Londres a décidé de ne pas verser au Rwanda les 21 millions de livres (26 millions d’euros) prévus pour le mois de décembre. Le Royaume-Uni annonce simultanément un versement supplémentaire de 18 millions de livre pour "les besoins humanitaires urgents" en RDC.
La pression s’accentue sur le Rwanda. Le Royaume-Uni, allié traditionnel de Kigali et l’un des principaux contributeurs d’aide directe au budget rwandais, a annoncé vendredi qu’il ne verserait pas les 21 millions de livres (près de 26 millions d’euros) qui devaient l’être en décembre.
Rapports "crédibles"
Justine Greening, la secrétaire britannique au développement international, justifie cette décision par les « inquiétudes sur les rapports crédibles et convaincants d’un engagement du Rwanda [aux côtés de la rébellion du] M23 en RDC. (…) Ces preuves constituent une rupture des principes du partenariat […] et en conséquence, j’ai décidé de ne pas verser le prochain paiement de soutien au budget du Rwanda ».
Le Rwanda est accusé, par un rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC publié le 15 novembre, de soutenir le Mouvement du 23 mars, une rébellion essentiellement composée d’ex-militaires congolais rwandophones dans la province du Nord-Kivu, qui s’est emparée de la capitale provinciale, Goma, le 20 novembre. Kigali a toujours fermement nié tout soutien à cette rébellion, accusant notamment ce Groupe d’experts d’hostilité vis-à-vis de son gouvernement.
« Les fausses allégations politiquement motivées contre le Rwanda servent les intérêts de ceux qui préfèrent ignorer leurs responsabilités et ne pas affronter les problèmes de gouvernance et de sécurité qui affligent la RDC depuis des décennies. Accuser le Rwanda peut répondre à des objectifs politiques à court terme mais au final, cela entrave la compréhension du conflit et met hors d’atteinte une solution efficace et définitive », a réagi Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères.
Dépendance vis à vis de l'aide internationale
Quoi qu'il en soit, cette décision du Royaume-Uni vient renforcer la pression internationale sur le Rwanda. L’Union européenne (UE) avait déjà suspendu à la fin de septembre des projets d'aide au gouvernement rwandais, après des mesures similaires de la Suède et des Pays-Bas notamment. Le Rwanda est dépendant pour près de la moitié de son budget de l’aide internationale (plus de 600 millions d’euros cette année) qui représente plus de 11% de son PIB. Le Royaume-Uni fait partie des trois principaux donateurs, avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Le ministre des Finances, John Rwangombwa, avait prévenu au début de novembre, que ces sanctions auraient des conséquences négatives sur la croissance économique du Rwanda si elles se poursuivaient au-delà de décembre.
Simultanément à cette annonce, Londres a décidé une aide supplémentaire de 18 millions de livres (22 millions d’euros) « pour les besoins humanitaires immédiats en RDC ».
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Par Pierre Boisselet (@PierreBoisselet)

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