Extension Factory Builder
10/12/2012 à 15:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Blaz Design (au c.) a dessiné les tenues de l'armée camerounaise. Blaz Design (au c.) a dessiné les tenues de l'armée camerounaise. © DR/Facebook Blaz Design

À 56 ans, après avoir été formé à ses débuts par les plus grands noms de la haute couture, Blaz Design est le premier Africain à faire partie de la short-list des icônes mondiales de la mode, établie par la World Fashion Organization. Retour sur un parcours hors norme qui pourrait faire des émules dans son pays natal, le Cameroun.

La pièce maîtresse de sa dernière collection lui a demandé 500 heures de travail à la main. Épaules bouffantes, fente osée mais discrète, tissu pagne serti de perles, la robe trône au musée des Nations Unies, à New York, aux côtés de modèles signés Yves Saint Laurent ou Prada. Blaz Design, styliste né au Cameroun, est, depuis avril 2011, le premier Africain à figurer sur la liste des quarante icônes mondiales de la mode établie par la World Fashion Organization, organisme rattaché à l'ONU. À 56 ans, il est aujourd'hui bardé de prix et de récompenses. S'en satisfait-il ? Non, pour lui, tout est encore à accomplir.

Éternelle jeunesse

Dès son plus jeune âge, J.E. Essomba, que l'on ne connaît pas encore sous le nom de Blaz Design, se plait à découdre et recoudre ses vêtements. Une passion qui ouvrir rapidement les portes du monde à ce natif de Bingala, près de Yaoundé. À 19 ans, il rejoint l'école des Arts et Métiers de Bruxelles, en Belgique, et, une fois sa formation terminée, il se rend à Paris, où il travaille à la création artistique chez Pierre Cardin, puis chez Christian Dior et enfin chez Yves Saint Laurent. Expérience dont il garde aujourd'hui un souvenir ému. En 1978, le tissu n'a plus aucun secret pour lui quand il crée la marque Blaz Design à Paris. Il a alors 24 ans et rêve de sublimer la femme africaine. En 1984, il ouvre sa maison de haute couture au Cameroun, où il réside désormais avec son épouse et ses six enfants lorsqu'il n'est pas entre deux avions.

Depuis, le styliste est un symbole de réussite, une source d'inspiration pour la jeunesse camerounaise. Le métier, Blaz Design le pratique depuis 32 ans déjà, sans qu'aucune ride ne se soit encore dessinée sur son visage. Sa jeunesse, dit-il, il la doit à l'amour qu'il offre à travers ses créations : « lorsqu'on est plein d'amour et qu'on le distribue, il est difficile de vieillir », assure-t-il avec un sérieux désarmant. Sa voix est parfois hésitante, mais son engagement, lui, ne faiblit pas. « En permettant aux autres de profiter de mon talent, j'accomplissais, sans le savoir, l'un des principes de la haute couture : créer pour le bien-être », explique-t-il.

Partager

En 2011, il créé la fondation médico-chirurgicale Maria Rosa Nsisim, une idée qui lui vient de la révolte de son épouse, touchée de savoir que, dans certaines zones reculées du Cameroun, un patient peut perdre la vie faute de médicaments. Depuis, la structure est devenue le premier hôpital privé de Yaoundé; elle met à disposition des plus vulnérables des soins de santé de qualité à moindre coût. « Mon idée, c'est qu'on ne peut pas se prétendre riche si l'on enfouit ses richesses dans des coffres forts. Je sais que la vie est courte. J'essaye de me rendre utile en participant chaque jour à l'amélioration des conditions de vie de ceux qui sont autour de moi ».

Le talent de Blaz Design rayonne également dans les plus hautes sphères du pays. Chantal Biya, première dame du Cameroun, porte ainsi certaines de ses créations, tandis que les militaires sont habillés par une tenue qu'il a dessinée.

Sacré personnalité de la mode de la décennie en 2009 par la Cameroon Fashion Awards, Blaz Design ne se contente pas de récolter les lauriers de sa réussite, il s'attache également à transmettre son savoir-faire. Iman Ayissi, mannequin et styliste, fait ainsi partie de ceux et celles qui en ont profité en faisant leurs premiers pas à ses côtés : « C’est quelqu’un dont je respecte énormément le travail, qui se bat pour que la perception de la mode change au Cameroun, pour qu'elle puisse être considérée comme une industrie*, source de développement économique et pas seulement comme une distraction ». En espérant que le message soit entendu.

___

* La Cameroon Fashion Week, dont Blaz Design est l'un des organisateurs, se tiendra du 13 au 16 décembre à Yaoundé.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
La rumeur de Lomé

Article précédent :
Rwanda - RDC : Wild Wild West...

Réagir à cet article

Cameroun

Cameroun : l'épouse du vice-Premier ministre kidnappée par Boko Haram

Cameroun : l'épouse du vice-Premier ministre kidnappée par Boko Haram

Des membres présumés du groupe islamiste armé Boko Haram ont enlevé dimanche l'épouse d'un vice-Premier ministre camerounais et un chef traditionnel lors d'une double attaque qui a fait au moin[...]

Cameroun : peines de prison pour 14 membres de Boko Haram

Quatorze islamistes du groupe armé nigérian Boko Haram ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de 10 à 20 ans par la justice militaire camerounaise, a[...]

Combats entre l'armée camerounaise et Boko Haram, 2 militaires tués

Plusieurs dizaine de membres de Boko Haram ont attaqué jeudi soir un village camerounais proche de la frontière nigériane. Deux militaires camerounais sont morts.[...]

Le cacao grimpe à son plus haut niveau en trois ans

Le cacao a atteint son plus haut niveau en trois ans (2000 livres la tonne à la Bourse de Londres et 3 234 dollars à celle de New York) grâce à une bonne demande mais aussi en raison d'un regain[...]

Cameroun : les "embrouilles" judiciaires d'Eto'o, accusé par son ex de publication de photos obscènes

Hélène Nathalie Koah, l'ex-petite amie de Samuel Eto'o, accuse ce dernier d'avoir publié des photos d'elle dénudée sur le web. Le footballeur camerounais avait déjà porté[...]

Les Camerounais sont-ils trop gourmands ?

En ce mois de juillet, la question de la nourriture ne concerne pas que ceux qui s’en privent pour des raisons de pratique religieuse. Elle taraude ceux qui en sont privés, quand bien même leur budget[...]

Cameroun : le parlement autorise la ratification de l'APE intérimaire

L’accord prévoit un démantèlement tarifaire sur les quinze prochaines années et une libéralisation de 80% des importations venant de l’Union européenne. Devant le blocage des[...]

Expatriés : les villes africaines toujours plus chères !

Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations[...]

La Cemac entre rebelles, islamistes et pirates

C'est devant une Cemac impuissante que l'État centrafricain s'est effondré. Certes, la Communauté a tenté de s'interposer entre les parties en conflit. Mais pour mieux constater ensuite son[...]

Mondial 2014 - Mboma : "Le Brésil de Scolari n'a jamais voulu changer de système de jeu"

Comme tout le monde, Patrick Mboma a été estomaqué par la demi-finale perdue par le Brésil face à l’Allemagne (1-7), mardi 8 juillet au soir. L’ancien attaquant international[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers