Du 16 au 24 novembre, Tunis vit au rythme de la 24e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC).
Tunis sort de sa torpeur culturelle. Le long de l’avenue Bourguiba, les cafés sont pleins malgré l’heure tardive et, d’une table à l’autre, on s’échange les titres des films à ne pas rater au cours de cette 24e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), du 16 au 24 novembre. Pour l’occasion, l’axe central de la capitale rend hommage au cinéma : une exposition de photographies extraites de films primés lors de précédentes éditions épate les badauds, de même qu’une projection de vieux courts-métrages muets restaurés. Nul doute que la scène aurait ému le cinéaste Tahar Cheriaa, initiateur en 1996 du premier festival de cinéma africain et arabe.
C’est la première édition des JCC depuis la révolution tunisienne. Et malgré un contexte socio-économique difficile et de nombreuses difficultés pour boucler un budget déjà serré, le festival a su préserver son indépendance. Si le ministère de la Culture a apporté son soutien logistique, il n’a pas fait ingérence dans la programmation. Un vent de liberté souffle sur les écrans de Tunis, ce qui n’empêche pas quelques couacs.
Bénévoles
Ainsi, après une soirée d’ouverture en demi-teinte, le film en compétition Beautés voilées, du cinéaste tunisien Nouri Bouzid, n’a pu, par deux fois, être projeté pour des raisons techniques. L’organisation, qui fait appel à des bénévoles faute de financement, est très approximative, si bien que le public a tôt fait de rebaptiser les JCC… « journées catastrophiques de Carthage ». « Mais au fond, cela n’est pas important », affirme la réalisatrice angolaise Pocas Pascoal, qui présente son premier long-métrage, Por Aqui Tudo Bem (« Ici Tout va bien »).
L’essentiel, ce sont les 19 longs-métrages, 23 courts-métrages et 16 documentaires en compétition, la projection de nombreux autres films tunisiens et étrangers, ainsi que l’hommage, très attendu, au cinéma algérien.
Au cours des deux premières journées de ces JCC, c’est le long-métrage du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch, Les Chevaux de Dieu, qui a attiré les foules. « Avec ce que nous vivons en Tunisie mais aussi dans le monde arabe, ce film, inspiré du quotidien de jeunes kamikazes avant les attentats terroristes de mai 2003 à Casablanca, nous interpelle forcément », affirme Zeineb, une cinéphile d’origine syrienne.
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Par Frida Dahmani, à Tunis

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