Extension Factory Builder
12/01/2013 à 01:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rabah Saadane. Rabah Saadane. © AFP

Rabah Saadane, ancien sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie.

Avec l’Algérie, j’ai vécu quatre phases finales de Coupe d’Afrique des nations (CAN) à deux périodes bien différentes –  deux dans les années 80 (en 1982 et 1986), deux dans les années 2000 (en 2004 et 2010) – et j’ai pu me rendre compte à quel point les choses avaient évolué, sur tous les plans. En 1982, la CAN avait été organisée en Libye. À cette époque, il n’y avait encore que huit sélections en phase finale, quatre basées à Tripoli et quatre – dont l’Algérie – à Benghazi. En1986, en Égypte, nous étions logés à Alexandrie.

Il y a trente ans, le cahier des charges de la Confédération africaine de football (CAF) était loin d’être aussi exigeant que maintenant. Le meilleur exemple est celui du logement. Les quatre sélections d’un même groupe (Algérie, Zambie, Éthiopie, Nigeria en 1982 ; Algérie, Maroc, Cameroun et Zambie en 1986) étaient logées dans le même hôtel. Chacun avait son étage. Évidemment, c’était un peu étouffant et particulier de croiser nos adversaires tous les jours.

Cela posait d’autres problèmes, notamment de créneaux horaires, étant donné qu’il n’y avait qu’une seule salle de restauration. Il était bien entendu hors de question pour les sélections de venir avec leur propre cuisinier. Cela aurait entraîné de fortes suspicions, comme celle d’un cuisinier mettant des produits dans les plats préparés par celui d’une autre sélection pour provoquer des diarrhées chez ses adversaires… Alors, on demandait au cuisinier de l’hôtel de nous préparer les menus que nous lui imposions.

Dans les années 1980, l'Algérie a fait partie des toutes meilleures sélections d’Afrique.

Il y avait aussi de petites tensions entre les sélections du même groupe pour l’occupation du ou des terrain(s) d’entraînement. Il n’y en avait la plupart du temps qu’un seul, et pas toujours de bonne qualité. Cependant, même si cette promiscuité était souvent pesante, elle avait aussi ses bons côtés. J’avais ainsi pu faire connaissance avec le Français Claude Le Roy, alors tout jeune sélectionneur du Cameroun. Nous avons passé pas mal de temps ensemble.

Au niveau du jeu également, les choses ont beaucoup changé. Il y a trente ans, il y avait plus de buts, parce que les équipes n’étaient pas aussi fortes tactiquement et physiquement qu’elles le sont maintenant.

À l’époque, presque tous les joueurs évoluaient au pays. L’Algérie était dans ce cas. Dans les années 1980, elle a fait partie des toutes meilleures sélections d’Afrique. Les conditions de travail étaient excellentes pour nous. Il était facile d’organiser régulièrement des stages.

Les choses ont changé, puisque désormais, beaucoup de joueurs africains jouent en Europe ou y sont nés. Le football a suivi une évolution logique. Il y a désormais seize équipes en phase finale, et à moyen terme, je pense que le passage à vingt ou même vingt-quatre semble inévitable.

Avec les années, la CAN est devenue un événement très médiatisé et le cahier des charges de la CAF a évolué de manière spectaculaire. Désormais, chaque sélection a son hôtel et peut venir avec son cuisinier. Cette compétition a aussi permis à de nombreux pays de se moderniser. Je veux parler des infrastructures sportives, avec la construction ou la rénovation de stades ou de terrains d’entraînement. Mais pas uniquement. Les pays qui ont organisé la Coupe d’Afrique ont amélioré les conditions de transport, les télécommunications, etc.

J’entends souvent dire que les investissements réalisés pour l’organisation de la CAN sont trop importants, alors que beaucoup d’Africains vivent dans des conditions difficiles, et que cet argent pourrait être utilisé autrement. Mais l’Afrique est un continent à part. Le football y a une importance énorme et il apporte beaucoup de joie aux gens. Pour les plus démunis, c’est souvent le seul rayon de soleil.

___

Témoignage recueilli par Alexis Billebault
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Algérie

Des ravisseurs d'Hervé Gourdel identifiés, selon le ministre algérien de la Justice

Des ravisseurs d'Hervé Gourdel identifiés, selon le ministre algérien de la Justice

Selon le ministre algérien de la Justice, des ravisseurs de l'otage français Hervé Gourdel, enlevé puis décapité la semaine dernière en Algérie, ont été indenti[...]

Francophonie : Kamel Daoud reçoit le Prix des cinq continents

C’est son roman "Meursault, contre-enquête", qui a valu à l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud le prix de l'Organisation internationale de la Francophonie. La[...]

Algérie : deux militaires tués par des terroristes près de Sidi Bel Abbès

Selon la presse algérienne, deux militaires ont été tués dimanche par un groupe islamiste armé dans la région de Sidi Bel Abbès.[...]

Mondial de Cyclisme : Nacer Bouhanni à la conquête du maillot arc-en-ciel

En 2012, il est devenu le premier Français d’origine africaine à remporter le championnat de France de cyclisme. Depuis, Nacer Bouhanni enchaîne les bonnes performances, et il roule ce week-end pour le[...]

RDC - Kimwaki (TP Mazembe) : "Ne pas laisser Sétif respirer"

Même s’il conserve toutes ses chances de disputer la finale de la Ligue des champions, le TP Mazembe, battu (1-2) par les Algériens de Sétif le 20 septembre, n’est pas forcément en[...]

La presse algérienne choquée par l'assassinat du Français Hervé Gourdel

Les journaux algériens se disaient jeudi "sous le choc" après la décapitation d'Hervé Gourdel, otage français enlevé en Algérie par les "Soldats du califat", un[...]

France : Alger mobilise ses forces pour retrouver les assassins et le corps d'Hervé Gourdel

Dans son intervention prononcée mercredi 24 septembre après l'annonce de la mort d'Hervé Gourdel, otage français décapité par des jihadistes, le président français[...]

Algérie : l'otage français Hervé Gourdel a été décapité par ses ravisseurs

L'otage français Hervé Gourdel, enlevé dimanche en Algérie, a été décapité par ses ravisseurs. "Il a été victime d'un crime odieux dont les auteurs devront[...]

Crises : CMI, DRC, Carter Center... les diplomates de l'ombre

Ils agissent en coulisses, quand les organismes officiels peinent à résoudre un conflit armé. Mais les méthodes et les résultats de ces négociateurs privés ne font pas[...]

Algérie : après l'expiration de l'ultimatum, incertitudes sur le sort d'Hervé Gourdel

Au lendemain de l'expiration de l'ultimatum de vingt-quatre heures lancé lundi par les ravisseurs d'Hervé Gourdel en Algérie, aucune information n'a filtré sur le sort de l'otage français. Sa[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers