Extension Factory Builder
13/12/2012 à 08:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les prisonniers présentés par l'armée congolaise à la presse, le 12 décembre à Kinshasa. Les prisonniers présentés par l'armée congolaise à la presse, le 12 décembre à Kinshasa. © AFP

L'armée congolaise a présenté 38 hommes suspectés d'être des rebelles du M23 ou des soldats rwandais arrêtés sur le territoire de RDC avant la prise de Goma, le 20 novembre dernier. Des accusations que Kigali a d'autant moins de mal à réfuter qu'elles ont toutes les apparences d'une opération de communication.

Après que le gouvernement congolais a présenté à la presse, mercredi 12 décembre, un groupe de 20 soldats rwandais accompagnés de 18 rebelles présumés qui auraient été capturés dans l'est de la RDC avant la prise de Goma par le M23 (le 20 novembre), Kigali a fermement démenti que ses militaires aient pu se trouver en zone de guerre congolaise. « C'est une fausse accusation, a rétorqué le porte de l'armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita. Si c'était exact, les FARDC [Forces armées de RDC, NDLR] et les autorités de RDC auraient dû montrer ces soldats (...) au mécanisme de vérification conjoint à Goma. »

Il s'agit d'un organisme régional chargé de contrôler la frontière rwando-congolaise, mais il est notoirement inopérant. Difficile, en réalité, de démêler le vrai du faux dans cette histoire. Même les autorités congolaises, qui lancent de graves accusations contre le Rwanda, ne semblent pas convaincues du bienfondé de leur démarche.

Déclaratoins contradictoires

Mardi, le porte-parole du gouvernement de RDC, Lambert Mende, a été catégorique dans ses affirmations. Mais l'information a fait l'objet de déclarations contradictoires puisqu'elle a d'abord été démentie par le ministre congolais de l'Intérieur, Richard Muyej Mangez. Pourtant, le jour même, l'armée congolaise a finalement montré à la presse, à Kinshasa, des personnes suspectées.

« Aujourd'hui, alors que nous parlons, le mécanisme de vérification conjoint n'a reçu aucune plainte de RDC sur ces prétendus 20 soldats », a ajouté le porte-parole de l'armée rwandaise. « Si ces soldats ne sont pas présentés au mécanisme conjoint, nous considérons qu'il s'agit d'une accusation émanant d'un ou deux responsables congolais, mais pas du gouvernement de RDC lui-même », a-t-il poursuivi.

Les accusations pourraient aussi être une manière d'accentuer la pression sur le Rwanda et le M23 alors que des négociations ont débuté dimanche à Kampala où elles patinent.

« Nos soldats sont enregistrés sur ordinateur, je mets au défi les responsables de RDC ou toute autre personne qui auraient vu ces soldats, ou toute personne qui prétendrait être un soldat de soumettre les noms à notre système informatique », a lancé le général Joseph Nzabamwita. Une vérification qui n'aurait cependant rien de totalement fiable, n'étant pas indépendante.

Les accusations pourraient aussi être une manière d'accentuer la pression sur le Rwanda et le M23 alors que des négociations ont débuté dimanche à Kampala où elles patinent, le fond du problème - les revendications des rebelles -  n'ayant toujours pas été abordé. D'autant que les preuves des allégations de Kinshasa sont minces, voire inexistantes.

Pas de preuves

Aucun document prouvant l'origine de ces prisonniers n'a été montré à la presse. Pendant la présentation des suspects, dans les locaux de la Détection militaire des actions antipatriotique (Demiap), le colonel Jean-Paul Mfinda, chef d'état-major adjoint des renseignements militaires a affirmé que certains d'ente eux « avaient des documents sur eux, des signes distinctifs, c'est-à-dire une tenue qui n'est pas la nôtre, et il y en avait un qui avait un poste de communication qui ne communique avec aucun poste de chez nous. »

Parmi les 38 hommes - dont cinq mineurs -, certains auraient avoué appartenir à l'armée rwandaise, ce qui en soi n'est pas une preuve. D'autres se sont déclarés innocents. « J'étais seulement en circulation en ville, on m'a arrêté. On m'a dit qu'on soupçonne que je peux être en train de collaborer avec les rebelles rwandais. Et c'est fini... De Bukavu, on m'a amené à Kinshasa avec 16 autres Congolais », a dit, par exemple, Deogracias Mushi.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Rwanda

Incident frontalier entre le Rwanda et la RDC : qui dit vrai ?

Incident frontalier entre le Rwanda et la RDC : qui dit vrai ?

Les autorités du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, ont confirmé jeudi l’"infiltration" depuis dimanche de troupes rwandaises sur le territoire congolais. Mais il ne s'agirait que de "rumeurs"[...]

RDC : le gouverneur du Nord-Kivu dénonce une incursion rwandaise à 120 km au nord de Goma

Les autorités congolaises ont confirmé mercredi l'incursion de militaires rwandais en RDC, dans le Nord-Kivu, en plein parc des Virunga. La raison de leur présence n'a toutefois pas été[...]

Rwanda : fin de l'interminable ultime audience du TPIR

Créé en 1994, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a clôturé mercredi à Arusha l'audience de son ultime procès en appel. Le verdict est attendu au mois[...]

Le modèle burundais à l'épreuve

Trop souvent, l'histoire du génocide des Tutsis au Rwanda, telle que racontée par les grands médias occidentaux, se focalise exagérément sur son "élément[...]

Rwanda, Côte d'Ivoire, RDC... : Stromae annonce une grande tournée africaine avec 8 dates de concert dans 8 pays

Stromae a annoncé vendredi les dates de sa première tournée africaine. Le chanteur de "Papaoutai" se rendra au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Cap-Vert au Cameroun, au Gabon, au[...]

Rwanda - Génocide des Tutsis : la fin d'une longue omerta en France ?

En annonçant la déclassification partielle des archives élyséennes portant sur les années 1990-1995, François Hollande adresse un signal fort à Kigali. Plusieurs centaines[...]

"Rwanda's Untold Story" : négationnisme à la BBC

Selon la BBC, la chaîne n'a pas enfreint sa charte éditoriale en diffusant "Rwanda's Untold Story". Accusé de faire "la promotion du négationnisme" du génocide des Tutsis, le[...]

Génocide au Rwanda : les enjeux de la déclassification des archives de l'Élysée

Vingt et un ans après le génocide des Tutsis, François Hollande va rendre accessibles aux chercheurs les archives de la présidence de la République française sur le dossier rwandais. Une[...]

Génocide au Rwanda : la présidence française annonce la déclassification de ses archives

C'est un pas historique que vient de franchir la présidence française en annonçant, mardi 7 avril, la déclassification de ses archives sur le Rwanda de 1990 à 1995, et donc sur le génocide[...]

Rwanda - Paul Kagamé : "Nul ne peut nous dicter notre conduite"

La campagne pour sa réélection a déjà commencé. Et le chef de l'État rwandais, Paul Kagamé, n'entend pas recevoir de leçons de l'étranger quant à une [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121213082615 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121213082615 from 172.16.0.100