Karim Wade, fils de l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, le 15 novembre 2012, à Dakar.
© AFP
Karim Wade a quitté la gendarmerie de Dakar dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 novembre. Le fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade y était interrogé sur un possible enrichissement illicite.
« Karim (Wade) a quitté la gendarmerie vers 03H30 (locale et GMT). Il est rentré chez lui », a déclaré Diagne Fada, un membre de son entourage. Une information confirmée par d'autres témoins.
Lors de son arrivée, jeudi vers 10H30, à la section de recherches de la gendarmerie de Colobane, un quartier populaire de Dakar, Karim a été accueilli par des responsables et militants de l'ex-parti au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS), venus le soutenir.
Alors que Karim Wade a passé 15 heures dans les locaux de la gendarmerie pour répondre aux questions des enquêteurs sur un éventuel enrichissement illicite, il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si des charges avaient été retenues contre lui, ni s'il devrait répondre prochainement à une nouvelle convocation. Cette nouvelle audition est la quatrième après deux en juillet et le 15 novembre dernier.
"Super ministre"
Pendant la présidence d’Abdoulaye Wade, Karim Wade a été ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Énergie. Disposant de gros budgets, il avait été surnommé « Super ministre » ou « Ministre du ciel et de la terre ».
Le fils de l’ancien président sénégalais a également occupé plusieurs autres fonctions, dont celle de responsable de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique, chargée de grands travaux avant le sommet de l'OCI organisé en mars 2008 à Dakar.
Après son audition du 15 novembre, Karim Wade et six autres dignitaire de l'ancien régime d'Abdoulaye Wade ont été interdits de sortie du territoire. Ces six anciens responsables doivent prochainement être auditionnés par la gendarmerie dans le cadre des enquêtes ouvertes à la demande de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI).
"Chasse aux sorcières"
La CREI, créée en 1981 par l'ancien président socialiste Abdou Diouf (1980-2000), en sommeil depuis des années, a été réactivée après l'élection de Macky Sall.
Dans un communiqué publié le 16 novembre, le PDS avait dénoncé les interdictions de sortie du territoire imposées à Karim Wade et aux autres ex-dignitaires, sans qu' « aucune mesure de contrôle judiciaire n'ait été légalement prise » à leur encontre. Le PDS accuse le nouveau régime de Macky Sall d'avoir lancé une « chasse aux sorcières » et se considère en « résistance ».
(Avec AFP)

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