Extension Factory Builder
20/11/2012 à 11:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des femmes au travail dans un champ au Burkina Faso. Des femmes au travail dans un champ au Burkina Faso. © AFP

Selon un sondage Ipsos réalisé pour l'Agence française de développement, plus d'un Français sur deux estime que l'aide publique au développement n'est pas de l'argent gaspillé et souhaite qu'elle soit maintenue voire augmentée. L'Afrique et la lutte contre la pauvreté sont considérées comme prioritaires.

Les Français restent attachés à l'aide publique au développement (APD). Malgré le contexte de crise qui frappe l'Europe, 65% d'entre eux trouvent normal que la France continue d'aider les pays en développement. C'est ce que démontre un sondage Ipsos réalisé pour l'Agence française de développement (AFD) et publié le 19 novembre.

"Bienveillance" et "solidarité"

« Les Français continuent de manifester leur bienveillance et leur solidarité », se réjouit Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale d'Ipsos. Près de la moitié d'entre eux (44%), souhaite que de plus grands moyens soient consacrés aux projets de l'AFD, avec notamment une augmentation de la part budgétaire de l'État français dans ce domaine. Une affectation des recettes de la taxe européenne sur les transactions financières (TTF), qui devrait bientôt être mise en place par 12 États membres de l'Union, est également plébiscitée pour dégager des ressources supplémentaires. Cependant, 49% des Français jugent que l'aide n'est pas toujours efficace, en particulier lorsqu'elle est destinée à des pays en développement où règne la corruption (70%).

Parmi les objectifs que les Français jugent prioritaires pour l'AFD, la lutte contre la pauvreté pour les populations les plus démunies arrive en tête (56%), incluant notamment la réduction de la faim et des maladies telles que le VIH ou le paludisme, mais aussi l'assurance d'une éducation pour tous. La démocratie et les droits de l'homme viennent en deuxième place (41%), sans surprise, puisqu'il s'agit d' « une spécificité bien française », selon Stéphane Zumsteeg. Enfin, une large majorité considère que l'aide doit contribuer à la protection de l'environnement. 87% affirment qu'il est important de se développer tout en préservant ses ressources naturelles.

Environnement et pauvreté

Une étude publiée hier par la Banque mondiale (BM) met d'ailleurs l'accent sur le lien entre environnement et pauvreté. Elle explique en effet que le réchauffement climatique pourrait entraîner une cascade de « cataclysmes » susceptibles de frapper les pays les plus fragiles. Ces derniers seraient alors en proie à la sécheresse, aux inondations et à la malnutrition, avec une aggravation des « pénuries d'eau » en Afrique de l'Est, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud, ainsi qu'un « rebond significatif » de la mortalité infantile en Afrique subsaharienne.

Cette dernière région est d'ailleurs la plus plébiscitée par les Français pour augmenter les efforts de l'aide publique (56%), suivie par les pays d'Afrique du Nord (17%) touchés notamment par le Printemps arabe, devant ceux d'Amérique du Sud (13%), d'Asie (9%) et du Proche et Moyen-Orient (5%). « Les attentes des Français correspondent bien à la réalité puisque 60% de l'aide au développement est affectée aux pays africains au sud du Sahara et 20% à ceux du bassin méditerranéen », explique Pascal Canfin, ministre français délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement. 

Si 72% des Français estiment que l'aide n'est pas de l'argent gaspillé, ils n'accordent cependant pas la même confiance à tous les acteurs. Les ONG sont jugées les plus efficaces (35%), les plus crédibles (26%) et les plus impartiales (24%), devant les organisations internationales telles l'ONU, l'Unicef ou l'Union européenne, et devant les États.

________

Par Marie Villacèque (@mvillaceque)


 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Turquie : Erdogan et son ombre

Turquie : Erdogan et son ombre

Face à un président turc qui ne cesse d'accroître son pouvoir et d'étendre ses prérogatives, quel rôle pour Ahmet Davutoglu, son nouveau Premier ministre ?[...]

Niger : le Pentagone va ouvrir une deuxième base pour ses drones à Agadez

Après plusieurs mois de négociations, les autorités américaines et nigériennes ont trouvé un accord pour la création d'une base à Agadez d'où pourront désormais[...]

France : un gouvernement enfin cohérent, mais si fragile !

Après l'éviction d'Arnaud Montebourg et des ministres frondeurs, le gouvernement Valls II va pouvoir mener une politique ouvertement sociale-libérale. Ce changement de cap peut-il lui permettre de[...]

Racisme italien et humour de ses victimes

Quelle est la part d’humour dans le bras de fer entre le Congolais Clément Kikoko Kyenge et le président du Sénat italien Roberto Calderoli ? “Sans rire”, le second accuse le premier[...]

Santé : un test rapide et peu coûteux pour détecter le paludisme

Un nouveau test rapide et peu coûteux pour détecter le paludisme a été mis au point par des chercheurs de Singapour et des États-Unis. La maladie tropicale coûte la vie à 600 000[...]

Cisjordanie : Israël s'empare de 400 hectares de terres

Les autorités israéliennes ont annoncé, dimanche, le lancement d’une procédure d’appropriation de 400 hectares de terres situées en Cisjordanie, dans le secteur de Bethléem.[...]

Référendum

En brumeuse Écosse le 18 septembre, mais surtout, en ce qui nous concerne, au Burkina, dans les deux Congo, au Rwanda et au Burundi, cinq pays où pourraient être organisées dès 2015[...]

Inde : de la syrah au pays de Shiva

Alors que la consommation nationale de vin est en pleine croissance, plusieurs producteurs locaux commencent à se faire un nom. Parmi eux, Sula Vineyards, qui s'apprête à exporter... en France.[...]

Italie : le père de Cécile Kyenge a-t-il (vraiment) ensorcelé Roberto Calderoli ?

Connu notamment pour ses insultes racistes, Roberto Calderoli a affirmé mardi que le père de Cécile Kyenge l'avait ensorcelé. Et le sénateur italien dit détenir des preuves de ses[...]

France - Libye : Sarkozy, Kadhafi et la piste malienne

Comme l'a révélé J.A. en exclusivité, les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de l'ex-président français en 2007 ont adressé une demande d'entraide[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex