Extension Factory Builder
13/12/2012 à 19:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Amadou Haya Sanogo et Cheick Modibo Diarra. Amadou Haya Sanogo et Cheick Modibo Diarra. © AFP/Montage J.A.

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a souligné que la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, sous la pression de l’armée, était due à une crise ouverte entre eux deux. Mais en réalité, dans cette affaire, le capitaine Sanogo jouait lui aussi sa survie politique. Explications.

« Quand un Premier ministre va jusqu'à payer des officiers, sous-officiers et militaires de rang pour se lever et l’appuyer ou l’assister au cas où il devrait partir, là c’est dangereux », a lancé le capitaine Sanogo dans une interview accordée à la télévision nationale ORTM, le 11 décembre. Une phrase qui est presque passée inaperçue au Mali, alors qu’elle est la clé pour comprendre l’arrestation du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, lundi 10 décembre, et sa démission le lendemain.

Les relations entre Diarra et les hommes de Sanogo ont commencé à se tendre à partir de la semaine précédant la rupture. « Au conseil des ministres du 5 décembre, il y a eu un débat houleux entre les ministres proches du capitaine et le Premier ministre. Les premiers accusaient le second de s’occuper plus de la préparation de sa campagne pour la présidentielle prévue en 2013 que des problèmes du pays », confie une source proche de l’ancien Premier ministre.

Sanogo au parfum

Comprenant que son pouvoir était plus que jamais menacé, Diarra entreprend aussitôt de prendre contact avec des officiers supérieurs. « C’est son directeur de cabinet, Oumar Konaté, qui était chargé d’organiser cette réunion secrète entre lui et des militaires de haut rang, sans en informer le capitaine Sanogo. Quand les services de renseignements ont informé ce dernier de la rencontre, il a immédiatement appelé le ministre de la Défense, le général de brigade Yamoussa Camara, afin qu’il donne l’ordre à ce qu’aucun officier de l’armée ne réponde à l’invitation », confie la même source. Qui ajoute : « C’est la raison principale de la démission forcée du Premier ministre ».

« Il voulait faire une sorte de putsch contre le capitaine Sanogo », confirme une source sécuritaire, à Bamako. Cheick Modibo Diarra aurait donc été victime de ses ambitions politiques « démesurées ». Mais l’incohérence de ses discours lui fait aussi perdre une partie de la confiance que les gens avaient placée en lui.

Au retour de sa dernière visite à Ouagadougou, à la fin de novembre, il avait tenu à Bamako un discours en faveur du dialogue avec le MNLA et Ansar Eddine, alors même que quelques jours auparavant, il parlait d’intervention militaire. Un changement de discours qui explique, sans doute, qu’aucune manifestation pour le soutenir n’a eu lieu après son arrestation et sa démission forcée.

________

Par Baba Ahmed, à Bamako (@Babahmed1)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Crash du vol AH5017 : l'enquête associera plusieurs pays

Crash du vol AH5017 : l'enquête associera plusieurs pays

Le détachement militaire français dépêché dans le nord du Mali sur le lieu du crash du vol Ouaga-Alger AH 5017 a retrouvé vendredi la boîte noire du DC-9 affrété par Air[...]

Mali : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger une "feuille de route" pour la paix

Après d'âpres tractations et plusieurs mois de blocage, le gouvernement malien et six groupes armés ont signé jeudi à Alger un document sur la "cessation des hostilités". Une[...]

L'épave "désintégrée" du vol AH5017 localisée vers Gossi dans le nord du Mali

L'état-major de l'armée burkinabè a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir localisé dans le nord du Mali l'épave "désintégrée" du DC9[...]

Mali : ce que Bamako et les groupes armés négocient à Alger

Réunis à Alger, les groupes armés du Nord-Mali et les autorités maliennes tentent de se mettre d'accord sur une feuille de route commune pour la suite des négociations de paix. [...]

Mali - RDC : Nkulu Kalumba, un long chemin vers la liberté

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, "Jeune Afrique" et le HCR au Mali ont organisé un concours de journalisme. C'est l'article d'une jeune étudiante[...]

Drague : le bal des faux-culs

Ils sont discrets, rembourrés et très à la mode en Afrique de l'Ouest... Zoom sur ces collants qui permettent aux femmes d'afficher de jolies fesses rebondies à moindre prix.[...]

Mali : bientôt un procès dans l'affaire des "bérets rouges" ?

Le rapport d'enquête sur l'affaire de la disparition des "Bérets rouges" devrait prochainement être bouclé et transmis au procureur, ouvrant ainsi la voie à un éventuel[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord dans cent jours" sur le Nord-Mali

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Pourquoi le Mali s'est fait épingler par le FMI pour des fournitures militaires

Le FMI est-il trop pointilleux ? Un contrat de fournitures militaires de plusieurs dizaines de millions d'euros fait en tout cas tiquer les bailleurs de fonds. Trop opaque, jugent-ils. Le Mali n'apprécie pas.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers