Extension Factory Builder
07/12/2012 à 15:22
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La propreté à Ouagadougou, l'une des plus grande fierté de l'ex-maire de la ville. La propreté à Ouagadougou, l'une des plus grande fierté de l'ex-maire de la ville. © Yempabou Ahmed Ouoba pour Jeune Afrique

Simon Compaoré, le désormais ex-maire de Ouagadougou, participe à son sixième et dernier sommet Africités à Dakar. Pour cette "légende" des élus locaux en Afrique, en dix-sept ans, les collectivités locales ont fait leur trou. Mais il reste beaucoup à faire.

Simon Compaoré est une légende dans le monde des élus locaux africains. « Un exemple, estime un fonctionnaire des Nations unies, tant pour sa longévité que pour son bilan ». Maire de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, depuis 1995, il a profité du sixième sommet Africités qui se tient à Dakar du 4 au 8 décembre pour tirer sa révérence. Il n’était en effet pas candidat à sa propre succession lors des élections municipales du 3 décembre dernier. Pour Jeune Afrique, il revient sur dix-sept années de combats.

Après 17 ans à la tête de Ouagadougou, vous tirez votre révérence. Vous êtes fatigué ?

Simon Compaoré : Non, ce n’est pas ça. Jamais ne n’abandonnerai. Mais j’estime qu’après 17 ans, on peut être à court d’idées, de nouveautés. Nous faisons face, les élus locaux, à des changements qui avancent à une vitesse vertigineuse. Face à cela, il convient de renouveler les initiatives. Or ce qui vous guette après 17 ans, c’est la routine.

Ne vous a-t-on pas poussé vers la sortie ?

Non, c’est une décision personnelle. J’ai d’ailleurs fait campagne pour la nouvelle équipe. Et je reste à la disposition de mon parti (le Congrès pour la démocratie et le progrès, CDP, le parti au pouvoir, NDLR).

Est-ce difficile de trouver des personnes prêtes à prendre la relève et à s’investir dans un mandat d’élu local ?

Non. Mais il faut que ceux qui viennent soient avisés de ce qui les attend.

Aujourd’hui, la plupart des États en Afrique ont compris l’intérêt de transmettre les compétences, mais aussi les ressources aux collectivités locales.

Qu’est-ce qui les attend ?

Pour diriger une ville, il faut l’aimer. Et il faut beaucoup de convictions. Il faut être prêt à supporter les critiques, à encaisser car le maire est la première personne vers laquelle se tournent les citoyens. Nous faisons face parfois à des situations délicates, dangereuses même, quand nous allons dans les quartiers en colère. Et puis, il faut arriver à créer une vision commune dans la ville, ce n’est pas facile.

Avez-vous eu les moyens de vos ambitions ?

C’est sûr que les citoyens attendent beaucoup d’un maire. Il nous manque des moyens financiers et humains, c’est certain. Mais cela ne doit pas nous décourager. Dans la Bible, il est dit : « Frappez et on vous ouvrira. Cherchez et vous trouverez ».
 
Les finances, c’est le nerf de la guerre…

Absolument, mais les finances seules ne suffisent pas. Parfois, l’abondance traduit l’incapacité des hommes. Il faut savoir travailler dans la pénurie. Moi, j’ai commencé en 1995 avec un budget d’1,5 milliard de francs CFA. Aujourd’hui, il est à 22 milliards. Nous avons fait en sorte que la ville soit propre. C’est une de mes plus grandes fiertés. Nous avons commencé avec 20 femmes pour nettoyer le bitume. Aujourd’hui, nous en comptons 2 087. Des femmes qui viennent de milieux défavorisés, et dont l’activité, avant, était préjudiciable à l’environnement. Certaines, par exemple, cassaient de la pierre. Je pense que cela n’aurait pas été possible si tout avait été géré par l’État. Pour l’administration, cela aurait représenté une tâche comme une autre. Pour nous, c’était un véritable défi.

En 17 ans, le regard du pouvoir central et des haut-fonctionnaires a-t-il changé sur le rôle des collectivités locales ?

Oui, mais c’est parce que nous avons fait beaucoup de lobbying. Nous avons créé CGLU (Cités et gouvernements locaux unis, NDLR), et CGLUA (Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique, l’organisateur d’Africités, NDLR). Ce sont des structures dynamiques, qui organisent des rendez-vous importants comme Africités. Cela permet d’échanger, de créer des partenariats… Il y a aussi eu la naissance de l’AIMF (Association internationale des maires francophones, NDLR), qui a financé beaucoup de projets, dans ma ville notamment. Aujourd’hui, la plupart des États en Afrique ont compris l’intérêt de transmettre les compétences, mais aussi les ressources aux collectivités locales. Il reste encore beaucoup à faire, mais en 17 ans, les choses ont bien évolué.

___

Propos recueillis par Rémi Carayol, envoyé spécial à Dakar

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Burkina Faso

C'est la CAN des surprises, le Congo et la Guinée équatoriale en quarts !

C'est la CAN des surprises, le Congo et la Guinée équatoriale en quarts !

Le Congo, tombeur du Burkina Faso (2-1), et la Guinée équatoriale, vainqueur du Gabon (2-0), sont tous les deux qualifiés pour les quarts de finale de la CAN 2015 dans le groupe A. Les Diables rouges terminent[...]

Burkina : Fespaco'mme les autres

Malgré le changement de régime au Burkina et la menace Ebola, le prestigieux festival panafricain aura bien lieu. Avec quelques changements au programme.[...]

Burkina Faso : Kafando fait machine arrière dans le dossier Sankara

Alors qu'il s'était maintes fois prononcé en faveur d'une réouverture rapide de l'enquête sur l'assassinat de Thomas Sankara, le président de transition burkinabè Michel Kafando a[...]

Burkina Faso : Djibrill Bassolé intéressé par la présidentielle ?

La perspective de l'élection présidentielle burkinabè, programmée pour le 11 octobre, aiguise les appétits.[...]

Burkina : les élections présidentielle et législatives auront lieu le 11 octobre

Le président Michel Kafando, s'exprimant devant la presse jeudi à Ouagadougou, a annoncé que les élections présidentielle et législatives se tiendraient le dimanche 11 octobre.[...]

CAN 2015 : le Burkina Faso au bord du gouffre

Les Étalons des frères Traoré n'ont pas réussi à marquer face à la Guinée équatoriale (0-0), malgré un déluge d'occasions. Le vice-champion d'Afrique ne[...]

Burkina : un successeur pour Moumouni Dieguimdé, ancien ministre des Infrastructures contraint à la démission

Daouda Traoré, un ingénieur des travaux publics, a été nommé mercredi ministre des Infrastructures en remplacement de Moumouni Dieguimdé, contraint de à la démission[...]

Mgr Judes Bicaba, évêque burkinabè : "Après un incendie, les braises ne s'éteignent pas tout de suite"

Monseigneur Judes Bicaba préside depuis 2005 le diocèse de Dégoudou dans le nord du Burkina Faso. Il revient pour Jeune Afrique sur les évènements des 16 au 18 janvier au Niger, où 45[...]

Danse : Nuit blanche à Ouagadougou de Serge Aimé Coulibaly

Présenté à Paris du 14 au 17 janvier, le spectacle prémonitoire et engagé de Serge Aimé Coulibaly devrait bientôt tourner en France et en Europe. Chorégraphie[...]

Pierre-Emerick Aubameyang met le Gabon en orbite

L'attaquant gabonais a brillé samedi en offrant au Gabon sa première victoire lors de cette CAN 2015 face au Burkina Faso (2-0).[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121207150143 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121207150143 from 172.16.0.100