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11/12/2012 à 16h:12
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Un soldat du M23, près de Goma. Un soldat du M23, près de Goma. © AFP

L'issue des discussions engagées à Kampala entre les rebelles du Mouvement du 23-Mars et les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) s'annonce incertaine. Contrairement à ses engagements, sur le terrain, la rébellion a pris position à 3 km des portes de Goma, plongeant la capitale du Nord-Kivu dans l'inquiétude.

Le Mouvement du 23-Mars (M23) joue-t-il un double jeu ? Omar Kavota, vice-président de la société civile du Nord-Kivu, en est persuadé. Et il se montre guère optimiste quant à l’issue des discussions « préliminaires », entre les rebelles et Kinshasa, qui ont commencé dimanche à Kampala, la capitale de l’Ouganda, pays médiateur dans la crise. Des discussions d’ailleurs houleuses, et boycottées lundi par la délégation du groupe armé

"Une grande menace pèse sur Goma"

« Le M23 s’est engagé sur le plan diplomatique à des discussions avec Kinshasa, mais sur le terrain, il est en train de préparer une guerre. S’il n’obtient pas gain de cause à Kampala, alors il reprendra tout à zéro. Une grande menace pèse sur Goma », affirme Omar Kavota. Selon le vice-président de la société civile du Nord-Kivu, le groupe armé repositionne des armes sur des collines proches de la capitale de la riche province du Nord-Kivu, faisant fuir les populations alentour.

Car si les mutins se sont retirés de Goma, ils ne s’en sont pas éloignés d’une distance minimum de 20km au nord comme prévu. « Ils sont à Munigi, aux portes de Goma, à côté d’une position de la Monusco [Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC, NDLR], confie un officier supérieur de l’armée régulière. Ils voient directement l’aéroport, et un peu tout Goma », où un bataillon d’environ 650 hommes a été déployé après le départ du M23.

« C’est de la stratégie basique. De même qu’ils ont pris Goma pour mettre la pression, ils restent à Goma au cas où, commente Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale pour l'ONG de résolution des conflits, International Crisis Group (ICG). On ne peut pas exclure à l’heure actuelle qu’il y ait de nouveau une offensive de l’armée congolaise, et donc on ne peut pas non plus exclure qu’il y ait une offensive du M23. »

Position de faiblesse

Dans un tel scenario, l’officier supérieur estime que les forces loyalistes – appuyées par plus de 1 500 soldats de la Monusco et ses hélicoptères – risquent fort de se retrouver une nouvelle fois en position de faiblesse. « Nous avons un seul bataillon à Goma, insiste-t-il. C’est ça aussi le problème. Ce n’est pas avec un bataillon qu’on peut organiser une offensive. »

Le M23 revendique la pleine application de l’accord du 23 mars 2009 qui a régi l’entrée de ses hommes dans l’armée. Mais depuis, il a élargi ses doléances, qui touchent désormais à la politique, au social, à la santé, au développement… Pour Omar Kavota, c’est mauvais signe : « Il pourra toujours trouver un prétexte pour dire qu’on a répondu à tel aspect, mais pas à tel autre, et il va trouver des prétextes pour justifier sa guerre. »

___

Par Awa Diallo, à Kinshasa

 

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