Extension Factory Builder
19/11/2012 à 09:16
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le M23 et les FARDC se rejettent la responsabilité de la reprise des combats au Nord-Kivu. Le M23 et les FARDC se rejettent la responsabilité de la reprise des combats au Nord-Kivu. © AFP

À la suite d'une grande offensive durant le week-end, les rebelles du M23 sont arrivés à 5 km du centre de Goma, où les scènes d'exode se multiplient. Les mutins menacent de prendre complètement la ville si les FARDC les attaquent et si leurs exigences ne sont pas satisfaites.  

Ils avaient beau promettre qu’ils ne cherchaient pas à « prendre Goma », les soldats du Mouvement du 23 mars (M23) sont désormais aux portes de la ville. Les conditions qu'ils exigent du gouvernement congolais pour qu'ils arrêtent leur progression comprennent notamment une démilitarisation totale de la capitale du Nord-Kivu, la Monusco ne devant conserver à leurs yeux que son rôle de protection des populations civiles.

Selon une source militaire occidentale, les rebelles se seraient arrêtés à 5 km du centre-ville, sur les hauteurs, à la suite d’un accord passé avec l’armée congolaise. De fait, de nombreux chefs des Forces armées de la RDC (FARDC) ont déjà fui la ville, dimanche, en compagnie de civils par milliers et de réfugiés d’un camp voisin, qui comptait 30 000 personnes avant les combats. Des scènes d’exode qui suivent une offensive majeure du M23 durant le week-end – la plus grande depuis le début de la mutinerie en mai dernier.

Selon le vice-gouverneur provincial, Feller Lutaichirwa, les militaires congolais se sont retirés afin « d'éviter un bain de sang » dans Goma, « ville de déplacés, prise en étau », entre le lac Kivu et la zone occupée jusqu'à présent par le M23. Le porte-parole de l'armée à Goma a cependant affirmé que les FARDC étaient en position aux abords de la ville, notamment à Munigi, au Nord, près de l’aéroport, où les rebelles disent avoir pris position. « Si les FARDC nous attaquent, on prendra la ville », a expliqué le colonel Innocent Kayina, un responsable du M23 dans le secteur.

Des Casques bleus de l’ONU en mission en RDC observent les manoeuvres des rebelles du M23, le 18 novembre 2012, aux abords de Goma.

© AFP

Hélicoptères de l'ONU

Munigi jouxte également une base de l'ONU occupée par un bataillon sud-africain. Selon un porte-parole des Nations unies à New-York, Kieran Dwyer , la Monusco a essayé samedi de stopper l’avancée rebelle en utilisant « quatre hélicoptères de combat ». Sans succès. Les responsables civils de la ville sont partis par bateaux sur le lac Kivu vers Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, distante d'environ 80 kilomètres au Sud où ils sont arrivés en fin d'après-midi. Les chefs militaires, quant à eux, se seraient regroupés à Sake (20 km à l'est de Goma).

« Nous sommes en panique générale », a déclaré un chauffeur de taxi. Le porte-parole de la province du Nord-Kivu, Célestin Sibomana n’a pas hésité à évoquer « une débandade » et à dénoncer l'inaction des Casques bleus. Lesquels « resteront dans Goma (est) », a assuré dimanche le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ajoutant qu'aucune action visant les forces de l'ONU, qui disposent de 6 700 hommes dans le Nord-Kivu, « ne sera tolérée ».

Une réfugiée congolaise arrive à la base de l'ONU à Munigi, le 18 novembre 2012.

© Phil Moore/AFP

Pas de "brassage"

Le Conseil de sécurité de l'ONU a d’ailleurs demandé samedi l'arrêt de l'avance de la rébellion vers Goma et que « tout soutien extérieur et toute fourniture d'équipement au M23 cessent immédiatement ». Des propos qui visent indirectement le Rwanda voisin, accusé par l’ONU et Kinshasa de soutenir les rebelles, ce que Kigali dément.

La représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ainsi que les diplomaties française et anglaise ont également mis en garde le M23 et ses soutiens contre la poursuite des violences et l’aggravation de la situation. Les mutins réclament une meilleure application des accords de 2009 avec le gouvernement congolais portant sur l’intégration des anciens membres de la rébellion pro-rwandaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) au sein des forces loyalistes. Ils exigent notamment le maintien de tous les officiers dans leurs grades et refusent le « brassage » que veut leur imposer Kinshasa ce qui les éloignerait de leur zone d'influence dans l'est de la RDC.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : le journaliste Magloire Paluku toujours inquiet pour sa sécurité

RDC : le journaliste Magloire Paluku toujours inquiet pour sa sécurité

Réchappé d'une tentative d'assassinat le 10 août, Magloire Paluku, directeur de Radio Kivu 1 et correspondant de RFI swahili à Goma, assure aujourd'hui lui même sa sécurité.[...]

RDC : l'isolement de la région touchée par Ebola limite la progression de l'épidémie

L’enclavement de la zone touchée par l’épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola en République démocratique du Congo limite considérablement sa[...]

RDC - Affaire Chebeya : plainte contre Mwilambwe confirmée au Sénégal

À la suite de la plainte déposée par la FIDH et les familles des victimes dans l'affaire Chebeya début juin, la justice sénégalaise a ouvert mardi une information judicaire à[...]

RDC 

Kin-Kiey Mulumba : "La majorité des Congolais souhaitent voir Kabila continuer"

Au cœur du débat sur l'éventuelle modification de la Constitution en RDC, Kin-Kiey Mulumba, ministre congolais en charge des Nouvelles technologies, lance "Kabila désir". Une structure qui[...]

RDC : l'épidémie d'Ebola n'a "aucun lien avec celle qui sévit en Afrique de l'Ouest"

"Les résultats sont sortis positifs. Le virus Ebola est confirmé en RDC", a déclaré le ministre congolais (RDC) de la Santé, Félix Kabange Numbi.[...]

RDC : la fièvre hémorragique d'origine indéterminée "sous contrôle"

Le ministre congolais de la Santé, le Dr Félix Kabange Numbi, a annoncé vendredi que la fièvre hémorragique d'origine indéterminée qui a fait treize morts depuis le 11 août[...]

RDC : Jean-Claude Kifwa, le général "action, réaction" à Kisangani

Alors que Kisangani, dans le nord-est de la RDC, s’apprête à accueillir temporairement des ex-rebelles FDLR, le climat est tendu entre société civile et autorités militaires. Sur place, le[...]

RDC - Congo : Mbata ya bakolo, un retour fortement conseillé

Les ressortissants de RDC sont priés de se mettre en règle ou de quitter le pays. Une opération qui accentue les tensions entre les deux voisins.[...]

CAN 2015 : Etekiama s'explique, le Rwanda va faire appel

Agiti Taddy Etekiama, alias Dady Birori, l’attaquant rwandais d’origine congolaise (RDC), a été suspendu par la CAF, qui a également exclu le Rwanda des qualifications pour la CAN 2015 au profit du[...]

Architecture : pourquoi s'approprier l'héritage colonial est une bonne chose

L'héritage achitectural colonial a souvent été délaissé en Afrique. Mais la tendance commence à s'inverser.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex