Les islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) ont remporté des combats, vendredi 16 novembre, face aux rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA) qui ont tenté de les déloger de leur bastion de Gao (nord-est du Mali). Une victoire célébrée dimanche dans les rues de la ville au son du kalachnikov.
C'est au son du canon de leur fusils, dimanche soir, à Gao, que les islamistes du Mujao ont fêté leur victoire deux jours après des combats contre le MNLA. « Ils tirent en l'air et disent "Allah Akbar, Allah Akbar (Dieu est grand en arabe), nous avons gagné" », a rapporté un habitant de Gao, ville contrôlée depuis juin par le Mujao qui en a précédemment chassé les rebelles touaregs du MNLA.
Des éléments du Mujao formant un convoi de six véhicules ont fait leur entrée à Gao par la partie nord de la ville et tiré des coups de feu en l'air « comme s'ils venaient du front », a indiqué un témoin. « C'est pour fêter notre victoire sur le MNLA », a déclaré Abou Dardar, un responsable du Mujao, joint au téléphone depuis Bamako, confirmant les informations rapportées par des habitants, mais sans donner de bilan des affrontements.
Le MNLA dément
Vendredi, de violents combats ont opposé, dans la région de Gao, les islamistes du Mujao aux rebelles touaregs du MNLA. D'après des sources sécuritaires régionales, les membres du MNLA ont subi « une lourde défaite », perdant « au moins une dizaine » de combattants et du matériel. Selon deux sources sécuritaires au Mali et au Burkina Faso voisin, le colonel Mechkanine, adjoint des forces armées du MNLA a été blessé dans ces combats.
Un calme précaire régnait dans la région de Gao depuis la fin des combats. En prévision d'une possible reprise des hostilités, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a envoyé samedi, depuis Tombouctou (300 km plus à l'ouest), des renforts aux hommes du Mujao.
Dans un communiqué publié dimanche, le MNLA « dément avoir eu des morts mais déplore uniquement neuf blessés ». Il affirme que les islamistes « ont pris la fuite avec leurs blessés » et fait état de « 55 morts et plus d'une centaine de blessés » dans les rangs de ces derniers. L'objectif du Mouvement « reste de reprendre l'Azawad (nom donné par les Touaregs à tout le nord du Mali) des mains d'Aqmi et de ses alliés », avait indiqué Moussa Salem, un combattant du MNLA.
Déjà battus en juin
Le 27 juin, à l'issue de précédents combats qui avaient fait au moins 35 morts, le Mujao, appuyé par Aqmi, avait évincé le MNLA de Gao où la rébellion touarègue, qui se voulait laïque et favorable à l'autodétermination du nord du Mali, avait établi son quartier général. Le MNLA, allié aux islamistes lorsqu'il avait lancé l'offensive dans le nord du Mali contre l'armée régulière en janvier, ne contrôle plus aucune ville importante de la région.
Celle-ci est totalement occupée par les jihadistes d'Aqmi et du Mujao - des étrangers en majorité - et les islamistes d'Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), mouvement principalement composé de Touaregs maliens. Ansar Eddine et le MLNA mènent des négociations depuis deux semaines au Burkina Faso.
(Avec AFP)

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