Les discussions directes entre les rebelles de la Séléka et le pouvoir centrafricain ont commencé le mercredi 9 janvier, à Libreville (Gabon). Poursuivies tard dans la nuit, elles n’ont pas encore permis à ce que les parties en conflit adoucissent leurs positions.
Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka sont arrivés en fin de matinée, mercredi 9 janvier, à la table des négociations. Campant fermement sur leur position, ils ont continué de réclamer le départ immédiat du chef de l’État, François Bozizé, et ont également présenté un mémorandum dans lequel ils demandent à ce qu’il soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI).
L’opposition politique non–armée s’est rapidement rangée derrière ces revendications, tandis que les représentants gouvernementaux refusaient catégoriquement d’envisager un départ de Bozizé avant la fin de son mandat, prévu en 2016.
À minuit, les débats continuaient dans la même veine et les parties en présence se sont séparés sans avancée notable.
Le sommet des chefs d’État de la Communauté des États d’Afrique centrale (CEEAC), qui doit s’ouvrir ce jeudi 10 janvier, devrait permettre d’engager des négociations plus poussées.
Eric Massi absent des négociations
La délégation de la rébellion, dirigée par Michel Djotodia, est composée pour le moment de 15 personnes. Cinq membres de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), dont Michel Djotodia est le chef ; deux de la Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK), dont son leader, le général Dhaffane Mohamed-Moussa ; deux de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), de Noureddine Adam lui aussi présent à Libreville. S’ajoute un groupe de six personnes arrivées par N'Djaména, dont le colonel Djouma Narkoyo, porte-parole militaire de la coalition et membre de l’UDFR. L’identité des cinq autres personnes n’a pas encore été communiquée par la rébellion.
Le porte-parole à Paris de la coalition Séléka, Eric Massi, ne se rendra en revanche pas à Libreville. Selon lui, les chefs d’État de la sous-région ont refusé qu’il participe aux négociations : « J’ai écrit au président Ali Bongo Ondimba pour lui faire part de mon désir de me rendre dans la capitale gabonaise, mais n’ai reçu aucune réponse. Je prends acte que les discussions ont commencé sans moi », détaille-t-il.
Pour expliquer l’absence de celui qui, depuis le début de l’attaque rebelle, le 10 décembre, s’exprime publiquement au nom de la coalition, un membre de la Séléka évoque plutôt les tensions grandissantes entre Massi et le commandement militaire de la rébellion. Les leaders du mouvement lui reprochent notamment d’avoir annoncé qu’une délégation de la Séléka se rendrait aux négociations prévues à Libreville, alors qu’ils n’avaient pas encore arrêté de décision. « Il a cru à un moment pouvoir incarner l'alternative à Bozizé, mais nous avons d'autres plans. Il est allé trop vite en besogne et n’a pas pris en compte les nombreuses mises en garde faites à son encontre », explique cette source. « C’est un sujet délicat », précise-t-il.
Les Tchadiens en retrait
Les rebelles seraient aujourd’hui à une dizaine de kilomètres de Bangui, et auraient déjà contourné Damara.
Mardi 8 janvier, des troupes tchadiennes, présentes en Centrafrique depuis le début de la crise, auraient commencé à quitter la ville, considérée comme le dernier verrou avant la capitale. Retrait qui coïncide avec l’annonce de l’envoi des troupes sud-africaines faites le 7 janvier par le président Jacob Zuma.

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