Extension Factory Builder
09/11/2012 à 15:57
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des salafistes rassemblés sur la place Tahrir du Caire, le 9 novembre 2012. Des salafistes rassemblés sur la place Tahrir du Caire, le 9 novembre 2012. © AFP

Des milliers de salafistes égyptiens se sont rassemblés sur la Place Tahrir du Caire, vendredi 9 novembre. Objectif : réclamer l'application de la charia dans la Constitution en cours d'élaboration.

Les salafistes tentent-ils de faire un casse historique en « braquant » le Printemps arabe ? À cette question, les Tunisiens, Libyens et Égyptiens laïcs et modérés répondent de plus en plus souvent par l’affirmative. Et ce n’est pas la présence, vendredi, de plusieurs milliers de radicaux sur la Place Tahrir du Caire, symbole de la révolution égyptienne, qui devrait les rassurer.

La manifestation, baptisée « vendredi de l'application de la charia » en Égypte a été lancée par plusieurs groupes fondamentalistes comme le Front salafiste et la Gamaa Islamiya. Comme son nom l’indique, elle a pour objectif de faire inscrire la « loi islamique » dans la future Constitution, qui fait l'objet de vifs débats au sein de la commission chargée de la rédiger.

« Le Coran est au-dessus de la Constitution », « Application de la charia », proclamaient des pancartes. « Pain, liberté, charia islamique », disait une autre, reprenant justement l'un des principaux slogans due la révolution mais en substituant « justice sociale » par « charia »…

Source de la législation

« Le peuple veut l'application de la loi de Dieu ! » scandaient les manifestants, qui souhaitent que la nouvelle Constitution aille plus loin que l’ancienne, suspendue par les militaires après la chute de Hosni Moubarak et qui reconnaissait les « principes de la charia islamique » comme étant la source principale de la législation.

Les fondamentalistes veulent notamment que le mot « principes » soit remplacé par celui de « préceptes », voire par « charia » tout court, ce que rejettent évidemment les milieux libéraux et laïques. Les Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, et le principal parti salafiste, Al-Nour, ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à la manifestation.

Le nouveau patriarche copte d'Égypte Tawadros II a affirmé qu'il rejetterait la Constitution si celle-ci imposait un État religieux.

Le processus d'élaboration de la Constitution est en cours depuis plusieurs mois mais l'incertitude règne sur sa pérennité, en raison de recours en justice portant sur la composition de la commission constituante, dominée par les islamistes. La justice administrative, saisie de demandes de dissolution de la commission constituante, a renvoyé le dossier devant la haute cour constitutionnelle.

Le nouveau patriarche copte d'Égypte Tawadros II, dont la communauté représente de 6 à 10% des 83 millions d'Égyptiens et s'inquiète de la montée en puissance des islamistes, a quant à lui affirmé qu'il rejetterait la Constitution si celle-ci imposait un État religieux.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Egypte

Égypte : double attentat au Caire, cinq blessés dont deux policiers

Égypte : double attentat au Caire, cinq blessés dont deux policiers

Deux bombes ont explosé mardi au Caire. Cinq personnes, dont au moins deux policiers, ont été blessées.[...]

La danse orientale, à corps perdus

Tantôt vénérée tantôt méprisée, la danse orientale peine aujourd'hui à se produire sur les scènes du monde arabe. Retour sur un art populaire à la[...]

Égypte : une bombe explose au Caire, trois blessés dont deux policiers

L'explosion d'une bombe posée entre deux voitures, près d'un point sécurité dans le centre du Caire, a blessé deux policiers et un civil, selon des sources au sein des services de secours et[...]

La présidentielle égyptienne sera supervisée par l'Union européenne

L'Union européenne va, pour la première fois, superviser l'élection présidentielle prévue fin mai en Égypte. L'ex-homme fort de l'armée, Abdel Fattah al-Sissi, en est le grand[...]

Maghreb : Ô Rap ! Ô désespoir !

De Rabat à Tripoli, ils traduisent, avec des paroles parfois très crues, la colère et les frustrations de la jeunesse face à l'oppression et à l'injustice, mais aussi sa[...]

Égypte : dans les mâchoires d'Al-Qaïda

Quasi démilitarisé par l'accord de paix israélo-égyptien de 1979, le Sinaï est devenu le sanctuaire d'une demi-douzaine de groupes jihadistes dont les attentats vont se multipliant.[...]

Égypte : trois figures de la révolte de 2011 condamnées à de la prison ferme

Les peines de trois ans de prison ferme infligées à trois figures de la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak ont été confirmées, lundi, par un tribunal égyptien. Ce dernier a[...]

Égypte : la justice confirme les peines de prison de trois figures de la révolution

Les peines de trois ans de prison ferme infligées à trois figures de la révolte de 2011 ont été confirmées lundi par la justice égyptienne. Ils étaient accusés[...]

Égypte : le procès de Mohamed Morsi pour incitation au meurtre ajourné à dimanche

Le procès du président destitué Mohamed Morsi pour "incitation au meurtre" de manifestants a été ajourné à dimanche pour entendre les témoignages de hauts[...]

Égypte : 23 morts dans le Sud dans des heurts tribaux

Au moins 23 personnes ont été tuées samedi dans des affrontements entre tribus dans le sud de l'Egypte, a indiqué un média officiel, tandis que le ministère de l'Intérieur[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers