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19/12/2012 à 09:02
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Un rebelle centrafricain dans le nord du pays, le 13 juillet 2007. Un rebelle centrafricain dans le nord du pays, le 13 juillet 2007. © AFP/Archives - Lionel Healing

Après les attaques sur Ndélé (nord) la semaine dernière et la prise de Bria (centre) mardi, les rebelles de la coalition Séléka ("alliance", en songo), regroupant plusieurs factions (CPSK-CPJP-UFDR), se sont emparés de la ville de Kabo (nord), mercredi 19 décembre. Une avancée qui a conduit le président centrafricain, François Bozizé, à faire appel à son fidèle allié, le Tchad du président Idriss Deby Itno.

Mis à jour le 19/12/12 à 11H50

Cinq ans près les accords de paix signés à Birao, le régime du président centrafricain François Bozizé est ébranlé par les rebelles de la coalition Séléka. Regroupant plusieurs factions (CPSK-CPJP-UFDR), le Séléka (« alliance », en songo) ont pris mercredi 19 décembre la ville de Kabo (nord) à 350 km de Bangui après la capture de Bria (centre) la veille, a appris l'AFP de sources militaires et rebelles.

Les « assaillants ont coupé toutes les liaisons téléphoniques avec Kabo (...) qu'ils contrôlent désormais », a indiqué une source militaire centrafricaine et le « colonel » rebelle Djouma Narkoyo a assuré que ses hommes « contrôlent » Kabo et « progressent" vers Batangafo», au sud de Kabo.

Les rebelles s’étaient emparés de la ville minière de Bria (centre), mardi 18 décembre à l'aube. D'après le Haut-Commandement militaire, ils se sont livrés « à des pillages de magasins et [étaient] suivis par certains habitants qui profitent des pillages ». Après les attaques sur Ndélé (nord) la semaine dernière, la prise de cette ville de 30 000 habitants dans la principale zone diamantifère du centre du pays, et base des Force armées centrafricaines (FACA), est un nouveau symbole fort. La Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax) issue de la Force multinationale de l'Afrique centrale (Fomac) disposait à Bria d'une base qu'elle a rétrocédée aux FACA en juin et juillet.

Selon des sources militaires concordantes citées par l’AFP, l'armée régulière « a opéré un repli » et « la plupart des éléments des FACA ont été aperçus fuyant en direction de Bambari » (centre sud), place forte de l'armée. « Bozizé ne gouverne que sur Bangui et le sud », estimait récemment un diplomate occidental. En huit jours les rebelles sont entrés dans plusieurs localités du nord, nord-est puis du centre du pays : Ndélé, Sam Ouandja, Ouadda, Bamingui puis Bria.

Ancienne alliance

Cette avancée rebelle a conduit le président François Bozizé à faire appel son fidèle allié, le Tchad du président Idriss Deby. « Des éléments de l'armée de terre tchadienne, lourdement armés à bord d'une vingtaine de véhicules, sont arrivés en milieu d'après-midi à Kaga Bandoro (centre) », selon une source militaire centrafricaine. De même source, ils « ont pour mission de renforcer les forces armées centrafricaines dans la contre-attaque pour reconquérir les villes tombées aux mains des rebelles ». Le chef de l'État centrafricain « était attendu en début de soirée à Kaga Bandoro pour saluer les troupes alliées avant leur départ vers les zones occupées », de même source.

Idriss Déby Itno a retiré ses éléments attachés à la garde présidentielle du président Bozizé, mais compte maintenir ses soldats dans la Micopax.

Les soldats tchadiens avaient déjà aidé Bozizé lors de sa prise de pouvoir à Bangui, en 2003, et étaient intervenus pour expulser les rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) de Birao, capitale du nord, fin 2010. Lors de son entretien avec le président français François Hollande, Idriss Deby Into s’est montré inquiet de l’évolution sécuritaire en Centrafrique. Si le président tchadien a retiré ses éléments attachés à la garde présidentielle du président Bozizé, il compte maintenir ses soldats dans la Micopax.

Accords de paix

La coalition Séléka a été créée en août par une aile dissidente de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), auteur de plusieurs attaques au nord de Bangui depuis septembre, et la Convention patriotique pour le salut wa kodro (CPSK) du "général" Dhaffane Mohamed Moussa. La faction dissidente de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) à l'origine des violents combats qui ont lieu à Ndelé depuis le 10 décembre, vient également d'y adhérer.

Le Séléka menace de renverser le gouvernement du président François Bozizé, en exigeant « le respect » de différents accords de paix signés entre 2007 et 2011. Ces accords prévoyaient notamment le désarmement et la réinsertion des combattants, mais un de ses membres a récemment souligné que « rien n'a été fait pour (les) sortir de la misère ».

(Avec AFP)
 

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