Extension Factory Builder
21/12/2012 à 18:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le sénateur John Kerry le 20 décembre 2012 à Washington. Le sénateur John Kerry le 20 décembre 2012 à Washington. © AFP

Le sénateur John Kerry va être nommé vendredi 21 décembre à la tête du département d'État par le président américain Barack Obama. Il succède à Hillary Clinton.

Le bruit de la nomination de John Kerry au poste de secrétaire d'État par Barack Obama circulait depuis plusieurs jours. La rumeur s'est renforcée un peu plus, lorsque Susan Rice, ambassadrice américaine à l'ONU, a annoncé, le 13 décembre, qu'elle renonçait à briguer le poste de chef de la diplomatie de la première puissance mondiale.

Le président a prévu une « annonce sur le personnel » à 13h30 (18h30 GMT) à la Maison Blanche, a précisé l'exécutif américain dans une mise à jour du programme de Barack Obama.

Candidat malheureux à la présidence américaine en 2004 contre George W. Bush, John Kerry, héros décoré du Vietnam avant de devenir militant anti-guerre, sénateur démocrate du Massachusetts (Nord-Est) depuis 1985, vient d'avoir 69 ans.

En tant que chef depuis quatre ans de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat où il a succédé à l'actuel vice-président Joe Biden, il possède déjà une solide expérience des dossiers diplomatiques et a servi d'émissaire à Barack Obama sur des dossiers sensibles, notamment au Pakistan.

Attentat de Benghazi

Susan Rice, proche de Obama, avait été visée par des critiques acerbes d'élus républicains pour ses prises de position après l'attentat de Benghazi (Libye) qui avait coûté la vie, le 11 septembre dernier, à quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens.

Elle avait affirmé, le 16 septembre, à la télévision que cette attaque n'était « pas forcément un attentat terroriste », mais résultait plutôt d'une « manifestation spontanée ayant dégénéré ». Depuis, l'administration a reconnu que l'attaque avait été planifiée.

Les élus soupçonnaient Susan Rice et la Maison Blanche d'avoir délibérément cherché à tromper les Américains sur le caractère terroriste de cette attaque, pour ne pas ternir le bilan de Barack Obama, quelques semaines avant l'élection présidentielle du 6 novembre - qu'il a finalement remportée.

Parmi ces responsables figuraient les sénateurs John McCain et Lindsey Graham, d'influents parlementaires qui avaient le pouvoir de bloquer la nomination de Susan Rice.

Les nominations aux postes gouvernementaux américains sont en effet soumises à la confirmation du Sénat, chambre où les alliés démocrates de Barack Obama disposent d'une majorité simple, mais pas de la majorité qualifiée nécessaire pour bloquer une obstruction éventuelle de l'opposition.

Candidat consensuel

À ce titre, John Kerry, avec sa longue expérience au Capitole, est considéré comme un candidat bien plus consensuel que Susan Rice à la succession de Hillary Clinton.

Cette dernière, après quatre années passées à diriger la diplomatie américaine à un rythme effréné, a dit vouloir prendre du champ, même si son nom est sur toutes les lèvres à Washington pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2016.

Outre Susan Clinton, plusieurs ministres de premier plan de Barack Obama ont fait part de leur volonté de ne pas servir sous son second mandat qui commencera le 20 janvier : le secrétaire au Trésor Timothy Geithner est donné partant, tout comme Leon Panetta, le secrétaire à la Défense.

À ce dernier poste, le président américain envisagerait de nommer un ancien parlementaire de la même génération que John Kerry, et lui aussi ancien combattant décoré du Vietnam : l'ex-sénateur républicain du Nebraska (centre) Chuck Hagel, 66 ans.

L'appartenance de Chuck Hagel au parti républicain pourrait faciliter la validation de sa nomination par ses anciens collègues du Sénat, même si ce modéré n'a pas toujours épousé les thèses dominantes de son parti en matière de politique étrangère, critiquant notamment la stratégie de l'ancien président George W. Bush en Irak et marquant sa différence sur le dossier israélien.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Des chefs d’Etat étrangers, qui plus est des amis de la France, écoutés dans le cadre d’investigations judiciaires ? Voilà qui, d’un point de vue diplomatique, et même si [...]

François Durpaire : "La commémoration de la fin de l'esclavage est l'affaire de tous"

François Durpaire est historien, membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.[...]

Birmanie : les nouveaux boat people

Plus d'un million de Rohingyas, musulmans, sont privés de tout droit et confinés dans des camps de déplacés dans des conditions déplorables. Leur seul espoir ? Fuir par la mer. Au[...]

Niger - Putsch de Seyni Kountché : et si la France n'y était pour rien ?

On croyait tout savoir de la chute du président Diori, en 1974. Mais des archives encore confidentielles suggèrent que le putschiste Seyni Kountché a pris tout le monde de court. Y compris Paris.[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

"Princess of North Sudan" : Disney accusé de glorifier le colonialisme

Le prochain Disney, encore dans les cartons, s'appuie sur l'histoire vraie d'un Américain venu planter l'étendard familial dans le nord du Soudan pour faire de sa fille une "princesse"... Au mépris[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Chine-Taïwan : nuages noirs sur le détroit

À huit mois d'une élection présidentielle à haut risque, la poignée de main très médiatisée entre Xi Jinping et Eric Chu Li-luan ne doit pas faire illusion :[...]

Génocide des Tutsis au Rwanda : déjà condamné en Allemagne, Rwabukombe sera rejugé

L'ancien maire rwandais Onesphore Rwabukombe, condamné l'an passé pour "complicité" dans le génocide des Tutsis en 1994, encourt désormais la perpétuité. Il est[...]

Union européenne : Brexit* or not Brexit ?

Après son succès aux législatives du 7 mai, David Cameron va devoir organiser l'an prochain un référendum sur l'éventuel retrait de son pays de l'Union européenne.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers