Extension Factory Builder
22/11/2012 à 09:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Paul Kagamé (g), Yoweri Museveni (c) et Joseph Kabila (d) le 21 novembre 2012 à Kampala. Paul Kagamé (g), Yoweri Museveni (c) et Joseph Kabila (d) le 21 novembre 2012 à Kampala. © AFP

Joseph Kabila, Paul Kagamé, Yoweri Museveni. Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et de l'Ouganda étaient réunis mercredi 21 novembre à Kampala pour sommer les rebelles du M23 de se retirer de Goma. La principale ville de l'est de la RDC est tombée mardi aux mains de la rébellion, qui exige que Kabila quitte le pouvoir.

« Le M23 doit cesser immédiatement son offensive et se retirer de Goma ». La déclaration commune des trois présidents Kabila, Kagamé et Museveni, réunis en urgence à Kampala depuis mardi soir, est surprenante. En effet, depuis plusieurs semaines, le Rwanda et l'Ouganda sont accusés par la RDC et les Nations unies de soutenir activement les rebelles du M23, ce que Kampala et Kigali démentent.

Mardi encore, jour de la déroute de l'armée congolaise face au M23 à Goma, Kinshasa qualifiait le M23 de « forces fictives mises en place par le Rwanda pour dissimuler ses activités criminelles en RDC ».

Selon leur communiqué commun, « les présidents Museveni et Kagamé ont dit clairement, que même s'il existe des revendications légitimes de la part du groupe mutin connu sous le nom de M23, ils ne peuvent accepter l'extension de cette guerre ou l'idée d'un renversement du gouvernement légitime de RDC ou d'un affaiblissement de son autorité ».

Ils ont annoncé qu'un « plan » était en train d'être transmis au M23 et que Kinshasa prenait « l'engagement de rechercher promptement les causes des désordres et d'y remédier du mieux qu'il peut ».

Menace sur Kinshasa

Leur déclaration intervient alors que la rébellion menace d'étendre son offensive jusqu'à Kinshasa, distante de plus de 2 000 kilomètres de Goma. En fin de journée, le M23 a annoncé « contrôler » la localité de Saké, où l'armée dispose d'une base, à une vingtaine de kilomètres de Goma.

« Nous n'allons pas nous arrêter à Goma, nous irons jusqu'à Bukavu, Kisangani et Kinshasa », avait assuré mercredi matin le porte-parole militaire du Mouvement du 23 mars (M23), le colonel Vianney Kazarama. « Monsieur Kabila doit quitter le pouvoir parce qu'il n'a pas remporté les élections de l'année dernière », a-t-il lancé, en allusion aux accusations de fraude portées par l'opposition contre Joseph Kabila, réélu en novembre 2011.

Mardi soir, le Conseil de sécurité avait voté à l'unanimité une résolution appelant à des sanctions contre deux chefs du M23, Innocent Kaina et Baudouin Ngaruye, demandant aussi aux pays étrangers de mettre fin à leur soutien aux rebelles. Mercredi, l'émissaire de l'ONU en RDC a affirmé que les rebelles procédaient à des « exécutions sommaires ».

Cependant, à Goma, la situation semblait calme et les habitants avaient repris leurs activités. Des rebelles stationnaient aux carrefours et d'autres patrouillaient sur les principales artères. Aucun bilan des violences de mardi n'a pu être obtenu. Les casques bleus - officiellement 6 700 hommes à Goma, selon les Nations unies - ne se montraient pas en ville.

Dans plusieurs villes de RDC, des Congolais ont violemment pris à partie, mardi et mercredi, des expatriés, des policiers et des représentants de la Mission de paix de l'ONU, la Monusco, accusée de ne pas être intervenue pour défendre Goma.

Des manifestations ont notamment eu lieu à Bukavu, capitale du Sud-Kivu. À Bunia (nord-est), six personnes ont été tuées par balles, mardi, à la suite d'une manifestation violente, selon une ONG occidentale. Les manifestants s'en étaient aussi pris au siège de la Monusco où ils auraient été repoussés par des tirs. Ces informations n'ont pu être confirmées de source officielle.

Le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyio a affirmé que le gouvernement avait « certes perdu la bataille (à Goma, ndlr) mais pas la guerre ». L'opposition congolaise a elle estimé que le président Kabila était responsable et a appelé à un congrès pour examiner la situation.

Conflits ininterrompus depuis les années 1990

L'ONU dispose dans l'est de la RDC du plus grand contingent de Casques bleus dans le monde - 17 000 hommes - mais n'a pas su empêché l'avancée des rebelles. La Belgique, comme la France, a appelé à revoir et renforcer le mandat de la Monusco qui se limite à la protection des civils.

Goma avait déjà été occupée à deux reprises en 1996 et 1998 par des rébellions appuyées par le Rwanda. En 2008, une autre rébellion, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) mené par Laurent Nkunda, s'était arrêtée aux portes de Goma.

Formé en mai, le M23 est composé essentiellement d'anciens combattants du CNDP. Intégrés dans l'armée régulière après un accord en 2009, ils ont déserté et repris les armes en avril contre Kinshasa, l'accusant de ne pas respecter cet accord qui prévoyait qu'ils aient les mêmes grades dans l'armée que dans la rébellion. Ils s'opposent aussi à des affectations qui les éloigneraient de l'est de la RDC.

Nord-Kivu et Sud-Kivu sont le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis le début des années 1990, en raison de leurs richesses en ressources minières et agricoles, que se disputent le gouvernement congolais, divers mouvements rebelles et les pays voisins.

L'ONG Médecins sans Frontières à Paris a évoqué « plus de 100 000 déplacés » dans l'est de la RDC, « sans aucun abri, sans accès à l'eau, sans aucune nourriture ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC - R. Tshibanda : 'La Monusco a décidé de ne pas lutter contre les FDLR pour des raisons fallacieuses'

RDC - R. Tshibanda : "La Monusco a décidé de ne pas lutter contre les FDLR pour des raisons fallacieuses"

La Mission onusienne en RDC (Monusco) a suspendu son appui à l'armée congolaise dans les opérations contre les FDLR. En réponse, Kinshasa a décidé de traquer seul ces rebelles rwandais. De[...]

RDC : les rebelles hutus rwandais fuient l'offensive de l'armée dans les Kivus

Les rebelles hutus rwandais des FDLR fuyaient samedi matin l'offensive de l'armée congolaise dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, mais des affrontements[...]

RDC : opérations contre les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu

L'armée congolaise a lancé une offensive contre des rebelles hutus rwandais dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi d'un [...]

Léopards de RDC : Ibenge va convoquer Batshuayi et Mulumba

Actuellement en France, Florent Ibenge, le sélectionneur des Léopards, va convoquer Michy Batshuayi pour les matches amicaux face à l’Irak fin mars. L’attaquant de l’Olympique de Marseille,[...]

RDC : Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d'opposants à Kabila père

Principal accusé meurtre, il y a 14 ans en France, de deux supposés opposants à Laurent-Désiré Kabila, l'homme d'affaires belge Benoît Chatel a été condamné à[...]

RDC : l'ancien milicien congolais Ngudjolo Chui acquitté par la CPI

Débuté en 2009, le procès de l’ex-chef de milice congolais, Mathieu Ngudjolo Chui, s’est soldé vendredi par la confirmation en appel de son acquittement par la Cour pénale[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

RDC : Kinshasa fustige les critiques du ministre belge De Croo envers le régime de Kabila

Le gouvernement congolais s'est dit "choqué" et  "fatigué des donneurs de leçons" après avoir essuyé les critiques frontales d'Alexander De Croo, le ministre belge de la[...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Canada : David Muipatayi alias ZPN, autoentrepreneur du hip-hop

Figure montante du hip-hop, ce jeune Congolais est installé dans la province canadienne de l'Ontario, où il produit ses propres disques. En attendant de percer à l'international.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121122084437 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121122084437 from 172.16.0.100