Le comptage des voix se poursuivait, dimanche 18 novembre en Sierra Leone, au lendemain d'élections générales organisées près de onze ans après la fin de la guerre civile. Le scrutin présidentiel s'annonce serré entre le président sortant, Ernest Koroma, élu en 2007, et son principal rival, Julius Maada Bio, ex-chef d'une junte militaire qui a dirigé le pays durant quelques mois en 1996.
Le nom du nouveau président de la Sierra Leone n'est pas encore sorti des urnes. Entamé samedi soir, le dépouillement des bulletins de vote a continué dimanche en présence des observateurs et des représentants des candidats. Les résultats définitifs doivent être proclamés le 26 novembre.
À Freetown, de nombreuses personnes écoutaient les radios privées annonçant de premiers résultats officieux, après les élections présidentielle, législatives, régionales et municipales de samedi. Ces élections générales couronnent une décennie de paix en Sierra Leone, pays ravagé par une guerre civile sanglante qui a fait environ 120 000 morts entre 1991 et 2002.
Le scrutin présidentiel s'annonce déjà serré entre le président sortant, Ernest Koroma, 59 ans, élu en 2007, et son principal rival Julius Maada Bio, 48 ans, ex-chef d'une junte militaire qui a dirigé le pays durant quelques mois en 1996. Candidat du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), ce dernier bénéfice de larges soutiens parmi la population frappée par un important taux de chômage - entre 60 et 65% chez les jeunes - dans un pays parmi les plus pauvres au monde. Ernest Koroma, candidat du Congrès de tout le peuple (APC), est quant à lui donné favori mais il n'est pas sûr qu'il puisse atteindre les 55% des voix requises pour éviter un second tour.
Des élections bien tenues
Dans un communiqué publié dimanche, le secrétaire général de l',Ban Ki-moon, s'est félicité « des paisibles élections » de samedi. « L'affluence des électeurs et le remarquable calme à travers le pays sont une claire manifestation (des Sierra-Léonais) de leur désir pour la paix, la démocratie et le développement », a indiqué Ban Ki-moon.
Il a appelé les chefs de partis et leurs militants « à accepter les résultats officiels et à mettre leur pays au dessus de leurs intérêts (partisans) pour ne pas compromettre la paix » dans le pays. Les observateurs internationaux des scrutins ont, dans l'ensemble, salué leur bonne tenue et la mobilisation des électeurs, mais des craintes de violences subsistent pour la période postélectorale. Le principal enjeu est l'acceptation des résultats par les candidats.
Le vice-président du SLPP, Sumana Kapeh, a demandé aux partisans de sa formation de « rester calmes et d'attendre les résultats officiels ». Il a indiqué que son parti était en train d'enquêter sur « des immixtions de membres du gouvernement » dans le processus électoral en certains endroits de la région de Freetown.
Éviter les violences
Un responsable de l'APC, Leonard Koroma, a déclaré que des résultats non officiels donnaient une avance à son parti (au pouvoir) qui a également, selon lui, obtenu de bons scores dans des bastions de l'opposition de l'est du pays. « Tous les partisans de l'APC doivent rester calmes » jusqu'à l'annonce des résultats par la Commission électorale nationale (NEC), a-t-il dit.
Le chef de la mission d'observation électorale de l'Union européenne (UE), Richard Howitt, a appelé à une publication rapide des résultats pour éviter des violences. « Beaucoup de personnes se sont inquiétées des réactions ayant suivi l'annonce de résultats (non officiels) et c'est une situation explosive. Je crains qu'une prolongation de l'annonce des résultats ne provoque des conflits dans une société où les rumeurs jouent un rôle important », a-t-il indiqué.
La campagne électorale s'était généralement déroulée sans violence, à part quelques incidents isolés. Malgré un fort potentiel économique grâce à d'importantes richesses minières - diamants, bauxite, or, minerai de fer, pétrole off shore - la Sierra Leone demeure un pays pauvre où les revenus de ces richesses ne sont pas équitablement répartis.
(Avec AFP)

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