Un ancien député sénégalais, mandaté par l'ex-président Abdoulaye Wade pour mener diverses opérations au Sénégal, a été inculpé pour blanchiment d'argent et écroué après une semaine de garde à vue.
Alioune Aïdara Sylla, membre du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition), a été entendu lundi 7 janvier par un juge d'instruction qui l'a inculpé de blanchiment d'argent et détournement de deniers publics. Il a été placé sous mandat de dépôt.
Sylla, par ailleurs homme d'affaires, avait été arrêté dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier à l'aéroport de Dakar en possession de chèques dont les montants totalisaient près de 3 milliards de FCFA (4,5 millions d'euros). Il avait été placé en garde à vue.
Selon le PDS, il avait été mandaté par l'ex-président Abdoulaye Wade pour toucher deux chèques de banque représentant une assistance financière personnelle d'un montant non précisé, reçue en mai 2012 d'un de ses amis du monde arabe.
Abdoulaye Wade habite en France depuis plusieurs mois et éprouve des difficultés à se déplacer. Il avait donc mandaté Alioune Aïdara Sylla pour récupérer ces sommes et faire effectuer divers travaux dans certaines de ses résidences sénégalaises.
« C'est de l'argent que le président Wade a reçu après qu'il a quitté le pouvoir. C'est une contribution privée et absolument traçable. Il n'y a rien de plus clair ! », a expliqué un responsable du PDS joint mardi par l’AFP.
Chasse aux sorcières
Le PDS accuse le régime de Macky Sall, élu en mars 2012, d'avoir lancé une chasse aux sorcières depuis son arrivée au pouvoir. Plusieurs responsables au pouvoir sous Abdoulaye Wade, dont son fils, l’ex-ministre Karim Wade, ont été récemment auditionnés par la gendarmerie ou la justice dans le cadre d'enquêtes sur de présumés enrichissements illicites.
Après sa cinquième audition par la gendarmerie, mi-novembre, Karim Wade a été interdit de sortie du territoire, ainsi que six autres proches de Wade.
Par ailleurs, l'Assemblée nationale examine actuellement une demande de levée de l'immunité parlementaire de trois députés : Oumar Sarr, Abdoulaye Baldé et Ousmane Ngom, qui furent tous ministres de Wade, visant à permettre leur audition dans le cadre des enquêtes.
(Avec AFP)

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