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03/12/2012 à 14:09
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John Dramani Mahama (NDC) et Nana Akufo Addo (NPP). John Dramani Mahama (NDC) et Nana Akufo Addo (NPP). © Reuters/Montage J.A.

Le candidat du Nouveau parti patriotique (NPP, opposition), Nana Akufo-Addo, gagne la bataille de l’influence sur Internet face à son rival du Congrès national démocratique (NDC, au pouvoir), John Dramani Mahama. Et si le président par intérim accuse du retard dans la bataille en ligne, les autres candidats à la présidentielle ghanéenne ont en général fait des réseaux sociaux un véritable outil de stratégie politique en vue de l’élection générale du 7 décembre.

« L'accès à l'information peut changer le Ghana ». Nana Akufo Addo, candidat du Nouveau Parti Démocratique (NPP-Opposition) à l'élection présidentielle du 7 décembre a fait du numérique un des axes stratégiques de sa course à l’investiture. En septembre, il a lancé une « e-campaign » dédiée tout particulièrement à l’usage d’Internet. Photos, vidéos et commentaires alimentent plusieurs fois par jour sa page Facebook, suivie par plus de 169 000 personnes. Akufo Addo est également très présent sur Twitter, Youtube et Google +. Prenant exemple sur le président américain Barack Obama, il a même mis en place un système de donation par SMS.

Pas de campagne numérique en revanche pour le Congres National Démocratique (NDC) du président par intérim John Dramani Mahama. « Cela colle moins avec la stratégie du parti qui s'appuie sur une sorte de majorité silencieuse plus populaire et moins connectée », explique Bright Simons, directeur de la recherche et la prospective du Centre Imani pour la politique et l'éducation à Accra. Mais la forte présence de son principal adversaire sur Internet a contraint son équipe de campagne à combler le fossé. D'autant que John Mahama (53 ans) est lui aussi un initié des réseaux sociaux - il avait l'habitude d'interroger ses concitoyens sur Twitter lorsqu'il était encore vice-président. Aussi, comptant déjà un peu plus de 115 000 « like », sa page Facebook a été développée et dispose désormais d'une application permettant aux internautes d'interagir avec leur candidat.

Plateforme de communication

Aujourd’hui, l’ensemble des partis politiques ghanéens et leurs représentants sont présents sur Facebook. Même les moins influents. Le Progressive People’s Party (PPP) et son leader Papa Kwesi Nduo ont ainsi plus de 190 000 fans. Et ce petit parti – il a recueilli 1.34% des votes en 2008 - organise régulièrement des débats en ligne. À l'instar des deux principaux partis. Facebook semble même être devenu l’une des principales plateformes de communication entre le NPP et le NDC, qui sollicitent les nombreux activistes gravitant autour d’eux pour y alimenter les échanges.

Cet intérêt nouveau pour les réseaux sociaux s’explique notamment par l'évolution démographique du Ghana (25 millions d’habitants), un pays jeune et de plus en plus urbanisé. Selon, le dernier recensement de 2010, les Ghanéens vivant dans les villes sont plus nombreux que ceux des campagnes. Conséquence directe, le pays compte plus de 1,6 millions d’utilisateurs de Facebook, et environ 100 000 Ghanéens sont également inscrits sur Twitter.

Selon une étude menée par The SocialBakers, une entreprise spécialisée dans les statistiques relatives aux réseaux sociaux, le taux de pénétration de Facebook au sein de la population est de plus de 6%. Et le 7 décembre, chaque vote comptera : en 2008, les deux principaux candidats n'avaient été séparés que par 40 000 voix. Partant de ce constat, des groupes de blogueurs, comme « Ghana Decides » et « Ghana Election », ont décidé, à la manière Sunu 2012 au Sénégal, d’utiliser les médias sociaux pour sensibiliser la population.

"Moraliser les jeunes"

« Notre but est de mobiliser les jeunes, de les pousser à s’impliquer, à exercer leurs droits civiques », explique Kwabena Oppong Boateng, un membre de Ghana Decides. Apres avoir lancé  une première campagne - via SMS, emails, twitter, Facebook, What's app, et Google+ - pour expliquer aux Ghanéens l’importance du système de contrôle biométrique inauguré cette année, il tente maintenant d’amener un maximum d’électeurs enregistrés à se déplacer aux urnes le 7 décembre, à partager leur expérience et à encourager leurs proches à faire de même.

« C’est un défi pour le Ghana », estime Kinna Likimani de Ghana Decides. « Cela permettra a la société civile d’avoir encore plus d’impact et obligera mos responsables politiques à rendre des comptes. La plupart d'entre eux sont réceptifs » quant au rôle que peuvent jouer les médias sociaux, affirme-t-elle. En espèrant qu’ils continueront à l’être « après l’élection ».

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Vincent Duhem (@vincentduhem), envoyé spécial à Accra
 

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