Extension Factory Builder
10/01/2013 à 10h:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Avant le début des négociations, à Libreville, le 9 janvier. Avant le début des négociations, à Libreville, le 9 janvier. © AFP/Steve Jordan

Les discussions directes entre les rebelles de la Séléka et le pouvoir centrafricain ont commencé le mercredi 9 janvier, à Libreville (Gabon). Poursuivies tard dans la nuit, elles n’ont pas encore permis à ce que les parties en conflit adoucissent leurs positions.

Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka sont arrivés en fin de matinée, mercredi 9 janvier, à la table des négociations. Campant fermement sur leur position, ils ont continué de réclamer le départ immédiat du chef de l’État, François Bozizé, et ont également présenté un mémorandum dans lequel ils demandent à ce qu’il soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).

L’opposition politique non–armée s’est rapidement rangée derrière ces revendications, tandis que les représentants gouvernementaux refusaient catégoriquement d’envisager un départ de Bozizé avant la fin de son mandat, prévu en 2016.

À minuit, les débats continuaient dans la même veine et les parties en présence se sont séparés sans avancée notable.

Le sommet des chefs d’État de la Communauté des États d’Afrique centrale (CEEAC), qui doit s’ouvrir ce jeudi 10 janvier, devrait permettre d’engager des négociations plus poussées.

Eric Massi absent des négociations

La délégation de la rébellion, dirigée par Michel Djotodia, est composée pour le moment de 15 personnes. Cinq membres de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), dont Michel Djotodia est le chef ; deux de la Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK), dont son leader, le général Dhaffane Mohamed-Moussa ; deux de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), de Noureddine Adam lui aussi présent à Libreville. S’ajoute un groupe de six personnes arrivées par N'Djaména, dont le colonel Djouma Narkoyo, porte-parole militaire de la coalition et membre de l’UDFR. L’identité des cinq autres personnes n’a pas encore été communiquée par la rébellion.

Le porte-parole à Paris de la coalition Séléka, Eric Massi, ne se rendra en revanche pas à Libreville. Selon lui, les chefs d’État de la sous-région ont refusé qu’il participe aux négociations : « J’ai écrit au président Ali Bongo Ondimba pour lui faire part de mon désir de me rendre dans la capitale gabonaise, mais n’ai reçu aucune réponse. Je prends acte que les discussions ont commencé sans moi », détaille-t-il.

Pour expliquer l’absence de celui qui, depuis le début de l’attaque rebelle, le 10 décembre, s’exprime publiquement au nom de la coalition, un membre de la Séléka évoque plutôt les tensions grandissantes entre Massi et le commandement militaire de la rébellion. Les leaders du mouvement lui reprochent notamment d’avoir annoncé qu’une délégation de la Séléka se rendrait aux négociations prévues à Libreville, alors qu’ils n’avaient pas encore arrêté de décision. « Il a cru à un moment pouvoir incarner l'alternative à Bozizé, mais nous avons d'autres plans. Il est allé trop vite en besogne et n’a pas pris en compte les nombreuses mises en garde faites à son encontre », explique cette source. « C’est un sujet délicat », précise-t-il.

Les Tchadiens en retrait

Les rebelles seraient aujourd’hui à une dizaine de kilomètres de Bangui, et auraient déjà contourné Damara.
Mardi 8 janvier, des troupes tchadiennes, présentes en Centrafrique depuis le début de la crise, auraient commencé à quitter la ville, considérée comme le dernier verrou avant la capitale. Retrait qui coïncide avec l’annonce de l’envoi des troupes sud-africaines faites le 7 janvier par le président Jacob Zuma.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Centrafrique : six morts dans une attaque d'hommes armés dans le nord-est

Centrafrique : six morts dans une attaque d'hommes armés dans le nord-est

Six personnes ont été tuées et plusieurs maisons pillées dans une attaque menée vendredi par des hommes armés dans la ville de Bouca, à 250 km au nord de Bangui, a appris l'AFP de[...]

Centrafrique : échanges de tirs entre la Séléka et l'armée camerounaise à la frontière

Des éléments de la Séléka, coalition au pouvoir en Centrafrique, ont échangé des tirs, mardi 14 et mercredi 15 mai, avec l'armée camerounaise. Cette dernière a[...]

Centrafrique : les enjeux de la tournée régionale de Michel Djotodia

Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, a entamé, mardi 14 mai, sa première visite régionale. Après le Tchad, mardi, il doit se rendre au Gabon et en Guinée[...]

Centrafrique : le cantonnement de la Séléka a débuté

Lundi 13 mai, près de 200 combattants de la Séléka ont quitté Bangui pour la base de Bria (centre-est), un des 16 sites où les ex-rebelles centrafricains doivent être cantonnés. [...]

Carte interactive : tour d'Afrique des missions de maintien de la paix

Conséquence de la multiplication, ces deux dernières décennies, des conflits armés sur son sol, l’Afrique est le continent qui accueille le plus de missions de maintien de la paix. Combien[...]

Centrafrique : Bangui la Roquette

Les États faillis présentent des symptômes qui ne trompent jamais. Quand l'ancienne puissance coloniale, puis néocoloniale, la France, « déconseille formellement » tout[...]

Centrafrique : trois morts à la suite de nouveaux heurts entre Séléka et civils à Bangui

Trois personnes ont été tuées dans la nuit de 9 au 10 mai à Bangui dans des heurts entre civils et éléments de l'ex-rébellion de la Séléka, désormais au[...]

Centrafrique : Nicolas Tiangaye sollicite l'aide de la France pour sécuriser Bangui

Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, a annoncé, mercredi 8 mai, avoir demandé aux forces françaises présentes à Bangui d'appuyer la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac)[...]

Centrafrique : Bozizé visé par une enquête pour violations des droits de l'homme

Le parquet de Bangui a ouvert une enquête sur les violations des droits de l'homme commises par le président déchu François Bozizé et ses proches durant son régime et après le coup[...]

Centrafrique : l'Afrique centrale plaide pour la création d'un fonds spécial

Les États d'Afrique centrale ont plaidé vendredi pour la création d'un fonds spécial au terme d'un sommet régional consacré à la Centrafrique, où la situation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces