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08/11/2012 à 11:47
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Le Français arrêté au Mali n'a pas nié vouloir rejoindre les jihadistes contrôlant le Nord. Le Français arrêté au Mali n'a pas nié vouloir rejoindre les jihadistes contrôlant le Nord. © Kenzo Tribouillard/AFP

La justice française a ouvert, mercredi 7 novembre, une enquête préliminaire sur un Français arrêté au Mali alors qu'il tentait de rejoindre les groupes islamistes qui contrôlent le Nord. Une affaire qui confirme les craintes de voir Bamako confronté à un afflux de jihadistes venus d'Europe.

Mis à jour à 18h05.

Interpellé samedi 3 novembre à Sévaré (Mali Centre), un Français fait désormais l’objet depuis mercredi d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour le chef d'association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) mène les investigations sur cette personne qui voyageait sous une fausse identité, et n’a pas nié au cours de sa garde à vue que son intention était de rallier Tombouctou pour y rejoindre les groupes islamistes qui contrôlent le Nord du Mali.

Dans la journée de jeudi, une source malienne a indiqué que l'homme avait été transféré à Bamako « sous bonne escorte », accompagné de « deux complices arabes » également arrêtés dans la région de Mopti (centre). « D’'autres arrestations sont en cours », a-t-on affirmé. 

Le suspect était arrivé jeudi à Bamako, en provenance de Lisbonne, sous le nom de Khalifa Dramé. Il pourrait s’agir, selon une source judiciaire française, de Ibrahim Aziz Ouattara, bien connu des services de police. Celui-ci, né en 1988 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), avait été mis en examen en novembre 2010 dans le cadre d'une instruction ouverte sur des soupçons de projet d'attentat contre le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur. Les enquêteurs français attendent de recevoir ses empreintes pour confirmer son identité.

Franco-Malien ?

L'information judiciaire ouverte en 2010 avait conduit à la mise en examen de neuf personnes. Les séjours de Ouattara au Yémen et au Pakistan pour y rallier des zones de combat ont particulièrement retenu l’attention des juges. Interpellé en Égypte à l'automne 2010 et renvoyé en France, il avait été placé en détention provisoire puis libéré en juillet 2011 et placé sous contrôle judiciaire.

S’il s’agit bien de Ouattara, la question de son avenir judiciaire se posera car ce dernier possède la double nationalité française et malienne. La présence de ce suspect au Mali confirme en tout cas les craintes des services de renseignement sur l’arrivée de jihadistes européens au Sahel.

Des sources proches des renseignements avaient récemment dit à l'AFP qu'elles redoutaient que les jihadistes français visent désormais la Syrie et le Sahel, plutôt que les zones afghanes et pakistanaises. Selon des sources sécuritaires maliennes, des dizaines de jeunes Européens, dont des Français, ou de jeunes Africains vivant en Europe, seraient de plus en plus tentés par le jihad dans le Nord du Mali.

"Rien de dramatique" pour Trévidic

Au début d’octobre, le juge antiterroriste français Marc Trévidic avait également fait état de « frémissements de départs » de jihadistes français vers le Mali, notamment « parce que la communauté malienne est importante en France ». Mais si « ce n'est pas très surprenant, cela n'a encore rien de dramatique », avait-il nuancé.

Deux Français, dont l'un connu de la DCRI, ont été repérés en août par les services secrets français dans une brigade d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Mali. Et dans une vidéo mise en ligne le 9 octobre par le site mauritanien d'informations Sahara Media, l'un d'eux avait mis en garde la France, les États-Unis et l'ONU contre une intervention militaire dans le nord du Mali.

(Avec AFP)

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