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14/11/2012 à 12h:38
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L'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, le 23 octobre 2012 à Berlin. L'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, le 23 octobre 2012 à Berlin. © AFP

L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahel, Romano Prodi, a indiqué, mardi 13 novembre, qu'il allait appeler à une réunion internationale en décembre pour tenter de résoudre la crise au Mali. De leur côté, les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont insisté sur l'imminence d'une intervention militaire pour reprendre le Nord du pays aux islamistes armés.

L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahel, l'Italien Romano Prodi, souhaite la convocation d'une réunion internationale, dans le courant de décembre, pour tenter de résoudre la crise au Mali. Le diplomate, qui s'est entretenu avec Ban Ki-moon, n'a pas précisé de date. Il a simplement déclaré à la presse qu'il voulait réunir les représentants des pays concernés et ceux des nations ou groupes régionaux impliqués (dont l'Union Africaine, l'Union européenne, la France, la Grande-Bretagne...), pour une réunion qui se tiendra à Rome.

L'ancien Premier ministre italien a également indiqué qu'il essayait de mettre en place une aide humanitaire pour la région du Sahel. Romano Prodi a été chargé au début d'octobre de coordonner les efforts de l'ONU pour mettre au point une stratégie sur le Sahel.

Du côté de la Cedeao, les dirigeants ouest-africains ont insisté, mardi, sur l'imminence d'une intervention pour reprendre le nord du Mali aux islamistes armés, affirmant que l'armée malienne et les pays de la zone étaient « prêts » pour cette opération qui soulève pourtant des interrogations. « La force est tout à fait prête. Lorsque l'ONU donnera son feu vert, le déploiement pourra commencer immédiatement », a affirmé à des journalistes Kadré Désiré Ouedraogo, président de la Commission de la Cedeao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest), en marge d'une table ronde sur le Niger à Paris.

Volontarisme

Dimanche, à Abuja, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont approuvé l'envoi d'une force militaire internationale de 3 300 soldats pour une durée d'un an afin de reconquérir le nord du Mali, passé sous la coupe de groupes islamistes armés. Leur plan doit être transmis, via l'Union africaine (UA) et avant la fin de novembre, au Conseil de sécurité de l'ONU qui doit ensuite autoriser l'intervention armée par le vote d'une résolution.

Le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, a quant à lui annoncé mardi que l'organisation panafricaine approuvait cette opération. Il a ajouté que l'UA recommandait vivement au Conseil de sécurité des Nations unies « d'autoriser ce plan de déploiement de la force pour une durée d'un an ».

« Je ne peux pas parler de délai de rigueur pour le déploiement » de la force, a cependant déclaré, mardi à Ouagadougou, le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit. « L'option préférée par tous, aussi bien par la Cedeao et par l'Union africaine que par les Nations unies, c'est l'option du dialogue, et nous souhaitons qu'il ait lieu le plus rapidement possible », a-t-il dit.

Car en dépit du volontarisme militaire qui est affiché, de nombreuses questions subsistent sur les délais nécessaires à la mise sur pied de la force, sur sa composition, son financement et sur le consensus réel des pays de la zone concernant la nécessité d'une intervention armée au Mali. Kadré Désiré Ouedraogo et le président nigérien Mahamadou Issoufou se sont évertués à balayer les interrogations. « On n'a pas le choix, il faut intervenir », a réitéré Issoufou, dont le pays pourrait envoyer plus de 500 soldats au Mali voisin. « Il y a une convergence parfaite au niveau de la Cedeao, de l'Afrique, et de toute la communauté internationale sur ce qu'il faut faire pour résoudre la crise. Ce n'était pas le cas il y a quelques mois, et c'est une grande victoire », a-t-il assuré à des journalistes.

Intervention "par phases"

Puissance régionale incontournable mais réticente à une intervention internationale à ses portes, l'Algérie a elle-même promis qu'elle « fermerait ses frontières » en cas d'opération, pour priver les groupes armés de toute base arrière, a affirmé Ouedraogo. Alger a indiqué mardi soir qu'il prendrait « les mesures appropriées » pour assurer la défense de ses intérêts et la protection « maximale » de ses frontières.

Pays africains et occidentaux pensent avoir obtenu si ce n'est le soutien, du moins l'accord d'Alger à une intervention militaire, malgré les déclarations répétées de responsables algériens sur la possibilité d'une solution politique à la crise. Concernant le calendrier, « les États sont prêts à envoyer leur contingent », a assuré Issoufou, citant notamment le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Bénin. L'armée malienne « peut être rapidement en mesure de combattre », a renchéri Ouedraogo.

Selon lui, l'intervention se fera « par phases ». « On n'a pas besoin de déployer toute la force en même temps, ce n'est pas une guerre classique. Il y aura des opérations spéciales », a-t-il dit. Concernant le soutien logistique des pays occidentaux, et notamment de la France, il a déclaré : « Nous avons demandé un soutien aérien. Tous nos partenaires, la France entre autres, ont promis leur soutien ». L'éventualité de frappes aériennes « dépendra des difficultés sur le terrain », a-t-il précisé.

Mais, à Paris, le président François Hollande a écarté cette éventualité. La France n'interviendra « en aucun cas » elle-même au Mali, a affirmé le président français lors d'une conférence de presse. Il a rappelé que Paris s'était engagé à « soutenir logistiquement » les pays africains pour mettre un terme à l'occupation du nord du Mali par des « groupes terroristes ».

(Avec AFP)

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