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18/12/2012 à 14h:53
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Dans un centre de santé, en 2008 au Sénégal. Dans un centre de santé, en 2008 au Sénégal. © Marie-Agnes Heine/OMS

Le dernier rapport de l'OMS sur la santé des femmes africaines a été lancé à Monrovia par la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf, le 17 décembre. Le continent possède la mortalité maternelle la plus élevée du monde, ce qui grève considérablement son développement.

La présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf, a dévoilé, lundi 17 décembre au City Hall de Monrovia, le nouveau rapport 2012 sur la santé des Femmes en Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Réalisée par les 16 experts africains de la Commission de la santé de la femme dans la région africaine, dont Ellen Johnson-Sirleaf est la présidente honoraire, l’étude met d’abord en avant le niveau encore très élevé de la mortalité maternelle en Afrique Subsaharienne.

« J’invite tous les gouvernements à intensifier leur engagement et leur détermination à accélérer la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, en tant que droit fondamental à la vie et au développement », a déclaré la présidente libérienne, dont le leadership sur les questions de santé concernant l’Afrique a été plusieurs fois salué. De fait, le continent représente plus de la moitié des cas de mortalité maternelle dans le monde.

En Afrique, 1 femme sur 42 risque de mourir lors de l’accouchement contre 1 sur 2 900 en Europe. Rappelant que « l’amélioration de la santé maternelle », est un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) - qui arrivent à échéance en 2015 - la présidente libérienne a appelé la communauté internationale à s’accorder sur « un agenda mondial qui succèdera aux OMD et s’appuiera sur leurs réalisations ».

En bas du tableau

« Ce n’est pas un rapport de plus, c’est « Le » tout dernier rapport concernant la santé des femmes en Afrique, élaboré sur des bases scientifiques et pertinentes », a expliqué le Dr Luis G. Sambo, directeur Afrique de l’OMS aux nombreux journalistes présents. Avant d’ajouter : « La région africaine a les pires indicateurs concernant la mortalité maternelle et cela crée des difficultés, non seulement aux femmes mais à l’ensemble des pays, car les femmes ont un rôle très important dans le développement économique. » 

Les pays les plus touchés par le paludisme sont la République démocratique du Congo (RDC) et le Nigeria.

Lors de cette cérémonie très officielle, où représentants de l’OMS, diplomates et membres du gouvernement libériens étaient venus en nombre, a aussi été présenté le rapport 2012 de l’OMS sur le paludisme dans le monde. « Il présente des données encourageantes mais le chemin à parcourir est encore long » a noté Ellen Jonhson-Sirleaf, qui préside également l'Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (Alma). Selon l’OMS, en 2010, près de « 174 millions de cas et 596 000 décès » liés à cette maladie ont été répertoriés en Afrique. Les pays les plus touchés étant la République démocratique du Congo (RDC) et le Nigeria. 

Baisse des financements

Si dans son rapport, l’organisation internationale se réjouit du nombre de vies sauvées grâce à la lutte antipaludéenne – 1,2 million dans le monde sur dix ans -, elle pointe néanmoins la baisse des financements et s’inquiète des perspectives pour les années à venir. L’OMS estime avoir besoin de 5,1 milliards de dollars chaque année, jusqu’en 2020, pour atteindre l’objectif d’accès universel aux soins antipaludiques. Mais elle ne dispose actuellement que de 2,3 milliards de dollars par an, soit la moitié.

La tendance est similaire pour les moustiquaires imprégnées d’insecticides : si 150 millions ont été distribuées en 2010, le chiffre est tombé à 66 millions en 2012. Joy Phumaphi, directrice exécutive de l’Alma a pour sa part conclu : « Un vaccin doit être trouvé à long terme... mais pour le moment il faut maintenir tous les financements de la lutte contre le paludisme. Cela est primordial pour rétablir la confiance, car rappelons-le, l’échec n’est pas une option. »

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Par Haby Niakaté, envoyée spéciale à Monrovia

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