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04/01/2013 à 12h:02
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Les blogueurs Cyriac Gbogou et Mohamed Diaby. Les blogueurs Cyriac Gbogou et Mohamed Diaby. © DR

Les réseaux sociaux ont été très utilisés pendant et après le drame survécu à Abidjan dans la nuit du 31 décembre. Deux blogueurs ont été convoqués par la police criminelle, ce vendredi 4 janvier au matin, pour examiner leur rôle dans l'animation de ces réseaux. Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou sont interrogés en ce moment pour « interférence dans le fonctionnement de l’administration et dans l’information », expliquent-ils. Ils ont été relâchés en fin de matinée.

(Mis à jour à 13h25)

3844 followers pour Mohamed Diaby, patron d’une agence web ivoirienne et « entrepreneur social ». 2338 pour Cyriac Gbogou, « community manager ». Ce sont ces deux comptes Twitter que les deux jeunes hommes ont utilisés, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, pour informer les Abidjanais sur le drame qui se déroulait sous leurs yeux.

C’est aujourd’hui ce que l’administration ivoirienne semble leur reprocher et en tous cas ce qui leur a été signifié au moment de leur arrestation pour « interférence dans le fonctionnement de l’administration et dans l’information », ce vendredi 4 janvier au matin. La police les relâchés en fin de matinée.

Avec quelques autres blogueurs, Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou s’étaient rendus, dans la matinée du 1er janvier, à la morgue de Treichville, où étaient amenées les personnes décédées suite à la bousculade survenue dans les alentours du stade Houphouët-Boigny après le feu d'artifice du Nouvela an. Avec l’aide des familles présentes, ils ont recensé les disparus, ayant pour tout matériel un ordinateur et une clé Internet. Des informations aussitôt redirigées vers les réseaux sociaux, à l’aide du hashtag #drameplateau. Très suivi, ce dernier permettra de transmettre les informations sur les blessés et de se tenir au courant de l’évolution de la situation.

Un parent de disparu lance un appel :

 

La communauté web de la capitale s'est alors mobilisée pour venir en aide aux victimes. «  Nous avons l'habitude de réagir face à ces situations, nous l'avions déjà fait lors de la crise post-électorale (de décembre 2010 à mai 2011, et qui a fait 3 000 morts, ndlr), explique Mariam Diaby, une des membres actives de cette communauté. Douze heures après le drame, il n'y avait pas de réactions au niveau du gouvernement, leur numéro vert ne fonctionnait pas. On ne pouvait pas rester sans rien faire. »

En contactant un opérateur téléphonique, l'équipe d'une dizaine d'internautes a ainsi obtenu un numéro pour que les familles puissent se renseigner. Le bouche à oreille, la diffusion sur les radios et Internet a permis de rendre visible ce numéro.

 

(la Pisam étant une clinique privée à Abidjan)

 

Les blogueurs mettent également en place un site Internet, assistance225.com, où l'on trouve la liste des blessés de la bousculade, celle des disparus et un espace où signaler les proches manquants.

«  Nous coordonnions avec les centres de santé, aidions à canaliser les flux des blessés qui arrivaient dans les hôpitaux et étions aux côtés de la cellule psychologique mise en place au CHU de Treichville », nous a expliqué Mohamed Diaby, un des plus actifs sur Twitter, hier avant son arrestation.

En possession de toutes ces informations, les blogueurs se rendaient régulièrement à la radio Jam pour diffuser les derniers bilans des blessés et des disparus.

 

 

Pendant les jours qui ont suivi, les Ivoiriens ont salué la réactivité de la communauté web sur les réseaux sociaux et en ont profité pour critiquer le manque de réactivité de l’État.

 

 

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises du drame, et les conclusions devraient être rendues publiques prochainement. Le bilan s'élève aujourd'hui à 63 morts et des centaines de blessés.

Aurélie Fontaine, à Abidjan, avec Élise Colette (@elizco)

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