La France a affiché sa détermination à poursuivre son opération militaire aux côtés de l'armée malienne pour stopper l'avancée des jihadistes et permettre la mise en oeuvre des résolutions de l'ONU, malgré la mort, dès le premier jour, d'un militaire français. François Hollande a estimé, dans une allocution, samedi 12 janvier, que "la mission de la France [n'était] pas achevée".
François Hollande a confirmé, samedi 12 janvier, que la France était engagée dans une opération militaire au Mali et a estimé qu'un "coup d'arrêt" avait été porté aux islamistes. Il a malgré tout ajouté que "la mission" de la France n'était "pas achevée". Le chef de l'État a également appelé de ses voeux le déploiement rapide d'une "force africaine".
François Hollande s'exprimait à la suite d'une réunion du Conseil de défense auquel ont participé les ministres français de la Défense et de l'Intérieur, ainsi que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Un renforcement du plan vigipirate a ainsi été annoncé alors que les islamistes ont menacé la France de représailles suite à son intervention au Mali.
"Réagir avant qu'il ne soit trop tard"
"La France est engagée dans un combat sans merci contre le terrorisme, où qu'il se trouve", avait affirmé un peu plus tôt samedi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, au cours d'une conférence de presse, au lendemain du début de l'engagement français. Face à la menace d'un déferlement des combattants islamistes vers le sud du Mali, Paris a décidé de "réagir avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il dit.
L'objectif des islamistes est, selon le gouvernement, d'empêcher la mise en oeuvre des résolutions du Conseil de sécurité, des décisions de l'Union européenne et des organisations africaines pour rétablir l'intégrité du Mali. "Ils n'y parviendront pas. Nous sommes déterminés à les en empêcher dans le cadre strict de la légalité internationale", a martelé le ministre.
"Le premier objectif militaire est d'arrêter la progression" des colonnes jihadistes, "et nous avons commencé à le faire", a souligné l'amiral Edouard Guillaud, "ils ont dégagé de plusieurs dizaines de kilomètres". L'idée répétée depuis des mois qu'il n'y aurait "pas de troupes au sol" en cas d'engagement français au Mali a volé en éclats dès le premier jour. Les premiers soldats français ont été envoyés vendredi à Sévaré, à la limite entre le nord et le sud du pays, pour soutenir l'armée malienne.
Aide militaire directe
Des unités françaises ont également été déployées à Bamako, pour assurer notamment la protection des quelque 6 000 ressortissants français, et leur nombre devrait bientôt atteindre plusieurs centaines d'hommes, a précisé le ministre. Un dispositif qui pourrait en cas de besoin être également déployé à Mopti (centre). De la même manière, Paris revendique désormais une aide militaire directe au Mali, dans le cadre des relations bilatérales, face à la difficulté à mettre en oeuvre une coalition européenne ou une force des pays d'Afrique de l'ouest. "Il n'y a aucune participation d'autres forces", en dehors des armées françaises et maliennes, "la réponse est claire", a souligné Jean-Yves Le Drian. Le Burkina Faso et le Niger ont cependant annoncé les envois de 500 hommes chacun au Mali.
Le soutien français passe en particulier par un appui aérien aux troupes maliennes. Des frappes aériennes ont été conduites vendredi et samedi pour bloquer l'avance des colonnes de pick-up armés des islamistes, a-t-il indiqué. Les avions de combat - Mirage 2000 et Mirage F1 - basés à N'Djamena ont dans un premier temps été engagés. Le dispositif français au Tchad est renforcé et les Rafale, qui peuvent intervenir depuis la métropole, sont "en alerte".
Mais contrairement au conflit en 2011 en Libye, où les forces françaises n'avaient subi aucune perte en sept mois d'opérations aériennes, un premier militaire français, un pilote d'hélicoptère, a été tué dès le début des combats. "Des hélicoptères de combat sont montés à l'assaut d'une colonne (. . . ) et ils sont tombés comme souvent dans une boule de feu", a indiqué l'amiral Guillaud, précisant que le pilote à probablement été atteint par un tir d'arme légère. La présence de troupes au sol renforce les risques de pertes si l'intervention devait se prolonger. Un sujet sensible pour l'opinion française, quelques jours à peine de la fin de la mission de combat de la France en Afghanistan.
(Avec agences)

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