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14/01/2013 à 09h:43
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Des Mirage 2000 français survolent le Mali. Des Mirage 2000 français survolent le Mali. © AFP

Dimanche 13 janvier, l'armée française a pour la première fois bombardé des positions islamistes dans le nord du pays, à Gao et Kidal, au coeur des territoires jihadistes. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au Mali doit se réunir lundi 14 janvier à la demande de la France.

Gao et Kidal, bastions des islamistes radicaux depuis plusieurs mois, ont pour la première fois été ciblés par des frappes de l'aviation française dimanche 13 janvier. « Bloquer les terroristes, c'est fait. Ce qui a commencé à être fait aujourd'hui, c'est s'occuper des bases arrière des terroristes dans le Nord », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Interrogé sur la durée de l'intervention française en première ligne, Laurent Fabius a estimé que « [c'était] une question de semaines ».

Selon le ministère français de la Défense, quatre avions de combat Rafale ont notamment détruit des camps d'entraînement et des dépôts logistiques près de Gao (environ 1 200 km au nord de Bamako). « La France est en guerre contre le terrorisme, où qu'il se trouve, pour préserver sa sécurité, et celui du Mali, pays ami », avait déclaré dans la matinée le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Il « y a eu une dizaine de frappes, dans Gao et près de Gao », selon un habitant sur place. « Toutes les bases des islamistes ont été détruites ». « Les Français ont fait du bon travail. Presque tous les islamistes ont fui Gao. Ceux qui sont encore là sont cachés dans les maisons et attendent la tombée de la nuit pour fuir », a assuré un élu de la ville.

Des raids "en permanence"

À Tombouctou, où les jihadistes ont mené ces derniers mois lapidations et amputations, un enseignant a fait état d'un « début de panique » parmi les familles des islamistes partis au combat, assurant que « beaucoup essayent de partir dans le désert ». D'abord présentés comme des « soudards à bord de Toyota avec quelques armes », les islamistes sont en réalité « bien entraînés » et dotés « d'un matériel moderne, sophistiqué, beaucoup plus robuste et efficace que ce qu'on pouvait imaginer », déclare-t-on dimanche dans l'entourage présidentiel français.

Les avions français ont aussi frappé à Aghabo, à 50 km de Kidal, dans l'extrême nord-est du pays, selon une source de sécurité régionale. Aghabo est une base importante du groupe islamiste Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam). Un camp de combattants jihadistes a été visé à Léré, près de la Mauritanie, et des cibles ont été atteintes près de Douentza (800 km au nord de Bamako). « Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain », a expliqué Jean-Yves Le Drian.

Réunion du Conseil de sécurité

Acteur clé et plutôt hostile à une intervention militaire étrangère, l'Algérie a donné son autorisation pour un « survol sans limite » de son territoire par les avions français. « Nous travaillons avec les Algériens, nous continuons à discuter. Ce que nous avons à l'esprit c'est que si les troupes africaines doivent remonter au nord, il faudra que les Algériens ferment leurs frontières », a précisé Laurent Fabius. Le Premier ministre malien Diango Cissoko est par ailleurs arrivé dimanche à Alger pour une visite de deux jours.

Sur la scène diplomatique, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations-Unies doit se tenir lundi à New-York, à l'initiative de la France, pour discuter de la situation au Mali et informer les membres sur son intervention.

Alors que la France a estimé que son intervention avait permis de donner un « coup d'arrêt » aux islamistes qui venaient de s'emparer de Konna et menaçaient de progresser vers le Sud, l'armée française a franchi un cap dans son engagement en frappant dans le Nord, au coeur des territoires jihadistes. L'intervention française doit permettre aux forces maliennes de « reprendre leur marche en avant pour l'intégrité » du territoire, a indiqué Jean-Yves Le Drian.

Déploiement d'une force africaine

La perspective d'une avancée des troupes maliennes vers le Nord, région traditionnelle des Touaregs, est d'ores et déjà dénoncée par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touarègue malienne). Partisan de l'autodétermination, le MNLA avait lancé en janvier 2012 une offensive dans le Nord avant d'en être évincé peu après par les islamistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d'Ansar Eddine et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). D'après une source proche de la présidence burkinabè, les discussions entre le gouvernement malien, le MNLA et Ansar Eddine, qui devaient avoir lieu à Ouagadougou le 21 janvier, « ne sont plus d'actualité ».

À Bamako, les préparatifs s'accélèrent pour le déploiement d'une force ouest-africaine chargée, avec l'aval de l'ONU, de déloger les groupes liés à Al-Qaïda. Les premiers éléments de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) se mettent en place, sous la direction d'un général nigérian, Shehu Abdulkadir, déjà arrivé au Mali selon Lagos, qui fournira « environ 600 hommes ». Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes au Mali. Le Bénin va envoyer 300 soldats.




 

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