Extension Factory Builder
11/01/2013 à 11h:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président français François Hollande. Le président français François Hollande. © AFP

L'offensive des islamistes radicaux vers le sud du pays a brusquement fait évoluer la position française sur le dossier malien. Lors de ses voeux aux diplomates, vendredi 11 janvier à l'Élysée, le président François Hollande a déclaré que la France était désormais "prête à s'engager aux côtés de ses partenaires africains pour arrêter l'offensive des terroristes".

Mis à jour à 13h00.

L'appel du président intérimaire malien Dioncounda Traoré a été entendu par l'Élysée. Jeudi soir, après plusieurs heures de combats à l'arme lourde et la prise de Konna par les islamistes radicaux, l'hôte du palais de Koulouba a lancé un appel à l'aide à son partenaire français. Dans une lettre envoyée à François Hollande, il sollicite l'aide militaire rapide de la France pour contrer l'offensive des jihadistes vers le sud du pays, encore sous contrôle de Bamako.

Vendredi matin, lors de ses voeux aux diplomates à l'Élysée, le président français a répondu favorablement à cette demande. D'après lui, la France et ses partenaires font face à « une agression caractérisée des terroristes » qui « cherchent à porter un coup fatal à l'existence même du Mali ».

« La France répondra (...) strictement, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, à la demande d'aide militaire des autorités maliennes face aux groupes islamistes armés », a poursuivi François Hollande. « C'est une exigence de solidarité et de responsabilité et la France sera donc au rendez-vous des résolutions du Conseil de sécurité et de la demande des autorités maliennes », a conclu le chef de l'État.

Selon une source diplomatique, le président Dioncounda Traoré est par ailleurs attendu mercredi prochain à Paris pour rencontrer son homologue français.

Otages

D'après le quotidien Libération, la brusque détérioration de la situation au Mali a été évoquée vendredi matin, à l’Élysée, lors d’un Conseil restreint de défense réuni en urgence avant les voeux aux diplomates. Étaient réunis, autour du président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et celui de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Le probable engagement militaire de la France au Mali soulève aussi la délicate question des sept otages français actuellement détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ses alliés du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Fin décembre, Aqmi a accusé Paris de « bloquer les négociations ». Le groupe terroriste a également toujours affirmé que la sécurité de ses otages ne serait plus assurée en cas d'intervention française au Nord-Mali. Le 3 janvier, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé aux familles que leurs proches étaient « en bonne santé » malgré des conditions de détention « très dures ».

___

Benjamin Roger (@benja_roger)

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Kidal, enjeu symbolique de la présidentielle malienne

Kidal, enjeu symbolique de la présidentielle malienne

L'armée voulait la reconquérir par la force, le gouvernement a négocié pour pouvoir y tenir les élections. Mais Kidal, la grande ville du Nord, peu peuplée, n'aura pas de ré[...]

Mali : l'accord avec les rebelles touaregs largement salué à Bamako

Dans la capitale malienne, Bamako, les réactions étaient (presque) unanimes mardi 18 juin, après la signature à Ouagadougou d’un accord entre le pouvoir malien et rebelles touaregs occupant[...]

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs parviennent à un accord provisoire

Bamako et les rebelles touaregs ont signé, mardi 18 juin à Ouagadougou un accord intérimaire permettant d’organiser l’élection présidentielle à Kidal, dans le nord du Mali.[...]

Mali : l'accord "préliminaire" entre Bamako et les rebelles touaregs passe à la signature

L’accord entre le pouvoir malien et les rebelles touaregs qui contrôlent Kidal, dans le nord du Mali, devrait être signé à Ouagadougou à l’occasion d’une cérémonie[...]

Présidentielle malienne : qui pour sauver le pays ?

Le 28 juillet, les électeurs maliens devront choisir le futur chef de l'État. Enquête sur une élection cruciale pour l'avenir de ce pays meurtri.[...]

Armée malienne : le difficile inventaire

Laurent Touchard travaille depuis de nombreuses années sur le terrorisme et l'histoire militaire. Il a collaboré à plusieurs ouvrages et certains de ses travaux sont utilisés par[...]

Hélène Jayet : dans le bain révélateur

Cette photographe née sous X, de père malien, recueille depuis quatre ans des portraits et des paroles d'adoptés.[...]

Mali : Tombouctou libérée, mais Tombouctou brisée

Selon une mission d'enquête de l'Unesco au Mali, Tombouctou, la "Ville aux 333 saints", a davantage souffert de l'occupation jihadiste qu'on ne l'avait redouté.[...]

Amisom : le prix à payer pour sauver la Somalie

Vingt ans que la Somalie était plongée dans le chaos, et si elle paraît aujourd'hui en passe d'être sauvée, c'est en grande partie grâce aux soldats africains de l'Amisom. Un[...]

Mali : Bamako "prêt à signer" un accord avec les rebelles touaregs

À Ouagadougou, depuis le 8 juin, autorités maliennes et rebelles touaregs tentent de trouver un accord sur le sort de Kidal. Un émissaire affirme que Bamako est prêt à signer un accord si leurs[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers