Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka, qui devaient arriver à Libreville pour l'ouverture des négociations en début de semaine avec le pouvoir, ont pris deux nouvelles villes, Alindao et Kouango dans le centre.
La coalition rebelle Séléka, qui a commencé une offensive mi-décembre et demande le départ du président François Bozizé, a pris deux nouvelles villes, Alindao et Kouango dans le centre, dans la nuit de vendredi 4 janvier à samedi 5 janvier, alors que des négociations devraient avoir lieu à Libreville mardi, selon le ministre de l'Administration territoriale.
« Les rebelles ont pris deux villes près de Bambari (déjà théâtre d'affrontements et contrôlée par les rebelles): Alindao et Kouango. Ca montre leurs velléités à faire la guerre même quand il y a des négociations », a déclaré à l'AFP Josué Binoua.
Afficher Avancée des rebelles de la coalition Séléka sur une carte plus grande
Des négociations à Libreville mardi ?
Les négociations avaient été proposées la semaine dernière par le président centrafricain François Bozizé, alors que les rebelles du Séléka se trouvaient, après une offensive éclair, à seulement 160 kilomètres de la capitale, Bangui, protégée par un verrou de la Force multinationale d'Afrique Centrale, composée en grande partie d'unités tchadiennes rompues au combat.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé vendredi aux deux parties de négocier « de bonne foi » et sans conditions préalables et a réitéré sa demande aux rebelles de « cesser les hostilités, de se retirer des villes prises et de cesser leur progression » vers Bangui. Les rencontres pourraient se tenir mardi dans la capitale gabonaise. « Le secrétaire adjoint de la CEEAC (le général Guy-Pierre Garcia) a un contact ferme avec les rebelles. Leur chef Michel Djotodia a pris la décision. Ils partiront le 6 pour Libreville. Ils sont au nombre de dix », a indiqué à l'AFP une source à la CEEAC.
Cette même source a assuré que le président de l'alliance Séléka, Michel Djotodia, son porte-parole, Eric Massi, ainsi que le colonel Djouma Narkoyo et sept autres personnes étaient attendus à Libreville.
Le départ de Bozizé réclamé
Mais le porte-parole de la rébellion, Eric Massi, basé à Paris, s'est étonné de ces informations, assurant ne pas avoir été contacté. « Je ne suis pas au courant. Je l'apprends par l'AFP, c'est incroyable », a-t-il dit. M. Massi a par ailleurs réaffirmé que la coalition du Séléka, qui réunit différentes ex-rébellions centrafricaine, excluait toute négociation avec Bozizé. La coalition fait actuellement face à des divisions qui l'affaiblissent.
« Le seul point qui serait à négocier à Libreville porte sur les conditions du départ de Bozizé », a-t-il dit, rejoint sur ce point par des opposants rassemblés dans un Front commun pour l'alternance et la Paix (FRAP), créé fin décembre à Paris.
De son côté, la présidence centrafricaine a réitéré sa volonté d'aller à la table de négociations « sans condition ». Toutefois, « il est hors de question de négocier le départ du président », a souligné le secrétaire général de la présidence, Stanislas Mbamgot. « Les accords de N'Djamena du 21 décembre ont fixé le cadre des négociations. Il s'agit de discuter d'autres sujets. Le président a un mandat qui court jusqu'en 2016 et il a précisé aux diplomates que ce qu'il le préoccupait, c'est de mener le reste de son mandat à son terme », a-t-il dit à l'AFP.
« Nous retrouver en short »
M. Bozizé, au pouvoir depuis un coup d’État en 2003, avait fait des concessions la semaine dernière, proposant notamment un gouvernement d'union nationale.
Vendredi, le gouvernement centrafricain s'est penché sur la liste des personnes qui iraient à Libreville, notamment des membres de l'opposition politique, des rebelles ayant signé les accords de paix et des représentants de la société civile, selon une source au ministère de l'Administration territoriale.
Le principal opposant, Martin Ziguélé, a confirmé: « Nous irons aux négociations. Sur le principe, je suis d'accord mais je n'ai encore reçu aucune information sur la date de celles-ci ».
« Si nous acceptons d'aller négocier à Libreville alors que Bozizé est toujours au pouvoir, nous allons nous retrouver 'en short'. On va se faire manipuler et on aura combattu pour rien », déclarait pour sa part vendredi soir une source de la rébellion à l'AFP.
(avec AFP)

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