Le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le 24 octobre 2012 à Accra, au Ghana.
© AFP/Stephen Kwabena Effah
La justice ghanéenne doit se prononcer, jeudi 20 décembre, sur la demande d’extradition du porte-parole de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, formulée par la Côte d’Ivoire. À moins d'un nouveau report...
Après quatre mois de procédure judiciaire, l’affaire Justin Kone Katinan toucherait-elle à sa fin ? La justice du Ghana doit se prononcer, jeudi 20 décembre, sur la demande d’extradition du porte-parole de Laurent Gbagbo, requête formulée par la Côte d’Ivoire. L'audience avait été plusieurs fois reportée.
Selon un de ses proches, à Accra, « Gbagbo Boy » est « serein » et espère « retrouver rapidement la plénitude de ses moyens ». Il a préparé son audience avec son avocat ghanéen, Me Patrick Sogbodjor et Me Lucie Bourthoumieux. Sûrs que « la partie ivoirienne n’a pas pu apporter les preuves », les pro-Gbagbo exilés à Accra se veulent « confiants ».
« On ne croit pas une seconde à une extradition. Tout ce qu’on lui reproche n’est qu’une manipulation. Nous croyons en la justice ghanéenne », assure Damana Pickass, président de la Coalition des patriotes ivoiriens en exil (Copie), à Accra. Le 7 novembre, le Tribunal du district d’Osu (un quartier d’Accra) avait repoussé l’affaire au 20 décembre. Le juge Aboagye Tandoh avait expliqué avoir besoin de plus de temps pour étudier le dossier.
"Manque de preuve"
« Ce n'est pas une tâche facile, il faut prendre son temps. Nous espérons que d'ici au 20 décembre, quand nous nous reverrons ici, tous les documents auront été déposés », avait déclaré le magistrat ghanéen. La défense de Katinan avait alors estimé que « ces délais continuels dans l'examen de la procédure d'extradition » constituaient une atteinte aux droits de son client. Pour Me Patrick Sogbodjor, les reports de l’audience sont la conséquence du « manque de preuve » du ministère public ivoirien.
Arrêté à Accra le 24 août 2012 alors qu’il revenait d’un voyage en Afrique du Sud, Justin Koné Katinan a passé plusieurs semaines en détention, avant d’être provisoirement remis en liberté sous caution, le 25 septembre 2012, puis de nouveau arrêté à la suite d'un nouveau mandat ivoirien l'accusant de meurtre. Au grand dam des autorités ivoiriennes, il avait été une nouvelle fois libéré sous caution le 24 octobre, la justice ghanéenne estimant ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtre. « Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana », avait demandé le juge Ali Baba Bature.
En exil depuis 18 mois, l’ancien ministre du Budget de l’ex-chef de l’État ivoirien est également poursuivi par le gouvernement de son pays pour « crimes économiques ». Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international mais bénéficie au Ghana d’un statut de réfugié politique. Devant l’insistance d’Abidjan, les autorités ghanéennes se sont toujours réfugiées derrière l’indépendance de leur justice. Reste que la décision du tribunal d’Osu aura, sans aucun doute, des répercussions sur les relations entre les deux voisins.
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Vincent Duhem (@vincentduhem)

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