Extension Factory Builder
13/12/2012 à 11:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000. Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000. © AFP

Abdessalam Yassine, plus connu sous le nom de Cheikh Yassine, est mort, jeudi 13 décembre. Malade, le leader d'Al Adl Wal Ihsane ("Justice et bienfaisance") était âgé de 84 ans.

Cheikh Yassine n'est plus. Le fondateur et leader d'Al Adl Wal Ihsane, confrérie islamiste doublée d'un mouvement politique non autorisé mais toléré au Maroc, est mort jeudi 13 décembre à l'âge de 84 ans.

Malade, le cheikh avait réduit ses activités ces dernières années. Prônant une vision radicale de l'islam tout en refusant le recours à la violence, son mouvement est très critique vis-à-vis du pouvoir royal et refuse de reconnaître les institutions. Les militants d'Al Adl Wal Ihsane avaient notamment participé aux manifestations populaires de 2011 aux côtés du Mouvement du 20 février.

Né en 1928 à Marrakech, Abdessalam Yassine a d'abord mené carrière au sein du ministère de l'Éducation nationale dans les années 1950 et 1960. En 1965, il se tourne vers le soufisme et intègre la Zaouïa Boutchichia de cheikh El Abbas. Il en claquera la porte quelques années plus tard pour lancer son propre mouvement religieux.

Il se fait connaître en 1974 en adressant une lettre au roi Hassan II intitulée « L'Islam ou le déluge », dans laquelle il invite le Roi à revenir à l'islam des origines. Pour ce défenseur de la charia, influencé par le penseur fondamentaliste égyptien Sayyid Qotb, le Maroc est un État impie qui se base sur des lois humaines au lieu de respecter celle du Coran. Au palais, la lettre ne passe pas. Abdessalam Yassine est arrêté sur ordre royal et condamé à trois ans et demi d'emprisonnement.

Rêves

Une fois libéré, Abdessalam Yassine fonde la « Jamaa Islamia » (« Mouvement islamiste ») au début des années 1980. En 1983, il publie son propre journal, interdit par les autorités dès le deuxième numéro. Un article visant le roi lui vaudra une nouvelle condamnation à deux ans de prison ferme. En 1987, il relance son mouvement qui prend le nom d'Al Adl Wal Ihsane (« Justice et bienfaisance »). Assigné à résidence dans sa maison de Salé, il ne sera totalement libre de ses mouvements qu'en 2000 après l'avènement du roi Mohammed VI.

Il reprend alors une action politique intense, multipliant les déplacements et les meetings non autorisés. Il adresse également une nouvelle lettre au Palais, qui cette fois restera sans conséquence judiciaire. Malgré la repression des autorités, Al Adl Wal Ihsane se fait progressivement connaître du grand public marocain.

Personnage charismatique, très admiré par ses partisans, Cheikh Yassine tenait fréquemment des réunions durant lesquelles il parlait de ses rêves à ses disciples. Sa disparition est donc un coup très dur pour son mouvement.

Selon le portail du mouvement islamiste, une cérémonie de funérailles sera organisé vendredi 14 décembre à la mosquée Assounna de Rabat, après la prière du vendredi.

___

Benjamin Roger (@benja_roger)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : un terroriste refoulé par la Grande-Bretagne sème la terreur à Rabat

Maroc : un terroriste refoulé par la Grande-Bretagne sème la terreur à Rabat

 Les autorités britanniques ont refoulé de leur territoire un Marocain condamné pour terrorisme, le 21 mai, sans en informer le Royaume et provoquant un imbroglio diplomatique.  [...]

Gouvernement marocain : Mohand Laenser, l'insubmersible

Le 20 mai, Mohammed VI a nommé cinq nouveaux ministres à la place de ceux qui ont démissionné. Parmi eux, Mohand Laenser, l'indéboulonnable secrétaire général du Mouvement[...]

Bientôt une usine marocaine pour PSA Peugeot Citroën

Selon l'agence "Bloomberg", non démentie par PSA Peugeot Citroën, ce dernier prévoit d'ouvrir une usine au Maroc d'une capacité inférieure à 100 000 véhicules par[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Sénégal-Maroc : Macky Sall et Mohammed VI signent 13 accords de coopération

À l'occasion de la visite du roi du Maroc au Sénégal, les gouvernements sénégalais et marocain ont signé jeudi, à Dakar, treize accords dans divers domaines, dont les douanes,[...]

Maroc : décès du général Abdelaziz Bennani, ancien numéro 2 de l'armée

L'ancien inspecteur des Forces armées royales, hospitalisé depuis plusieurs mois, est décédé mercredi 20 mai à Rabat. Parcours d'un acteur-clé de l'histoire militaire du royaume.[...]

Torture : retour sur la passe d'armes entre le Maroc et Amnesty International

L'ONG Amnesty International a publié mardi un rapport contenant de nombreuses allégations d'actes de torture commis au Maroc. La délégation interministérielle aux Droits de l'homme lui a[...]

Maroc : Fès en fête avec le festival des musiques sacrées du monde

Le Festival des musiques sacrées du monde débute ce 22 mai. Au programme : kora, guitare et percussions, mais aussi débats sur la tolérance et le pluralisme.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Festival de musique gnaoua : (ef)fusions mystiques à Essaouira au Maroc

La 18e édition du festival gnaoua d'Essaouira au Maroc s'est déroulée du 14 au 17 mai. Pendant quatre jours, cette cité de l'Atlantique a été rythmée par la rencontre des sons des[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers