Le sénateur John Kerry va être nommé vendredi 21 décembre à la tête du département d'État par le président américain Barack Obama. Il succède à Hillary Clinton.
Le bruit de la nomination de John Kerry au poste de secrétaire d'État par Barack Obama circulait depuis plusieurs jours. La rumeur s'est renforcée un peu plus, lorsque Susan Rice, ambassadrice américaine à l'ONU, a annoncé, le 13 décembre, qu'elle renonçait à briguer le poste de chef de la diplomatie de la première puissance mondiale.
Le président a prévu une « annonce sur le personnel » à 13h30 (18h30 GMT) à la Maison Blanche, a précisé l'exécutif américain dans une mise à jour du programme de Barack Obama.
Candidat malheureux à la présidence américaine en 2004 contre George W. Bush, John Kerry, héros décoré du Vietnam avant de devenir militant anti-guerre, sénateur démocrate du Massachusetts (Nord-Est) depuis 1985, vient d'avoir 69 ans.
En tant que chef depuis quatre ans de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat où il a succédé à l'actuel vice-président Joe Biden, il possède déjà une solide expérience des dossiers diplomatiques et a servi d'émissaire à Barack Obama sur des dossiers sensibles, notamment au Pakistan.
Attentat de Benghazi
Susan Rice, proche de Obama, avait été visée par des critiques acerbes d'élus républicains pour ses prises de position après l'attentat de Benghazi (Libye) qui avait coûté la vie, le 11 septembre dernier, à quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens.
Elle avait affirmé, le 16 septembre, à la télévision que cette attaque n'était « pas forcément un attentat terroriste », mais résultait plutôt d'une « manifestation spontanée ayant dégénéré ». Depuis, l'administration a reconnu que l'attaque avait été planifiée.
Les élus soupçonnaient Susan Rice et la Maison Blanche d'avoir délibérément cherché à tromper les Américains sur le caractère terroriste de cette attaque, pour ne pas ternir le bilan de Barack Obama, quelques semaines avant l'élection présidentielle du 6 novembre - qu'il a finalement remportée.
Parmi ces responsables figuraient les sénateurs John McCain et Lindsey Graham, d'influents parlementaires qui avaient le pouvoir de bloquer la nomination de Susan Rice.
Les nominations aux postes gouvernementaux américains sont en effet soumises à la confirmation du Sénat, chambre où les alliés démocrates de Barack Obama disposent d'une majorité simple, mais pas de la majorité qualifiée nécessaire pour bloquer une obstruction éventuelle de l'opposition.
Candidat consensuel
À ce titre, John Kerry, avec sa longue expérience au Capitole, est considéré comme un candidat bien plus consensuel que Susan Rice à la succession de Hillary Clinton.
Cette dernière, après quatre années passées à diriger la diplomatie américaine à un rythme effréné, a dit vouloir prendre du champ, même si son nom est sur toutes les lèvres à Washington pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2016.
Outre Susan Clinton, plusieurs ministres de premier plan de Barack Obama ont fait part de leur volonté de ne pas servir sous son second mandat qui commencera le 20 janvier : le secrétaire au Trésor Timothy Geithner est donné partant, tout comme Leon Panetta, le secrétaire à la Défense.
À ce dernier poste, le président américain envisagerait de nommer un ancien parlementaire de la même génération que John Kerry, et lui aussi ancien combattant décoré du Vietnam : l'ex-sénateur républicain du Nebraska (centre) Chuck Hagel, 66 ans.
L'appartenance de Chuck Hagel au parti républicain pourrait faciliter la validation de sa nomination par ses anciens collègues du Sénat, même si ce modéré n'a pas toujours épousé les thèses dominantes de son parti en matière de politique étrangère, critiquant notamment la stratégie de l'ancien président George W. Bush en Irak et marquant sa différence sur le dossier israélien.
(Avec AFP)

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