Extension Factory Builder
08/11/2012 à 17:47
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
IBK : 'Je suis contre la guerre, mais je ne pense pas que l'on puisse faire autrement'. IBK : "Je suis contre la guerre, mais je ne pense pas que l'on puisse faire autrement". © DR

Une intervention africaine au Nord-Mali n'a jamais été aussi près de se réaliser. Comme de nombreux Maliens, l'ancien Premier-ministre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) la juge indispensable. En dernier recours, bien-sûr.

Pour Ibrahim Boubacar Keita, ex-Premier ministre et président du Rassemblement pour le Mali (RPM), une intervention militaire est inéluctable. « Y-a-t-il un autre moyen d'éviter la bunkerisation du Nord-Mali ? », s'interroge-t-il. « Je suis contre la guerre, mais je ne pense pas que l'on puisse faire autrement », confie-t-il à Jeune Afrique dans une interview vidéo ci-dessous.

De fait, à Gao, ville du nord malien sous la coupe du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao), règne une certaine fébrilité. « Depuis deux, trois jours, on voit des jihadistes charger des voitures, raconte Moussa, un habitant de la ville. Ils ont pris beaucoup de carburant, des pneus de secours, des bagages. Ils ont tout attaché sur le toit des voitures et ils sortent de la ville ». Pour lui, pas de doute : les préparatifs de l'intervention militaire en cours à Bamako, la capitale, sont la cause de toute cette agitation. « Apparemment, ils mettent leurs réserves à l'abri », poursuit-il.

Voir l'interview vidéo d'Ibrahim Boubacar Keïta : 

Plan d'intervention

Car du 26 octobre au 6 novembre, chefs d'états-majors du Mali et de la sous-région, représentants de la Force en attente de l'Union africaine (FAA) et experts occidentaux se sont réunis à Bamako pour mettre au point leur offensive militaire. Les plans seront soumis aux chefs d'États de la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (Cedeao) au sommet extraordinaire d'Abuja, le 11 novembre. Après validation, cette proposition sera transmise au Conseil de sécurité des Nations unies, qui a donné jusqu'au 26 novembre à la Cedeao pour préciser les termes d'une intervention au nord du Mali.

Bamako attend toujours l’union sacrée

Pendant ce temps à Bamako, la capitale malienne, si l'on est très attentif aux déclaration des groupes armés, l'on reste plus préoccupé par le débat politique interne. Sensée permettre aux Maliens de recoller les morceaux, la concertation nationale se tiendra-t-elle un jour ? Le 3 novembre, le Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR, anti-putsch du 21 mars), a annoncé qu'il n'y participerait pas. MGB

Peu de choses ont filtré des rencontres, si ce n'est que l'on parle du déploiement de 4 000 hommes (au lieu de 3 000 précédemment) qui sécuriseront les villes reconquises par l'armée malienne. De son côté, l'état-major malien pense mobiliser entre 6 000 et 8 000 hommes, militaires et para-militaires.

Des préparatifs qui ont sûrement pesé dans les discussions en cours à Ouagadougou (Burkina Faso) entre le médiateur ouest-africain de la crise malienne, le président Blaise Compaoré, et les jihadistes d'Ansar Dine, du Touareg Iyad Ag Ghali. Leur porte-parole, Mohamed Ahariba fait savoir que son groupe rejetait « toute forme d'extrémisme et de terrorisme ». Mais peut-on pour autant dire qu'ils ont renié la pratique rigoriste de la charia – qui est d’abord celle de leurs alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ?

________

Par Malika Groga-Bada

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Les mystères de la Corsafrique

Les mystères de la Corsafrique

Feliciaggi, Tomi, Pasqua, Foccart, Bongo Ondimba, Sassou Nguesso, IBK... Bienvenue en Corsafrique ! Dans son numéro double, "Jeune Afrique" consacre une enquête à l'ascension des Corses en Afrique, d[...]

Abdoulaye Diop : "La paix pour le Mali passe par l'accord d'Alger"

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, revient sur le préaccord d'Alger que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) refuse toujours de[...]

Mali : quand les mausolées des saints de Tombouctou ressuscitent

Trois ans après la destruction des mausolées de Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l'Unesco, la "Ville aux 333 saints" a entamé leur reconstruction. Et renoué avec une[...]

Mali : remue-ménage onusien autour du préaccord de paix

À l'issue de sa réunion consacrée au Mali, le 9 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les groupes rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)[...]

Deux morts dans une attaque contre un convoi de l'ONU dans le nord du Mali

Deux personnes ont été tuées par balles près de Gao, au nord du Mali, dans une attaque contre un convoi de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) vendredi soir, trois jours après un[...]

Sahel : l'armée française multiplie les opérations contre les jihadistes

Les militaires français déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane multiplient ces dernières semaines les frappes contre des bases jihadistes entre le Niger et le Mali. [...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Attaque suicide dans le nord du Mali : trois civils tués et des blessés dont neuf Casques bleus

Trois civils ont été tués et plus d'une dizaine de personnes ont été blessées dont neuf Casques bleus, dans une attaque-suicide dans le Nord, à Ansango.[...]

Crise au Mali : nouvelle réunion à Alger, la médiation internationale dans l'impasse

Menée par l'Algérie, la médiation internationale sur la crise dans le nord du Mali pensait avoir trouvé un accord de paix. Mais si celui-ci a été paraphé par Bamako depuis le 1er[...]

Mali : la France annule pour 64,8 millions d'euros de dette

Le ministre français des Finances Michel Sapin a informé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta l'annulation de 43 milliards de francs CFA, soit 64,8 millions d'euros, de la dette du Mali, ont[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121108171905 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121108171905 from 172.16.0.100