Extension Factory Builder
03/01/2013 à 20:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Éric Massi, porte-parole de la rébellion centrafricaine à Paris. Éric Massi, porte-parole de la rébellion centrafricaine à Paris. © AFP

Regroupant plusieurs groupes rebelles, la coalition Séléka peine à exprimer une position claire. Symbole de ces difficultés : Éric Massi, le porte-parole de la rébellion à Paris, est sous le feu des critiques. Le commandement militaire des rebelles lui reproche ses nombreuses déclarations hasardeuses.

Coalition hétéroclite, le Séléka peine, ces derniers jours, à parler d’une seule voix. Regroupant plusieurs groupes rebelles - la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK)-, le mouvement a autant de porte-paroles que de factions. « Il est difficile de tenir une position officielle, il y a trop de personnes qui s’expriment », confie une source militaire au sein de la coalition.

La personne d'Éric Massi, porte-parole du Séléka à Paris, cristallise les difficultés rencontrées actuellement par les rebelles. Le commandement militaire des rebelles lui reproche d’avoir annoncé qu’une délégation du Séléka se rendrait aux négociations prévues à Libreville, alors que le mouvement n’avait pas encore arrêté de décision.

« J'ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d'aujourd'hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville (Gabon) pour trouver une solution politique », a déclaré Éric Massi, le 2 janvier. « Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise mais une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu », avait-il ajouté. Quelques heures plus tard, Armel Sayo, un des chefs militaires de la rébellion, assurait sur TV5 Monde qu’il était « hors de question que le Séléka puisse prendre part à ces discussions. Nous allons mener une lutte et nous irons jusqu’au bout. »

Éric Massi sur la sellette ?

C’est surtout la tonalité de ses déclarations qui a agacé le commandement militaire. « Nous l’avons mis là où il est et maintenant il dit que c’est lui qui nous commande, s’insurge la source au sein du Séléka. Il est seulement porte-parole depuis le 12 décembre. S’il ne change pas d’attitude, ses jours au sein de la rébellion sont comptés. »

Éric Massi est le beau-fils du médecin militaire Charles Massi, ancien député et ministre, mort en janvier 2010, probablement sous la torture, quelques semaines après avoir été arrêté à la frontière avec le Tchad et livré aux autorités centrafricaines. Sa mère, Denise Neris-Massi, une Franco-Centrafricaine, seconde épouse de l’homme politique, est morte de chagrin, trois mois après la perte de son mari.

_____________

Vincent Duhem (@vincentduhem)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Tchad - Centrafrique : normalisation en cours

Tchad - Centrafrique : normalisation en cours

Les signes de la normalisation des relations entre la Centrafrique de Catherine Samba-Panza et le Tchad de Idriss Déby Itno se multiplient.[...]

Centrafrique : la Minusca prend officiellement le relais de la Misca

La Minusca commence à se déployer officiellement en Centrafrique ce lundi. La mission onusienne remplace la mission africaine dans le pays et devra compter à terme quelque 12 000 hommes.[...]

Centrafrique : le pape demande que la violence cède le pas au dialogue

Le pape François a demandé dimanche que "la violence cède le pas au dialogue" en Centrafrique afin de protéger les populations civiles, à la veille du déploiement de la mission[...]

Photojournalistes : à leurs risques et périls

Comment témoigner du drame centrafricain ? À l'occasion du festival Visa pour l'image, à Perpignan, trois expositions illustrent un quotidien secoué par les violences interreligieuses. Et[...]

Centrafrique : N'Guendet et son agenda caché

Le président du Parlement de transition centrafricain, Alexandre-Ferdinand N'Guendet, est entré en guerre ouverte avec la présidente de transition, Catherine Samba-Panza[...]

Mobutu, Bédié, Ben Ali... Ces chefs d'État africains qui ont fui leurs palais

Délogés par des coups d'État, des rébellions ou des révolutions, de nombreux chefs d'État africains ont définitivement quitté leurs palais dans des conditions parfois[...]

France - Congo : Yamina Benguigui médiatrice pour la Centrafrique

Proche de Catherine Samba-Panza, Yamina Benguigui a été invitée par Denis Sassou Nguesso à lui donner un coup de main dans les négociations sur la crise centrafricaine.[...]

La Centrafrique, championne du monde des missions de l'ONU

À quelques jours du déploiement de la Minusca, beaucoup d'observateurs espèrent que cette énième mission de l'ONU en Centrafrique - qui en compte plus d'une dizaine ces dernières[...]

Centrafrique : la Séléka exclut ses membres entrés au gouvernement

L'ex-rébellion Séléka a annoncé lundi qu'elle excluait les ministres du nouveau gouvernement issus de ses rangs. Les leaders de l'ex-coalition qui contestent la composition du gouvernement formé[...]

Centrafrique : le vrai bilan de la bataille du PK5

Le bilan des affrontements dans le quartier PK5, qui se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 août à Bangui, serait plus lourd que les cinq morts évoqués.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex