Extension Factory Builder
07/11/2012 à 19:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Ellen Johnson-Sirleaf et François Hollande, le 7 novembre, à Paris. Ellen Johnson-Sirleaf et François Hollande, le 7 novembre, à Paris. © AFP

La présidente du Liberia a effectué sa première visite officielle en France, sous le mandat de François Hollande, le mercredi 7 novembre. Elle a fait la promotion de son pays auprès des entreprises françaises et s'est vu décerner la Grand-croix de la Légion d'honneur par le président français.

Dans la grande salle de réception de l’Élysée, la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf lève les yeux au ciel et hésite un instant devant le bouquet de roses que François Hollande lui offre. « Puis-je sentir leur parfum ? » s’enquiert-elle, malicieuse. Le président français l’y autorise dans un grand sourire et elle s’exécute avec délices. C’est dans cette ambiance amicale que la première femme élue présidente en Afrique a été reçue, le mercredi 7 novembre à l’Élysée par François Hollande. Et, surtout, que ce dernier lui a décerné la Grand-croix de la Légion d’honneur – la plus haute distinction de la République.

La Libérienne, déjà auréolée du Prix Nobel de la Paix (2011) est ainsi la première chef d’État africain à recevoir l’écharpe rouge et la croix des mains de François Hollande.
Mais son nom vient s’ajouter à la longue liste des Africains célèbres qui ont servi les intérêts de la France et se sont donc vus "épingler", parmi lesquels Nelson Mandela, Léopold Sedar Senghor, Abdou Diouf, Félix Houphoët-Boigny, Habib Bourguiba, Hassan II, Mohammed VI, Anouar el-Saddate ou encore Jean-Bedel Bokassa (les intérêts de la France ont beaucoup varié au fil du temps).

Symbole

Lors de la cérémonie, François Hollande a salué l’exemplarité du parcours de son homologue libérienne, son courage et son combat sans relâche pour la paix chez elle et en Afrique. Plus jeune ministre des Finances de son pays, une carrière fulgurante au Pnud, un combat acharné pour se faire élire à la tête du Liberia : « C’est toujours ainsi que vous faites : d’abord vous prenez pied et puis, vous prenez la tête », a-t-il souligné.

Pour la France, honorer Ellen Johnson-Sirleaf relève davantage du symbole que du gain diplomatique immédiat. Certes les liens entre les deux pays sont anciens (et Johnson-Sirleaf s’est amusée à rappeler que le premier président libérien, Joseph Jenkins Roberts, avait été reçu à Paris par Napoléon III), mais l’Hexagone conserve davantage de liens économiques et politiques avec les voisins ouest-africains.

Investissements

Pour autant, quand la visite d’Ellen Johson-Sirleaf à Paris s’est confirmée, il y a un mois environ, et que Hollande a souhaité trouver une manière particulière de l’honorer, cette décoration s’est imposée. Femme, Prix Nobel de la Paix, volonté affirmée de lutter contre la corruption, crédit démocratique relativement honorable (même si elle est critiquée, chez elle, pour verser dans le népotisme) : elle correspondait parfaitement aux critères de bonne gouvernance que François Hollande souhaite valoriser sur le continent, comme il l’a affirmé lors de son premier voyage en Afrique, en octobre dernier.

Ils ont également abordé la crise malienne (même si la piètre formation de l’armée libérienne ne lui permet pas de participer à une intervention pour libérer le Nord du pays des groupes djihadistes) et les troubles en Côte d’Ivoire (cet allié de la France a été victime d’attaques de groupes armés le long de sa très poreuse frontière avec le Libéria).
Johnson-Sirleaf et Hollande ont enfin évoqué les intérêts des entreprises françaises au Liberia lors de cet entretien qui a duré une quarantaine de minutes.

La présidente libérienne, championne pour attirer les investisseurs étrangers, sortait d’ailleurs d’un déjeuner au Medef (le principal syndicat patronal français) où elle a pris langue avec les groupes Bouygues (qu’elle espère voir investir dans la construction d’infrastructures routières, aéroportuaires et énergétiques) et Bolloré (qui pourrait jouer un rôle dans le développement du port de Monrovia). Les entreprises françaises Total, Michelin et Veritas sont déjà présentes au Liberia, mais Ellen Johnson-Sirleaf en veut plus : elle a demandé au Medef d’envoyer, dès que possible, une délégation d’entreprises françaises.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Libéria

Ce mal qui sème la terreur

Ni nous ni surtout, et c'est le plus grave, nos dirigeants politiques, pourtant comptables de la santé de leurs concitoyens, n'ont écouté les hommes et les femmes d'expérience. Dès le mo[...]

Satan is back

Même si l'on reproche aux journalistes - souvent à raison - de ne parler de l'Afrique subsaharienne que sous l'angle de ses échecs, lesquels masquent le foisonnement de ses réussites[...]

Ebola : Dr Bernice Dahn, médecin en chef du Liberia, en quarantaine

Le docteur Bernice Dahn, médecin en chef du Liberia, a décidé de se mettre en quarantaine, à Monrovia, après le décès de son adjoint des suites de la fièvre[...]

Ebola : le cap des 3 000 morts dépassé selon l'OMS

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola a franchi le cap des 3 000 morts, le virus ayant tué près de la moitié des quelque 6 500 personnes infectées, selon le dernier bilan[...]

Ebola : le FMI accorde une aide supplémentaire aux pays touchés

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi une enveloppe supplémentaire de 130 millions de dollars en faveur des trois pays les plus frappés par Ebola (Guinée, Liberia, Sierra[...]

Afrique de l'Ouest : ce que vos dirigeants ont dit sur Ebola

Les dirigeants africains ont-ils pris suffisamment tôt la mesure du danger que représentait le virus Ebola ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons répertorié les[...]

Ebola : chronique d'une panique

Tandis que le virus se propage, les États du monde entier se mobilisent pour enrayer l'épidémie. À chacun sa méthode : l'imagination aussi, c'est contagieux ![...]

Ebola : pourquoi l'armée américaine entre en scène au Liberia

Le chef des troupes américaines en Afrique (Africom) va diriger en personne depuis Monrovia le déploiement de 3 000 soldats pour lutter contre l'épidémie d'Ebola. Les raisons d'une intervention[...]

Ebola : 20 000 cas en novembre si la situation reste identique

Dans une étude publiée par le "New England Journal of Medicine", l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti le 23 septembre que plus de 20 000 personnes seront infectées par le virus[...]

Ebola : le bilan s'alourdit à près de 2 800 morts en Afrique de l'Ouest

Selon un dernier bilan daté du 18 septembre et publié lundi par de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie d'Ebola a déjà fait 2 793 morts en Afrique de l'Ouest, sur 5[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers