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03/12/2012 à 14h:34
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Soldat du M23, le 17 octobre, aux environs de Goma. Soldat du M23, le 17 octobre, aux environs de Goma. © AFP

Le Rwanda et l’Ouganda ont à nouveau été accusés de soutenir les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) en RDC. Dans une lettre datée du 26 novembre, le comité d’experts de l’ONU détaille les soutiens que Kampala et surtout Kigali auraient apportés au M23 : armes, équipements mais également troupes en territoire congolais. Selon le document, dévoilé par le "New-York Times", l’offensive de Goma aurait même été en partie commandée par des officiers de l’armée rwandaise.

Datée du 26 novembre, la lettre, émanant du coordinateur du groupe d’experts sur la RDC ne pourrait être plus claire. Selon celle-ci, « le gouvernement du Rwanda, avec le support d’alliés au sein du gouvernement ougandais, a créé, équipé, entraîné, conseillé, renforcé et directement commandé la rébellion du M23 ». Pour les experts des Nations unies, la récente offensive sur Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, a même « fortement accrédité cette conclusion ».

S’appuyant sur des témoignages d’anciens officiers des armées rwandaise et congolaise, le groupe d’experts affirme ainsi : « Quand le M23 a débuté son offensive sur Goma, il a bénéficié du support direct de l’armée rwandaise », notamment dans des combats « aux abords du village de Kibumba », le 17 novembre. Selon le document, environ 1 000 soldats rwandais, entrés en RDC par le poste-frontière de Kabuhanga, auraient assisté le M23 dans son attaque. « Les FARDC ont tué plus de 40 rebelles et soldats rwandais, la plupart d’entre eux portant des uniformes et des armes utilisés par l’armée rwandaise », ajoutent également les experts.

Commandée depuis Kigali ?

Ces derniers estiment également que, durant l’offensive vers Goma, l’équipement du M23 était en partie d’origine rwandaise. Ainsi, le document mentionne des mortiers de 120 millimètres que le colonel Makenga aurait obtenus grâce à des réseaux au Rwanda et en Ouganda.

Le commandement de l’offensive aurait même, selon les témoignages recueillis auprès d’anciens officiers rwandais, d’actuels gradés congolais et des membres du gouvernement de Kinshasa, été partagé entre le M23 et l’armée rwandaise. L’opération aurait en effet été dirigée par le colonel Makenga (M23) et le général rwandais Emmanuel Ruvusha. Celui-ci se serait personnellement rendu en RDC afin de surveiller le déroulement des ordres donnés en haut lieu par les généraux Kabarebe, Nziza et Kayonga depuis Kigali.

"Fausses allégations"

Le Rwanda a toujours fermement nié tout soutien à la rébellion du M23, accusant notamment le groupe d’experts de l'ONU d’hostilité vis-à-vis de son gouvernement. « Les fausses allégations politiquement motivées contre le Rwanda servent les intérêts de ceux qui préfèrent ignorer leurs responsabilités et ne pas affronter les problèmes de gouvernance et de sécurité qui affligent la RDC depuis des décennies », avait ainsi réagi, Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères, alors qu’un précédent rapport, de même teneur, était rendu public en pleine attaque de Goma.

La pression diplomatique ne fait toutefois que s’accentuer sur le gouvernement rwandais. La Belgique puis la Grande-Bretagne ont ainsi successivement suspendu leurs aides à destination du Rwanda, espérant pousser le pays à arrêter tout soutien au M23 et à favoriser les négociations en cours à Kampala.

> Lire ici le document du groupe d'experts de l'ONU sur la RDC.

Par Mathieu Olivier (@MathieuOlivier)
 

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