Extension Factory Builder
05/01/2013 à 13:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Avancée de la rébellion Séléka en Centrafrique. Avancée de la rébellion Séléka en Centrafrique. © JA

Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka, qui devaient arriver à Libreville pour l'ouverture des négociations en début de semaine avec le pouvoir, ont pris deux nouvelles villes, Alindao et Kouango dans le centre.

La coalition rebelle Séléka, qui a commencé une offensive mi-décembre et demande le départ du président François Bozizé, a pris deux nouvelles villes, Alindao et Kouango dans le centre, dans la nuit de vendredi 4 janvier à samedi 5 janvier, alors que des négociations devraient avoir lieu à Libreville mardi, selon le ministre de l'Administration territoriale.

« Les rebelles ont pris deux villes près de Bambari (déjà théâtre d'affrontements et contrôlée par les rebelles): Alindao et Kouango. Ca montre leurs velléités à faire la guerre même quand il y a des négociations », a déclaré à l'AFP Josué Binoua.


Afficher Avancée des rebelles de la coalition Séléka sur une carte plus grande

Des négociations à Libreville mardi ?

Les négociations avaient été proposées la semaine dernière par le président centrafricain François Bozizé, alors que les rebelles du Séléka se trouvaient, après une offensive éclair, à seulement 160 kilomètres de la capitale, Bangui, protégée par un verrou de la Force multinationale d'Afrique Centrale, composée en grande partie d'unités tchadiennes rompues au combat.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé vendredi aux deux parties de négocier « de bonne foi » et sans conditions préalables et a réitéré sa demande aux rebelles de « cesser les hostilités, de se retirer des villes prises et de cesser leur progression » vers Bangui. Les rencontres pourraient se tenir mardi dans la capitale gabonaise. « Le secrétaire adjoint de la CEEAC (le général Guy-Pierre Garcia) a un contact ferme avec les rebelles. Leur chef Michel Djotodia a pris la décision. Ils partiront le 6 pour Libreville. Ils sont au nombre de dix », a indiqué à l'AFP une source à la CEEAC.

Cette même source a assuré que le président de l'alliance Séléka, Michel Djotodia, son porte-parole, Eric Massi, ainsi que le colonel Djouma Narkoyo et sept autres personnes étaient attendus à Libreville.

Le départ de Bozizé réclamé

Mais le porte-parole de la rébellion, Eric Massi, basé à Paris, s'est étonné de ces informations, assurant ne pas avoir été contacté. « Je ne suis pas au courant. Je l'apprends par l'AFP, c'est incroyable », a-t-il dit. M. Massi a par ailleurs réaffirmé que la coalition du Séléka, qui réunit différentes ex-rébellions centrafricaine, excluait toute négociation avec Bozizé. La coalition fait actuellement face à des divisions qui l'affaiblissent.

« Le seul point qui serait à négocier à Libreville porte sur les conditions du départ de Bozizé », a-t-il dit, rejoint sur ce point par des opposants rassemblés dans un Front commun pour l'alternance et la Paix (FRAP), créé fin décembre à Paris.

De son côté, la présidence centrafricaine a réitéré sa volonté d'aller à la table de négociations « sans condition ». Toutefois, « il est hors de question de négocier le départ du président », a souligné le secrétaire général de la présidence, Stanislas Mbamgot. « Les accords de N'Djamena du 21 décembre ont fixé le cadre des négociations. Il s'agit de discuter d'autres sujets. Le président a un mandat qui court jusqu'en 2016 et il a précisé aux diplomates que ce qu'il le préoccupait, c'est de mener le reste de son mandat à son terme », a-t-il dit à l'AFP.

« Nous retrouver en short »

M. Bozizé, au pouvoir depuis un coup d’État en 2003, avait fait des concessions la semaine dernière, proposant notamment un gouvernement d'union nationale.

Vendredi, le gouvernement centrafricain s'est penché sur la liste des personnes qui iraient à Libreville, notamment des membres de l'opposition politique, des rebelles ayant signé les accords de paix et des représentants de la société civile, selon une source au ministère de l'Administration territoriale.

Le principal opposant, Martin Ziguélé, a confirmé: « Nous irons aux négociations. Sur le principe, je suis d'accord mais je n'ai encore reçu aucune information sur la date de celles-ci ».
« Si nous acceptons d'aller négocier à Libreville alors que Bozizé est toujours au pouvoir, nous allons nous retrouver 'en short'. On va se faire manipuler et on aura combattu pour rien », déclarait pour sa part vendredi soir une source de la rébellion à l'AFP.

(avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Centrafrique

Centrafrique : médiation internationale à Bangui après les violences

Centrafrique : médiation internationale à Bangui après les violences

Une délégation de la médiation internationale dans la crise centrafricaine était en visite à Bangui, samedi, pour rencontrer autorités et groupes armés afin de "ramener le ca[...]

Centrafrique - Anicet Dologuélé : "Samba-Panza n'est pas à l'écoute"

Pour l'ex-Premier ministre et futur candidat à l'élection présidentielle centrafricaine Anicet Dologuélé, le gouvernement centrafricain pèche par manque de transparence dans sa[...]

Centrafrique : six miliciens anti-balaka tués dans des affrontements avec la Minusca

Six miliciens anti-balaka ont été tués mercredi à Bangui dans un échange de tirs avec les forces internationales, a déclaré la Minusca jeudi.[...]

Centrafrique : quatre morts après de nouvelles violences à Bangui

Une attaque de miliciens anti-balaka mardi dans un quartier de Bangui a fait au moins quatre morts.[...]

Centrafrique : Catherine Samba-Panza dénonce "une tentative de coup d'État institutionnel"

La présidente centrafricaine de la transition, Catherine Samba-Panza, a estimé mardi que les violences qui secouent Bangui depuis un peu moins d'une semaine s'apparentent à "une tentative de coup[...]

Centrafrique : un prêtre polonais enlevé dans l'Ouest

Des hommes armés fidèles au rebelle Abdoulaye Miskine ont enlevé un missionnaire polonais résidant à Baboua, dans l'ouest de la Centrafrique. Ils demandent la libération du leur chef[...]

Centrafrique : Catherine Samba-Panza va rencontrer "les forces vives de la Nation"

Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, entame mardi une série de rencontres avec les "forces vives de la Nation". Objectif : mettre fin au désordre que connaît[...]

Centrafrique : calme précaire à Bangui après plusieurs jours de violences

Le Premier ministre centrafricain, Mahamat Kamoun, avait appelé dimanche soir la population à reprendre ses activités.[...]

Centrafrique : relative accalmie à Bangui, les anti-balaka appellent à la trêve

Un calme relatif régnait dimanche matin à Bangui, au lendemain de la rencontre entre la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, et des responsables des miliciens anti-balaka, ces[...]

Centrafrique : un semblant de calme à Bangui, la présidente reçoit les anti-balaka

Un semblant de calme était revenu samedi à Bangui après quatre jours de violents affrontements, alors qu'une rencontre entre la présidente de la transition Catherine Samba Panza et des responsables[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers