Selon un sondage Ipsos réalisé pour l'Agence française de développement, plus d'un Français sur deux estime que l'aide publique au développement n'est pas de l'argent gaspillé et souhaite qu'elle soit maintenue voire augmentée. L'Afrique et la lutte contre la pauvreté sont considérées comme prioritaires.
Les Français restent attachés à l'aide publique au développement (APD). Malgré le contexte de crise qui frappe l'Europe, 65% d'entre eux trouvent normal que la France continue d'aider les pays en développement. C'est ce que démontre un sondage Ipsos réalisé pour l'Agence française de développement (AFD) et publié le 19 novembre.
"Bienveillance" et "solidarité"
« Les Français continuent de manifester leur bienveillance et leur solidarité », se réjouit Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale d'Ipsos. Près de la moitié d'entre eux (44%), souhaite que de plus grands moyens soient consacrés aux projets de l'AFD, avec notamment une augmentation de la part budgétaire de l'État français dans ce domaine. Une affectation des recettes de la taxe européenne sur les transactions financières (TTF), qui devrait bientôt être mise en place par 12 États membres de l'Union, est également plébiscitée pour dégager des ressources supplémentaires. Cependant, 49% des Français jugent que l'aide n'est pas toujours efficace, en particulier lorsqu'elle est destinée à des pays en développement où règne la corruption (70%).
Parmi les objectifs que les Français jugent prioritaires pour l'AFD, la lutte contre la pauvreté pour les populations les plus démunies arrive en tête (56%), incluant notamment la réduction de la faim et des maladies telles que le VIH ou le paludisme, mais aussi l'assurance d'une éducation pour tous. La démocratie et les droits de l'homme viennent en deuxième place (41%), sans surprise, puisqu'il s'agit d' « une spécificité bien française », selon Stéphane Zumsteeg. Enfin, une large majorité considère que l'aide doit contribuer à la protection de l'environnement. 87% affirment qu'il est important de se développer tout en préservant ses ressources naturelles.
Environnement et pauvreté
Une étude publiée hier par la Banque mondiale (BM) met d'ailleurs l'accent sur le lien entre environnement et pauvreté. Elle explique en effet que le réchauffement climatique pourrait entraîner une cascade de « cataclysmes » susceptibles de frapper les pays les plus fragiles. Ces derniers seraient alors en proie à la sécheresse, aux inondations et à la malnutrition, avec une aggravation des « pénuries d'eau » en Afrique de l'Est, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud, ainsi qu'un « rebond significatif » de la mortalité infantile en Afrique subsaharienne.
Cette dernière région est d'ailleurs la plus plébiscitée par les Français pour augmenter les efforts de l'aide publique (56%), suivie par les pays d'Afrique du Nord (17%) touchés notamment par le Printemps arabe, devant ceux d'Amérique du Sud (13%), d'Asie (9%) et du Proche et Moyen-Orient (5%). « Les attentes des Français correspondent bien à la réalité puisque 60% de l'aide au développement est affectée aux pays africains au sud du Sahara et 20% à ceux du bassin méditerranéen », explique Pascal Canfin, ministre français délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement.
Si 72% des Français estiment que l'aide n'est pas de l'argent gaspillé, ils n'accordent cependant pas la même confiance à tous les acteurs. Les ONG sont jugées les plus efficaces (35%), les plus crédibles (26%) et les plus impartiales (24%), devant les organisations internationales telles l'ONU, l'Unicef ou l'Union européenne, et devant les États.
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Par Marie Villacèque (@mvillaceque)

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