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05/01/2013 à 10:30
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Algabass Ag Intalla, chef de la délégation d'Ansar Dine, le 4 décembre 2012 à Ouagadougou. Algabass Ag Intalla, chef de la délégation d'Ansar Dine, le 4 décembre 2012 à Ouagadougou. © AFP

Le groupe islamiste armé Ansar Eddine, l'un des maîtres du nord du Mali, a durci ses positions, réclamant l'autonomie et la loi islamique pour cette région au sein d'un État malien proclamé "islamique", avant des discussions avec Bamako le 10 janvier autour du médiateur burkinabè.

Défense de l'identité touareg et de la charia (loi islamique) : c'est le coeur de la "plateforme politique" remise le 1er janvier par une délégation d'Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam) au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne pour la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

Dans ce document de 17 pages que s'est procuré vendredi le correspondant de l'AFP à Ouagadougou, le mouvement du charismatique Iyad Ag Ghaly, surtout composé de Touareg maliens comme lui, se livre à un réquisitoire contre les régimes maliens successifs qui ont traité, selon lui, les habitants du Nord en "citoyens de seconde zone".

Conscient que la communauté internationale est "hostile" à toute partition du Mali, il affirme renoncer dans l'immédiat à une sécession, qui était la revendication initiale du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg laïque d'abord alliée puis marginalisée sur le terrain par les islamistes.

Il réclame donc une "large autonomie", mais dans le cadre d'un Etat malien qui proclamerait dans sa Constitution son "caractère islamique", au motif que "le peuple malien est musulman à plus de 95%".

Dans le Nord, l'application "stricte" de la charia est "un impératif non négociable", insiste le groupe. Il justifie les châtiments corporels mais promet de tenir compte de "l'air du temps" dans l'application de certaines dispositions.

Nouveau rendez-vous à Ouagadougou

Cette "plateforme" a de quoi hérisser le gouvernement malien, pour lequel le respect de l'intégrité du territoire du Mali et de la laïcité de l'Etat sont des pierres angulaires.

Si une autonomie du Nord - et non une indépendance - peut a priori ne pas être un casus belli, trouver un terrain d'entente sur la charia paraît pour l'heure impossible.

Le prochain test sera le 10 janvier: le président Compaoré a invité ce jour-là les émissaires de Bamako, d'Ansar Eddine et du MNLA à Ouagadougou pour de nouvelles discussions, a-t-on appris de source proche de la médiation. Il s'agira du second rendez-vous après les premières discussions directes qui s'étaient tenues dans la capitale burkinabè le 4 décembre 2012.

Ansar Eddine est l'un des groupes islamistes armés dominant le nord du Mali depuis juin, avec les jihadistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Tous prônent l'application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions.

Intervention militaire

Sous la pression du Burkina Faso et de l'Algérie, les deux pays médiateurs, Ansar Eddine avait annoncé fin 2012 renoncer à appliquer la charia dans tout le Mali, mais seulement dans ses zones d'influence, un périmètre qui s'agrandit peu à peu. Il avait également pris, au moins verbalement, ses distances avec Aqmi et le Mujao en rejetant le "terrorisme", et s'était dit disposé au dialogue avec Bamako.

Iyad Ag Ghaly avait annoncé jeudi que son groupe retirait son offre de cessation des hostilités, en accusant le pouvoir malien de ne pas être prêt au dialogue. Mais sans fermer la porte à de nouvelles discussions, désormais fixées à la semaine prochaine.

Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution approuvant le déploiement d'une force armée internationale au Mali pour déloger les islamistes armés, sans préciser de calendrier. L'ONU a toutefois indiqué que ce déploiement était programmé par étapes et a appelé les autorités maliennes au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du Mali.

(AFP)

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