L’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga a obtenu, mercredi 7 novembre, le prix Renaudot pour son dernier roman, "Notre-Dame du Nil". Le prix Goncourt, annoncé en même temps, va quant à lui à Jérôme Ferrari pour "Le Sermon sur la chute de Rome".
Après le prix Ahmadou-Kourouma, en avril dernier au Salon international du livre et de la presse de Genève (Suisse), l’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga a reçu le prix Renaudot, mercredi 7 novembre, pour son dernier roman, Notre-Dame du Nil, dans lequel elle décrit la montée de la haine anti Tutsis qui aboutit au génocide de 1994 au Rwanda et qui décima sa famille.
À travers son œuvre, que ce soit dans Inyenzi ou les Cafards en 2006, La Femme aux pieds nus, en 2008 ou encore L’Iguifou, nouvelles rwandaises, en 2010, Scholastique Mukasonga ne cesse d’interroger les raisons des divisions ethniques qui minent le Rwanda depuis des décennies. Âgée de 56 ans, l’auteure est elle-même exilée depuis 1973 et vit aujourd’hui en Normandie.
Notre-Dame du Nil, c’est d’abord une vierge noire dont la statue a été érigée par le colon belge, aux abords d’un filet d’eau identifié comme étant la source du Nil blanc, au fin fond des montagnes rwandaises. Mais c’est aussi le lycée de jeunes filles tout proche qui sert de décor à une intrigue dont nous ne dévoilerons que l’allégorie : la mise au ban de la minorité tutsie par le « peuple majoritaire ».
Elle est le quatrième auteur africain à avoir été récemment couronné par le prix Renaudot, après l'Ivoirien Ahmadou Kourouma pour Allah n'est pas obligé (2000), le Franco-congolais Alain Mabanckou pour Mémoires de porc-épic et le Guinéen Tierno Monénembo pour Le roi de Kahel (2008).
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Notre-Dame du Nil, de Scholastique Mukasonga, Gallimard, 240 p., 17,90 euros

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