'ils avaient débarqué des soldats, et ainsi ils (les islamistes) ont pu se préparer », a déclaré à l’AFP un habitant de Bulomarer, Adan Derow. Des combats acharnés auraient duré environ 45 minutes, selon les shebab, avant le retrait des commandos français.
La population locale, pour sa part, pleurait dimanche la mort de huit victimes civiles. Quatre de ces civils ont été tués lors de la progression au sol des commandos vers Bulomarer, dans des circonstances qui restent à éclaircir: Un couple, leur fils et un autre homme, a priori des éleveurs locaux. Quatre autres civils ont été tués par des balles perdues dans les combats à Bulomarer.
Les islamistes shebab ont perdu la totalité de leurs bastions depuis un an et demi face à l'avancée d'une coalition d'armées régionales, mais ils contrôlent encore des parties rurales du sud et du centre de la Somalie.
(avec agences)

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