Extension Factory Builder
28/12/2012 à 17:18
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jacob Zuma à Bloemfontein, le 16 décembre 2012. Jacob Zuma à Bloemfontein, le 16 décembre 2012. © AFP Archives

Posséder un chien serait propre à la culture blanche et ne serait pas africain. C'est en tous cas ce que prétend Jacob Zuma, le chef de l'État sud-africain. Débat.

Vingt ans après la fin de l’apartheid, le débat sur la culture africaine continue d’émouvoir régulièrement les Sud-Africains. Même quand il ne s’agit que d’une histoire de chiens.

Jacob Zuma, l’actuel chef de l’État, revendique sans ambiguïté ses prises de positions traditionnalistes et se pose en ardent promoteur de la culture africaine. Souvent délibérément, parfois maladroitement, mais en déclenchant toujours des débats animés chez ses concitoyens.

Dans un discours qu’il a tenu le 26 décembre à Impendle, dans sa région natale du KwaZulu Natal, Zuma s’en est pris, cette fois-ci… aux chiens. C’était le premier discours public qu’il donnait depuis sa réélection à la tête du Congrès national africain (ANC) et il s’exprimait sur la nécessité de « décoloniser les esprits ». Prenant l’exemple de la volonté de certains Noirs, dans son pays, de vouloir posséder un chien, il a estimé que ce souhait revenait à vouloir imiter les Blancs. Promener son toutou et payer pour des soins vétérinaires feraient, selon Zuma, partie de la « culture blanche ». Il a fait resurgir l’image – familière dans l’inconscient collectif des Sud-Africains – d’un homme conduisant son pick-up avec un chien assis à l’abri à ses côtés, tandis qu’un ouvrier noir frissonne dans l’hiver austral, à l’arrière du camion.

Décoloniser les esprits

Dès le lendemain, quelques journaux se sont émus de cette distinction raciale et du discrédit jeté par le président sur les propriétaires de chiens. Twitter, Facebook… les Sud-Africains se sont emparés du sujet sur les réseaux sociaux. Face à la polémique, la présidence s’est fendue d’un communiqué, expliquant que Zuma avait surtout voulu rappeler à ses concitoyens que l’amour porté aux êtres humains devait passer avant l’attention accordée à un animal de compagnie. Souvent citée comme l'une des sociétés les plus violentes au monde, l'Afrique du Sud continue de déplorer un taux de criminalité très élevé et des viols de femmes âgées ont récemment marqué les esprits, incitant les autorités à vouloir moraliser le pays.

« Le président a souligné la nécessité de préserver ce qui était bon dans certaines cultures et de ne pas adopter des pratiques qui nuisent à la construction d’une société africaine solidaire », précise Mac Maharaj, le porte-parole de la présidence dans son communiqué. « Il est malheureux que les journalistes aient choisi de rapporter les propos du président en en faisant un problème plutôt qu’en essayant de promouvoir un débat sur la décolonisation des esprits, comme un moyen de réconcilier et reconstruire la nation. »

Photo de Mandela, qui circule sur Twitter depuis le début de la polémique déclenchée par les pro

Photo de Mandela, qui circule sur Twitter depuis le début de la polémique.

Certaines personnalités se sont invitées dans le débat, comme le célèbre écrivain sud-africain Zakes Mda. En relayant sur Twitter une photo de Mandela prise par Alf Kumalo, où le père de la nation arc-en-ciel pose avec un grand chien blanc, manifestement heureux, Mda écrit : « Il y a plusieurs manières d’être africain. D’être noir, même. Ceux qui aiment les animaux ne sont pas mois Africain/noir que ceux qui ne les aiment pas. »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique du sud

Afrique du Sud : les dates-clés du procès d'Oscar Pistorius

Afrique du Sud : les dates-clés du procès d'Oscar Pistorius

Pendant cinq mois, le procès d'Oscar Pistorius a fait la une des journaux. Accusé d'avoir tué sa petite-amie Reeva Steenkamp le soir de la Saint-Valentin 2013, le champion paralympique sera fixé sur son[...]

Ces magnats africains qui dament le pion aux multinationales

Ils ont mis en place des services, une production et une distribution locale : une poignée d'hommes d'affaires dominent leur marché et partent à la conquête du continent.[...]

Afrique du Sud : Sandton, au paradis des nantis...

Bienvenue à Sandton, banlieue huppée de Johannesburg. Les prix de l'immobilier y sont les plus élevés d'Afrique, et les boutiques y proposent les marques les plus chères. Pauvres[...]

Afrique du Sud : Carin Smuts, guérir la société à travers l'architecture

L'architecte sud-africaine Carin Smuts, adepte des solutions "locales", conçoît des projets dont la finalité dépasse la simple construction. Il y est question d'humanisme, de réinsertion[...]

Afrique du Sud : Joburg Art Fair, la création en toute liberté

La foire d'art contemporain de Johannesburg, la Joburg Art Fair, s'est ouverte jeudi pour trois journées d'expositions. L'occasion pour les artistes africains de révéler aux collectionneurs le potentiel de la[...]

Gaza : ce que le Sud-Africain Desmond Tutu a dit à Israël

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix en 1984, appuie sa plume là où ça fait mal. Pourfendeur de la guerre à Gaza, il a signé une tribune dans le quotidien[...]

Ebola : l'Afrique du Sud ferme ses frontières avec la Guinée, le Sierra Leone et le Liberia

Les pays africains prennent progressivement des mesures contre l'épidémie d'Ebola en cours en Afrique de l'Ouest. Jeudi, l'Afrique du Sud a ainsi déclaré qu'elle fermait ses frontières avec la[...]

BRICS : tous pour un, mais lequel ?

S'estimant mal représentés dans les institutions de Bretton Woods, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud ont créé leur propre banque de développement. Mais[...]

Afrique du Sud : deux ans après, hommage aux mineurs tués à Marikana

Plusieurs milliers de mineurs sud-africains se sont retrouvés à la mine de platine de Marikana en hommage aux 34 grévistes qui y ont été abattus par la police il y a deux ans. Le massacre du 16[...]

Afrique du Sud : deux ans après, les veuves de Marikana réclament toujours justice

Deux ans après la mort de 34 grévistes abattus par la police sud-africaine à la mine de platine de Marikana, dans le nord, les veuves des victimes attendent toujours des réponses: comment, et[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex