Extension Factory Builder
19/11/2012 à 11:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un soldat des FRCI en faction dans le quartier d'Abobo à Abidjan, le 16 octobre 2012. Un soldat des FRCI en faction dans le quartier d'Abobo à Abidjan, le 16 octobre 2012. © Sia Kambou/AFP/Archives

Le rapport de Human Rights Watch publié lundi 19 novembre l'affirme sans l'ombre d'une hésitation : l'armée ivoirienne a multiplié les violations des droits de l'homme en réaction aux attaques commises par des groupes armés à partir du mois d'août. Des exactions qui, selon l'ONG, risquent de "replonger la Côte d’Ivoire dans le conflit".

Mis à jour à 17h14.

En Côte d’Ivoire, les rapports concernant l'armée nationale se suivent… et se ressemblent. Le dernier en date provient de Human Rights Watch (HRW), qui affirme, dans un document de 80 pages publié lundi 19 novembre, que les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ont commis des atteintes « généralisées » envers les droits de l’homme après une vague d’attaques perpétrées entre août et octobre.

Les exactions décrites concernent « des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes d’extorsion, des traitements inhumains et, dans certains cas, des actes de torture », énumère le rapport, intitulé « Bien loin de la réconciliation : répression militaire abusive en réponse aux menaces sécuritaires en Côte d’Ivoire ».

Le gouvernement admet de "possibles dérapages"

Étant donné le « contexte sécuritaire » après les attaques et vu le « niveau de formation en droits de l'Homme » au sein des Forces républicaines (FRCI, armée), « il est possible qu'il y ait eu des dérapages », a déclaré le ministre des Droits de l'Homme, Gnénéma Coulibaly, lundi 19 novembre, après la publication du rapport de HRW.

« Nous allons mener les investigations nécessaires pour identifier les personnes incriminées et vérifier ces allégations. Si elles sont avérées, nous ferons en sorte que des suites judiciaires soient données », a-t-il indiqué, jugeant digne de « crédit » le rapport de l'ONG de défense des droits de l'Homme. « Nous n'avons rien à cacher ni personne à protéger », a insisté le ministre, qui ne s’est pas s’il sera reconduit, le gouvernement ayant été dissout par Alassane Ouattara, le 14 novembre.

« Depuis avril 2012, au moins 50 personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées pendant ces attaques » contre les FRCI, écrit HRW, qui juge « crédibles » les accusations des autorités contre les pro-Gbagbo, dont certains éléments sont suspecté de complot contre la sécurité de l’État.

"Ben Laden" dans le viseur

Mais la « répression » qui a suivi « a été marquée par des actes rappelant les crimes graves commis pendant la crise postélectorale de 2010-2011 », poursuit HRW, qui a effectué une mission de trois semaines à Abidjan entre août et septembre et dit avoir recueilli cinq témoignages de personnes ayant été victimes de tortures dans un camp militaire de la capitale économique.

« La torture en tant que telle ne semblait pas être systématique », indique cependant HRW qui souligne que les exactions ont été commises « dans certains cas sous des commandants précédemment identifiés comme responsables d’abus brutaux » durant la crise de 2010-2011. En clair, ce sont toujours les mêmes responsables militaires qui sévissent en toute impunité, affirme l’organisation.

En clair, ce sont toujours les mêmes responsables militaires qui sévissent en toute impunité.

Dans le viseur de HRW, le commandant Ousmane Coulibaly, dit « Ben Laden » est régulièrement accusé de violations des droits humains. Celui-ci, ex-chef rebelle pro-Ouattara, a récemment été nommé préfet de la région sensible de San Pedro (Sud-Ouest). Précédemment en charge de la sécurité du quartier de Yopougon, un fief abidjanais de l'ex-président Laurent Gbagbo, il serait responsable d’« arrestations arbitraires massives » d’opposants présumés. « Des centaines de jeunes hommes semblent avoir été arrêtés et détenus, essentiellement sur la base de leur (appartenance ethnique) et leur lieu de résidence ».

Les promesses de Ouattara

Amnesty International, qui prépare aussi un rapport sur la Côte d’Ivoire, a déjà affirmé dans un communiqué en octobre que « plus de 200 personnes » dont des pro-Gbagbo, avaient été « arbitrairement détenues et torturées ». Le gouvernement avait vivement protesté mais promis d'ouvrir des enquêtes. Récemment, certains militaires mis en cause par les associations des droits de l'homme

« Plusieurs responsables gouvernementaux ont admis l'existence d’excès dans la riposte des militaires, mais se sont concentrés sur la gravité de la menace sécuritaire et ont promis que des mesures ont été et seraient prises afin de contrôler ces abus à l’avenir », explique le rapport de HRW.

Pour l’ONG, Alassane Ouattara doit tenir enfin ses « promesses maintes fois répétées de mettre fin à l’impunité. (…) La justice des vainqueurs et les abus généralisés » contre des pro-Gbagbo risquent de « replonger la Côte d’Ivoire dans le conflit ». De fait, aucune figure militaire du régime n'a été encore inquiétée par la justice ivoirienne, malgré les accusations de crimes commis durant la période postélectorale.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : un VRP nommé Ouattara

Côte d'Ivoire : un VRP nommé Ouattara

Pour le président ivoirien Alassane Ouattara, qui savourait fin août ses derniers jours de vacances à Mougins, dans le sud de la France, la rentrée s'annonce chargée avec un voyage en Co[...]

Ebola : inquiète des conséquences économiques, la BAD va mobiliser 150 millions de dollars

Après avoir octroyé 60 millions de dollars à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour lutter contre l’épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la Banque africaine de[...]

Côte d'Ivoire : la commune du Plateau se fait noter

La commune du Plateau est devenue la deuxième collectivité locale d’Afrique occidentale francophone, après la ville de Dakar, à se faire noter par Bloomfield Investments.[...]

Côte d'Ivoire : Guillaume Koffi et Issa Diabaté, l'architecture et l'art de la passivité

Les architectes ivoiriens Guillaume Koffi et Issa Diabaté s'inspirent de l'architecture traditionnelle africaine pour concevoir des bâtiments de plus en plus passifs. Mais résolument modernes.[...]

CAN 2015 : Ouattara ne veut pas de match Côte d'Ivoire-Sierra Leone à Abidjan

Le président ivoirien Alassane Ouattara a exprimé à un ministre son refus de voir le match Côte d'Ivoire-Sierra Leone se tenir à Abidjan, le 6 septembre. Mais pour l'instant, aucune solution de[...]

Présidentielle ivoirienne 2015 : les lièvres et la tortue

Alors que l'élection présidentielle ivoirienne aura lieu en octobre 2015, seul Alassane Ouattara a pour l'instant déclaré sa candidature. Les autres leaders politiques continuent de chercher celui qui[...]

Stanislas Zézé : "La notation de la Côte d'Ivoire a rassuré les entreprises locales"

Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment, et Jean-Paul Tonga, directeur des opérations de l'agence de notation basée à Abidjan, reviennent pour "Jeune Afrique" sur l'impact du[...]

Côte d'Ivoire : "Stop Ebola", un clip pour lutter contre le virus

Spots publicitaires, communiqués, messages radiophoniques, les campagnes de sensibilisation contre le virus Ebola battent leur plein sur le continent. En Côte d'Ivoire, un blogueur a décidé de[...]

Bientôt, les palmiers ivoiriens produiront de l'électricité

 À Aboisso, en Côte d'Ivoire, une minirévolution qui s'annonce : la construction d'une centrale d'énergie alimentée par de la biomasse, la première en Afrique à être[...]

Côte d'Ivoire : le FPI en a-t-il vraiment fini avec sa crise interne ?

La crise qui secoue le Front populaire ivoirien (FPI) a officiellement pris fin mardi. Mais les divergences de fond sur la ligne adoptée par la formation de l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, n'ont pas[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex