Dioncounda Traoré (Mali) et Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), à Abuja, le 11 novembre.
© Pius Utomi Ekpei/AFP
Le sommet extraordinaire des chefs d'État de la Cedeao, le 11 novembre à Abuja, a débouché sur l'adoption d'un concept d'opérations pour une intervention au Nord-Mali. En tout, quelque 3 300 soldats devraient être déployés pendant au moins un an.
Si les détails du plan d’intervention au Nord-Mali ne sont pas dévoilés, au moins ses contours sont-ils fixés. « Nous prévoyons 3 300 soldats pour une durée d'un an », a déclaré le dirigeant ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), au sortir d’une réunion des quinze chefs d’État de l’organisation, ou de leurs représentants, dimanche 11 novembre, à Abuja.
Ils ont définitivement « adopté » le « Concept harmonisé des opérations pour le déploiement de la force internationale conduite par l'Afrique », en insistant sur « le rôle de leadership de la Cedeao dans le déploiement de la force internationale sous conduite africaine ». Le plan doit être transmis transmis via l'Union africaine à l'ONU, avant la fin de novembre, de manière à ce que le Conseil de Sécurité puisse l’examiner et, le cas échéant, vote une résolution donnant mandat d’intervention à la Cedeao.
Huis clos
D’autres pays africains étaient représentés à la rencontre qui s’est tenue à huis clos, dont la Mauritanie, l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Maroc, le Tchad et la Libye. Ces pays pourraient participer à une éventuelle intervention, mais la « force internationale » serait composée de soldats provenant prioritairement des pays membres de la Cedeao, indique le communiqué final. « Nous avons des pays qui offrent des bataillons, d'autres des compagnies (...). Il y a, bien sûr, le Nigeria, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, nous avons également des pays comme le Ghana (...), le Togo », a énuméré Ouattara.
Le Tchad pourrait participer. (...) Nous avons eu également des contacts avec d'autres pays : la Mauritanie, l'Afrique du Sud.
Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao
Celui-ci ajoute que « le Tchad pourrait participer » et « nous avons eu des contacts avec d'autres pays : la Mauritanie, l'Afrique du Sud », a-t-il dit, sans évoquer le cas de l’Algérie, opposée à une action armée et qui était représentée par Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines.
Le communiqué final du sommet extraordinaire souligne que « le dialogue » reste « l'option préférée pour la résolution de la crise politique au Mali. (…) Toutefois, en ce qui concerne la situation sécuritaire, l'usage de la force s'avère indispensable contre les réseaux terroristes et de criminalité transnationale qui menacent la paix et la sécurité internationales », précisent les dirigeants ouest-africains. À l'ouverture du sommet, le président nigérian Goodluck Jonathan avait d’ailleurs résolument plaidé pour l'option militaire, afin d'« éviter des conséquences dommageables, non seulement pour le Mali mais pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique tout entière ».
Intégrité du Mali et laïcité
En définitive, pour la Cedeao, le dialogue ne peut concerner que « les groupes armés non impliqués dans les activités terroristes et criminelles », qui reconnaissent l'intégrité du Mali et le caractère laïc de l'État.
De leur côté, les Européens soutiennent les initiatives régionales africaines, mais ont jusqu'à présent affirmé qu'ils n'enverraient pas de troupes destinées à combattre sur le sol malien, que l'option militaire ne devait être envisagée qu'en « dernier ressort », mais qu'ils étaient prêts à un soutien logistique et d'encadrement. Les ministres de cinq pays européens - France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne - doivent se réunir jeudi à Paris pour discuter de la mise sur pied d'une mission européenne d'entraînement qui compterait au moins 200 soldats.
(Avec AFP)

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