Depuis son césar pour son rôle dans "Intouchables", Omar Sy est omniprésent dans les médias. Pourtant, alors même qu’il est en pleine promotion de son dernier film, "De l’autre côté du périh", de nombreux journaux, notamment panafricains, peinent à obtenir des interviews. François Durpaire, spécialiste de la diversité culturelle, analyse le rapport des stars de la diversité aux médias, tout en invitant à une certaine indulgence.
Peut-on dire des stars issues de la diversité qu’ils prennent facilement la grosse tête ?
François Durpaire (en photo ci-dessous) : Il faut tenir compte du contexte et de l’entourage. En France, il est difficile de percer dans le milieu artistique. Cela l’est encore davantage pour les jeunes issus de l’immigration. Omar Sy et Jamel Debbouze, par exemple, appartiennent à une génération passée par l’humour pour atteindre la notoriété. Et cette performance mérite d’autant plus d’être saluée que l’humour est particulièrement clivant, la société française ayant peu l’occasion de partager les mêmes centres d’intérêt. Il serait donc malencontreux, pour quiconque réussit ce tour de force de rassembler au-delà de son propre « camp », de donner l’impression de s’enfermer dans une communauté, de se laisser réduire à ses seules origines, catalogué comme artiste noir, maghrébin ou issu des quartiers.
À la décharge de ces célébrités, on dira qu’ils se sentent acculés de toutes parts, parfois pris en otage par leurs producteurs, qui veillent au grain, les rendant pratiquement inaccessibles. D’ailleurs, pourquoi un artiste issu des quartiers devrait-il forcément être accessible ? Cette interrogation renvoie aussi à la gestion de la réussite au sein de ces communautés. La question de l’accessibilité se pose-t-elle pour un Vincent Cassel, par exemple ? Je ne crois pas. Dans tous les domaines, les stars sont forcément difficiles à approcher.
Mais ils sont très attendus par les leurs, qui redoutent de les voir se détourner de certaines causes.
Dans l’idéal, il faudrait qu’ils soient tous plus présents pour les causes liées à la diversité. Mais les artistes n’ont pas nécessairement vocation à être des militants. Quand ils décident de l’être, c’est à eux de choisir la cause à défendre. Zinedine Zidane s’engage pour les enfants malades ? C’est son droit. On est dans un monde globalisé et universel, où chacun se positionne par rapport à sa propre histoire.
Mais il y a aussi le désir de fuir certains discours ?
Comme nombre de citoyens français d’origine africaine, les célébrités de la diversité se laissent quelquefois piéger par des discours anti communautaristes et stigmatisants. Ils se présentent comme républicains, fuyant les communautarismes alors même que se mettent en place, juste en face, des lobbies divers. Les artistes eux aussi doivent avoir leur mot à dire dans le choix des médias qui les interrogent. Lorsque leur entourage leur fournit la liste des médias dans lesquels ils sont censés intervenir, c’est à eux de signaler ceux qu’il ne faut surtout pas oublier. Mais la presse doit aussi trouver les moyens d’arriver à ses fins. C’est aussi aux médias panafricains d’adopter des stratégies pour s’imposer.
___
Propos recueillis par Clarisse Juompan-Yakam

Dlamini-Zuma place le sommet des 50 ans de l'UA sous le signe du "panafricanisme"
Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce
RDC : arrivée de Ban Ki-moon en pleine reprise des combats au Kivu







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Le responsable aux relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (d), le 9 juin 2012 à Ougadougou
L'entraîneur du Mali Patrice Carteron, lors d'une conférence de presse pendant la CAN, le 8 février 2013 à Port Elizabeth
Un homme court sous la pluie, le 27 novembre 2007 Ã Astawali dans la banlieue ouest d'Alger
Deux casques bleus de la mission des Nations unies en RDC observent aux jumelles les déplacements de rebelles du M23, le 18 novembre 2012
Des milliers de Congolais fuient les combats entre l'armée et la rébellion, près de Sake et Goma, le 22 novembre 2012
Ban Ki-moon (g) en compagnie du président congolais Joseph Kabila (c) et du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, à Kinshsa, le 22 mai 2013
Jean-François Delfraissy, directeur général de l'Agence national de recherche sur le sida, le 24 septembre 2009 à Paris
Des chercheurs réunis, le 21 mai 2013 à l'Institut Pasteur de Paris, pour les 30 ans de la découverte du VIH











