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30/11/2012 à 09:34
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Mahmoud Abbas (au c.) et la délégation palestinienne applaudissent le vote de la résolution. Mahmoud Abbas (au c.) et la délégation palestinienne applaudissent le vote de la résolution. © AFP

Lors d'un vote historique à l'Assemblée générale de l'ONU, jeudi 29 novembre, la Palestine est devenue un État observateur aux Nations unies. La nouvelle, qualifiée d’ "acte de naissance" par le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été accueillie par une explosion de joie à Ramallah.

C’est avec une majorité écrasante de 138 voix pour, 9 contre dont les États-Unis et Israël et 41 abstentions parmi les 193 pays membres, que le vote de cette résolution a fait de « l'entité » palestinienne un « État observateur non membre » de l'ONU.

Forts de cette nouvelle stature internationale, les Palestiniens ont accès à des agences de l’ONU et à des traités internationaux. C’est par ailleurs une victoire diplomatique majeure, même si l’Autorité palestinienne s’expose désormais à des représailles financières américaines et israéliennes.

La résolution appelle à une reprise de ces négociations et évoque l'objectif d'un État de Palestine coexistant « aux côtés d'Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d'avant 1967 ». Par ailleurs, elle « exprime l'espoir que le Conseil de sécurité considèrera de manière favorable » la candidature de la Palestine comme État membre à part entière. Une candidature déposée en septembre 2011 par M. Abbas mais torpillée par une menace de veto américain.

"Dernière chance"

Au siège de l'Autorité palestinienne, à Ramallah (Cisjordanie), la nouvelle a donné lieu à une explosion de joie de la part de plusieurs milliers de Palestiniens. À New-York, dans l’hémicycle de l'Assemblée générale, les délégués palestiniens se sont congratulés et ont brandi brièvement un drapeau palestinien.

À la tribune, Mahmoud Abbas a été très applaudi à son arrivée. Il s’agit de la « dernière chance de sauver la solution à deux États » (Israël et un Etat palestinien) a-t-il déclaré, tout en promettant de « tenter de ranimer les négociations » de paix avec Israël, au point mort depuis plus de deux ans. Il n’a cependant pris aucun engagement précis.

Voir l'interview vidéo de Ofer Bronstein, ancien conseiller d'Itzhak Rabin :

« Le temps presse, la patience s'épuise et l'espoir s'amenuise », a-t-il averti. Évoquant les « droits nationaux inaliénables » des Palestiniens, il a affirmé que ceux-ci « n'accepteront rien de moins qu'un État de Palestine indépendant avec Jerusalem-est comme capitale, sur tout le territoire palestinien occupé en 1967, vivant en paix et en sécurité aux cotés de l'Etat d'Israël ».

Une semaine après un cessez-le-feu entre le Hamas qui contrôle la bande de Gaza et Israël, le président de l’Autorité palestinienne a fait plusieurs références à l’attaque de l’armée israélienne sur Gaza en qualifiant celle-ci d’« agression ».
Lors d'une réception à l'issue du vote, M. Abbas s’est à nouveau exprimé, qualifiant la journée d'« historique », tout ne prévenant que « la route était longue et difficile » jusque l'indépendance.

À Gaza, le Hamas s'est lui aussi félicité de cette « nouvelle victoire sur le chemin de la libération de la Palestine ». « Le Hamas la considère comme un succès unitaire qui suscite la joie au sein de notre peuple », a déclaré Ahmed Youssef, un dirigeant du mouvement dans la bande de Gaza.

Risque de sanctions

Côté israélien, la nouvelle est évidemment appréciée différemment. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé le discours de Mahmoud Abbas, le qualifiant de « diffamatoire et venimeux ». Selon lui, « la décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain. Il n'y aura pas d'État palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël ».

« En présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens ont violé leurs accords avec Israël, et Israël agira en conséquence », a-t-il dit.

Israël a plusieurs cartes en mains pour sanctionner son voisin palestinien, comme bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens.

Le Congrès américain pourrait geler son aide de 200 millions de dollars promise aux Palestiniens. Un manque à gagner que la Ligue arabe a promis de compense avec un « filet de sécurité » de 100 millions de dollars par mois.

Israéliens et Américains ont voté contre la résolution. Les deux États s'inquiètent de la possibilité qu'elle donnerait aux Palestiniens de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale, qui ne traite qu'avec les États. Si des responsables palestiniens ont évoqué cette hypothèse, M. Abbas n'y a pas fait allusion dans son discours. Il a seulement promis « d'agir de manière responsable et positive dans les prochaines étapes ».

Date anniversaire

De son côté la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton estime que cette résolution « met davantage d'obstacles sur le chemin de la paix ». Elle a réaffirmé que la création d'un État palestinien ne pouvait résulter que de négociations directes avec Israël.

Outre les États-Unis et Israël, sept autres pays ont voté contre (Canada, République tchèque, Iles Marshall, Micronésie, Nauru, Palau, Panama).

Les Européens ont voté en ordre dispersé : France, Italie, Espagne, Suède notamment se sont prononcés en faveur, de même que la Turquie et la Suisse. Mais le Royaume uni et l'Allemagne se sont abstenus. La Russie et la Chine ont voté pour.

La date de ce vote historique coïncide avec l'anniversaire de l'adoption par l'ONU en 1947 du plan de partage de la Palestine mandataire, qui prévoyait un État juif et un État arabe.

À cette occasion, devant un Comité de l'ONU, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a demandé solennellement jeudi aux dirigeants palestiniens et israéliens de « ranimer le processus de paix » en reprenant des « négociations directes ».

(Avec AFP)
 

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