Extension Factory Builder
12/12/2012 à 17:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Depuis 1947, 96 personnes ont embarqué dans les trains d'atterrisage d'un avion. Depuis 1947, 96 personnes ont embarqué dans les trains d'atterrisage d'un avion. © AFP

L'Europe continue d'attirer chaque année des Africains en quête de conditions de vie meilleures. Certains sont prêt à prendre les risques les plus insensés, au péril de leurs vies, pour tenter leur chance, comme ce jeune Angolais qui a trouvé la mort après s'être introduit dans le train d'atterrissage d'un avion à destination de Londres.

Début septembre, aéroport de Luanda. Un jeune Angolais s’apprête à tenter le tout pour le tout. Il n’a que très peu de chances de gagner son pari, mais qu’importe lorsqu’on n’a plus rien à perdre et qu’on aspire à une vie meilleure. Le jeune homme d’une vingtaine d’années échappe à la vigilance des agents de sécurité de l'aéroport et se glisse dans le train d’atterrissage d’un avion de la compagnie British Airways à destination de Londres. Pour toute protection, il bourre ses oreilles de mouchoirs.

Mais l’inévitable se produit, et la dépouille du jeune homme est retrouvée au petit matin, le 8 septembre, devant une maison de la banlieue londonienne. À l’endroit où, quelque centaines de mètres plus haut, le pilote avait procédé à l’ouverture des portes du train d’atterrissage.

Victime anonyme

Trois mois plus tard, l’identité de ce jeune homme, qui n’avait sur lui que de la monnaie angolaise et un téléphone, n’est toujours pas déterminée. Les habitants du quartier de Mortlake ayant découvert ce triste spectacle cherchent à en savoir davantage sur la victime et ses raisons à risquer une telle aventure. Troublée par le drame, Lizzie Calfe a raconté à la BBC qu’il lui serait impossible d’oublier qu’un garçon ait pu perdre la vie de façon aussi atroce et de surcroît, sur la rue où elle habite. Des roses ont été déposées sur le lieu du drame, et un résident a même écrit un poème, a raconté une voisine, Santina Watson.

Les autorités britanniques ont créé un portrait-robot du jeune homme dans l’espoir que des amis ou un membre de sa famille le reconnaisse, a indiqué la BBC le 7 décembre. Une photo du tatouage de la victime, qui arborait les lettres Z et G sur son bras gauche, a aussi été rendue publique.

Mais le gouvernement de l’Angola ne semble pas faire grand cas de cette sombre histoire. La police anglaise a transmis aux autorités angolaises la carte SIM du téléphone de la victime afin d’en récupérer les numéros de ses proches. La requête est toutefois restée lettre morte. Des échantillons d’ADN ont aussi fournis, en vain.

Une mort quasi certaine

Cette histoire n'est pas une première. Malgré les dangers d'une telle initiative, ils ont été des dizaines à choisir les trains d’atterrissage des avions pour quitter leur pays. L’administration de l’aviation civile des États-Unis (FAA) a recensé 96 cas de ce genre depuis 1947, dont la plupart se sont produits dans les années 90.

Les chances de survie sont minces, compte tenu des conditions extrêmes auxquelles se soumettent les passagers clandestins. La température chutant jusqu’à - 60 º, ils risquent de périr gelés. Et s’ils ne succombent pas à ce froid extrême, ils perdront conscience en raison de la pression exercée sur leurs poumons due à l’altitude élevée de l’appareil et feront une chute mortelle une fois les portes du train d’atterrissage ouvertes.

Certains, miraculés, réussissent tout de même à en ressortir indemnes. En juin 2010, un Roumain de 20 ans a survécu à un trajet de 1 900 kilomètres entre Vienne et Londres. Les mauvaises conditions météorologiques avaient forcé le pilote à maintenir l’appareil à une altitude moins élevée qu’à l’habitude.

Son cas fait toutefois figure d'exception à la règle. Deux semaines avant la découverte de la dépouille du fugitif angolais en septembre, le corps sans vie d’un autre passager clandestin, sud-africain celui-là, a été découvert dans le train d’atterrissage d’un appareil posé à l’aéroport Heathrow, à Londres.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Écosse : Cameron appelle au 'rassemblement' après le non à l'indépendance

Écosse : Cameron appelle au "rassemblement" après le non à l'indépendance

Le Premier ministre britannique David Cameron a appelé vendredi matin le Royaume-Uni à se "rassembler" après la victoire du non, qu'il avait lui-même soutenu, au référendum d'in[...]

Justice : Tournaire, Sarkozy, Bolloré et... la Côte d'Ivoire

Serge Tournaire l'Africain ? Le juge français qui enquête sur un financement présumé de Sarkozy par Kadhafi pour la campagne présidentielle de 2007 s'intéresse de plus en plus au continent.[...]

Francophonie : Buyoya au Canada, grata ou non grata ?

Invité au Canada, le candidat burundais à la succession d'Abdou Diouf à la tête de la Francophonie, Pierre Buyoya, va essayer de prouver qu'il n'est pas interdit de séjour dans ce pays pour cause[...]

À Paris, deux expositions réconcilient la France et le Maroc

Deux grandes expositions sont programmées au Louvre et à l'Institut du monde arabe sur le Maroc à partir de la mi-octobre. Rabat et Paris se reconnectent loin de la brouille diplomatique.[...]

États-Unis : Obama contre le Califat

Pour annihiler les jihadistes de l'État islamique, en Irak comme en Syrie, le président américain, Barack Obama, doit s'appuyer sur une large coalition internationale. Pas évident, car les[...]

Quand Gérard Depardieu tuait deux lions en Afrique, par "légitime défense"

Dans une interview au magazine "So Film", l'acteur français Gérard Depardieu révèle qu'il a abattu deux lions lors d'un voyage en Afrique. "Légitime défense",[...]

Ebola : la mobilisation internationale suscite l'espoir en Afrique de l'Ouest

Les pays ouest-africains les plus touchés par Ebola espèrent un tournant grâce à l'aide militaire promise mardi par les États-Unis. Autre motif d'espoir : l'examen, ce jeudi, par le Conseil de[...]

Stanley Nelson : "Obama n'a rien changé à la situation des Noirs"

Le réalisateur américain, Stanley Nelson, a présenté pour la première fois en France son documentaire "Freedom Summer" au Festival international des films de la diaspora[...]

Inde : la nouvelle usine du monde ?

"Made in India" : c'est le mot d'ordre du nouveau gouvernement nationaliste, qui s'inspire du modèle chinois pour relancer l'emploi, la croissance et les exportations. Plus facile à dire qu'à[...]

Libye - France : un cousin de Kadhafi accuse Sarkozy d'avoir perçu des fonds du "Guide" en 2007

Dans un entretien publié mercredi par "L’Express", l'ancien diplomate Ahmed Kadhaf al-Dam, un cousin de l’ancien "Guide" libyen Mouammar Kadhafi, affirme que Nicolas Sarkozy a bel et bien[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex