Le gouvernement ivoirien a promis mercredi 2 janvier que l'enquête sur la bousculade d'Abidjan, qui a fait 63 morts la nuit de la Saint-Sylvestre, serait bouclée d'ici à la fin de semaine. Dans la capitale économique ivoirienne, le drame est encore dans toutes les têtes et la polémique enfle sur le dispositif de sécurité.
Le dernier bilan officiel de la bousculade d'Abidjan fait état de 63 morts - dont de nombreux jeunes - et de 48 blessés. Le drame est survenu dans la nuit du réveillon, pendant qu'une foule immense de spectateurs quittait le quartier administratif du Plateau (centre) après avoir assisté aux feux d'artifice de la Saint-Sylvestre.
Au premier jour d'un deuil national de trois jours décrété par le président Alassane Ouattara, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a réuni mercredi la cellule de crise mise en place après l'accident.
« L'enquête, y compris les autopsies, va se faire dans les 72 heures et ses conclusions seront communiquées aussitôt », a-t-il déclaré à la sortie.
« Cette enquête doit permettre de tirer les leçons », a-t-il par ailleurs souligné sur Radio France Internationale (RFI). Il a jugé qu'il n'y avait pas du tout eu de manquement à la sécurité lors des festivités du nouvel an, qui ont drainé entre deux et trois millions de personnes dans les rues de la capitale économique de Côte d'Ivoire. Selon les autorités ivoiriennes, les familles des victimes et les blessés seront pris en charge.
Incertitude
Des familles continuaient mercredi à se rendre à la morgue d'Abidjan, en quête d'un parent disparu. De leur côté, les pouvoirs publics poursuivaient l'identification des victimes.
Sur les lieux de l'accident, des gerbes de fleurs ont été déposées au pied d'un arbre en mémoire des morts. Une affichette fixée sur le tronc était dédiée aux victimes et une autre disait « rest in peace » (« reposez en paix »).
L'origine du drame reste encore incertaine. Selon la police, la bousculade a été produite par la rencontre de deux flots de spectateurs se dirigeant en sens contraire après les feux d'artifice.
Certains témoins ont fait état de la présence de perturbateurs dans la foule, et d'autres ont évoqué la chute de victimes dans une fosse creusée sur le site d'un chantier voisin. Le gouvernement a reconnu la présence de troncs d'arbres par terre et un éclairage insuffisant sur le site.
"Des têtes doivent tomber"
La presse ivoirienne a pointé les responsabilités des autorités et des parents des jeunes victimes. « Des mesures particulières de sécurité auraient dû être prises », a écrit le quotidien indépendant Soir-Info, insistant aussi sur la lenteur des secours. Soulignant qu'au moins 16 fillettes figurent parmi les morts, le quotidien d'État Fraternité-Matin a quant à lui dénoncé « l'irresponsabilité fatale des parents qui ont laissé leurs enfants sortir ».
Alors que L'Intelligent d'Abidjan (indépendant) a souhaité une enquête impartiale, la presse d'opposition, proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, a réclamé des sanctions. « Dans un pays normal le ministre de l'Intérieur devrait rendre sa démission et les principaux organisateurs (être) poursuivis. Mais ce ne sera pas le cas. Dommage ! », a commenté Notre Voie. « Des têtes doivent tomber », a approuvé Le Temps, autre journal pro-Gbagbo.
Le chef de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), Bert Koenders, a « regretté cet incident tragique qui endeuille le pays au commencement de 2013, une année porteuse de grands espoirs de consolidation de la paix, de réconciliation, d'apaisement politique, de relance économique et de mieux-être pour tous ».
(Avec AFP)

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