Extension Factory Builder
07/01/2013 à 09:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des membres de la garde présidentielle à Bangui. Des membres de la garde présidentielle à Bangui. © AFP

Selon le ministre centrafricain de l’Administration territoriale, les rebelles du Séléka seraient désormais à 12 km de Damara, dernier verrou avant la capitale Bangui, qui est située à 75 km plus au nord. Cette nouvelle avancée de la rébellion a lieu alors que les délégations des différents camps doivent arriver à Libreville, au Gabon, lundi 7 janvier, dans le cadre des négociations.

« Les rebelles sont dans le village de Vangué à 12 km de Damara, là où se trouvent les forces d'interposition », a déclaré le ministre de l’Administration territoriale centrafricain à l’AFP. « Ils se baladent, font des exercices de tir, traumatisant la population. Ils n'attaquent pas mais il y a une cohabitation » avec la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), a-t-il ajouté, avant de souligner : « Ils y sont depuis une semaine. Ils ont recruté à Sibut (ville située à 160 km au nord de Bangui et tenue par les rebelles) des jeunes qui font leur footing. Certains vont jusqu'à Damara-centre. Le gouvernement s’inquiète de cette proximité. »

La ville de Damara est considérée comme le dernier verrou avant la capitale, Bangui, située 75 km plus au nord du pays. La Fomac, dont les effectifs s’élèvent à 760 hommes, en majorité tchadiens, en a même fait une « ligne rouge à ne pas franchir » pour les rebelles, selon les mots de son commandant, le général Jean-Félix Akaga. « Nous ne cèderons pas Damara, que ce soit clair. Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les 10 États d'Afrique centrale », avait-il indiqué.

Renforts sud-africains à Bangui

Alors que la pression s’accentue sur Damara, des troupes sud-africaines ont également été déployées en renfort à Bangui où elles sont chargées de sécuriser la capitale. « Ce contingent sud-africain bien équipé est arrivé en milieu de semaine », a indiqué une source militaire. Ces soldats rejoignent en Centrafrique « un contingent militaire déjà déployé dans la cadre de la coopération militaire ».

La présidence sud-africaine a confirmé, dans un communiqué, que « le président Jacob Zuma [avait] autorisé le déploiement de 400 membres des forces nationales de défense sud-africaines en République centrafricaine, pour apporter leur soutien conformément à une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique ».

Négociations à Libreville

En marge de ces mouvements de troupes, des négociations doivent se tenir à Libreville entre les rebelles de la Séléka, le pouvoir centrafricain et l’opposition politique au président Bozizé. Les différentes délégations devaient initialement arriver dans la capitale gabonaise dimanche 6 janvier mais leur départ a été retardé d’une journée. « Nous partirons demain matin. Il y a eu un problème (sur le vol). Nous sommes prêts. Nous demandons à partir aux négociations », a ainsi affirmé à l'AFP l'un des chefs de la rébellion du Séléka, le colonel Djouma Narkoyo, dimanche.

Cependant, les intentions des rebelles continuent de semer le trouble. Son porte-parole, Eric Massi, s’est ainsi prononcé pour un report de la rencontre, afin de mieux préparer les pourparlers, dans lesquels il affirme exiger le départ du président Bozizé. « Le départ de Bozizé n'est pas négociable. Il ne veut pas partir mais il n'a pas les moyens de rester », a-t-il déclaré, soulignant qu’il fallait « parler avec les chefs d'Etat d'Afrique Centrale (…) des conditions du départ de Bozizé, des garanties pour sa sécurité et celle de sa famille ».

Des propositions de sortie de crises

Le chef de l’État ne s’est toutefois pas exclu des négociations, selon une source proche de la présidence. Il devrait rejoindre Libreville plus tard, une fois les pourparlers entamés. Selon le ministre de l’Administration territoriale Josué Binoua, chacune des délégations, composées de quinze membres, a remis des « propositions de sortie de crise » au comité de suivi dirigé par le président congolais Denis Sassou Nguesso. « La seule voie pour trouver une solution passe par le dialogue et exclut l'option militaire », a-t-il estimé, ajoutant : « Le président a annoncé un gouvernement d'union nationale. Il y a intangibilité de l'ordre constitutionnel et le mandat du président court jusqu'en 2016 ».

Selon lui, la délégation du pouvoir va également proposer une réforme de l’armée, un plan de relance économique ainsi qu’un nouveau code électoral, qui aurait déjà été discuté avec l’opposition. Reste à convaincre les rebelles, dont la délégation comprendra notamment Eric Massi, son porte-parole, et le chef des rebelles, Michel Djotiodia, qui s’est « engagé à aller à Libreville ».

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Bourgeons et fleurs fanées

Article pr�c�dent :
États-Unis : Tim Scott, le Black Senator

Réagir à cet article

Centrafrique

Congo - Centrafrique : entre Sassou Nguesso et Samba-Panza, le torchon brûle

Congo - Centrafrique : entre Sassou Nguesso et Samba-Panza, le torchon brûle

Les relations entre la présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba-Panza et le président congolais Denis Sassou Nguesso (DSN), médiateur officiel pour la Centrafrique, sont aujourd'hui glac[...]

RCA : le ministre de la Jeunesse et des Sports, Armel Ningatoloum Sayo, a été kidnappé à Bangui

Le ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports, l'ex-chef rebelle Armel Ningatoloum Sayo, a été enlevé dimanche à Bangui par des hommes armés.[...]

L'humanitaire française enlevée en Centrafrique a été libérée

L'humanitaire française qui effectuait une mission en Centrafrique avait été été enlevée lundi à Bangui. Le Quai d'Orsay a annoncé sa libération vendredi soir.[...]

Centrafrique : capture de Dominic Ongwen, Washington doit-il récompenser la Séléka ?

Washington s'était engagé à donner 5 millions de dollars à qui permettrait la capture du numéro deux de l'Armée de résistance du Seigneur. Un pactole que[...]

Centrafrique : l'employée de la Minusca enlevée à Bangui a été libérée

La Minusca a annoncé que l'employée de la mission onusienne dans le pays qui avait été enlevée par des miliciens anti-balaka mardi 20 janvier à Bangui était libre.[...]

Centrafrique : une employée de la Minusca enlevée à Bangui par des hommes du "général Andilo"

Au lendemain du rapt d'une Française, en mission humanitaire en Centrafrique, les miliciens anti-balaka ont enlevé mardi matin une autre expatriée, membre de la mission onusienne dans le pays, à Bangui,[...]

Centrafrique : une Française enlevée par des anti-balaka à Bangui

Une Française, en mission humanitaire en Centrafrique, a été enlevée lundi à Bangui par des miliciens anti-balaka. Ce rapt serait lié à l'arrestation d'un de leurs chefs, le[...]

Justice tchadienne : retour vers le passé pour Baba Laddé

À Bangui et à N'Djamena, les spéculations vont bon train depuis l'arrestation de Baba Laddé, le 8 décembre en Centrafrique, et plus encore depuis son inculpation par la justice[...]

Ouganda : le rebelle de la LRA Ongwen remis à la Centrafrique pour transfert à la CPI

Dominic Ongwen, l'un des principaux chefs de la sanguinaire rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), a été remis à la Centrafrique en vue de son transfert à[...]

Centrafrique : Koyara, première femme à la Défense depuis l'indépendance

Une femme, Marie Noëlle Koyara, est devenue pour la première fois depuis l'independance en 1960 ministre de la Défense en Centrafrique, à la faveur d'un remaniement technique du gouvernement du Premier[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130107090909 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130107090909 from 172.16.0.100